T.K VIEILLARD
différence qui existait entre mistress Alison, propriétaire actuelle de Milnwood , et la gouvernante de feu sir David.
« Que désirez-vous de moi , monsieur?
lui dit-elle; je suis mistress Wilson. » Les soins qu'elle venait de donner à sa toilette étaient suffisants pour qu'Ailie se crût en droit de se présenter sous son nom , et d'obtenir de l'étranger le respect qui lui était dû. Cette question embarrassa Henri : il était décidé à ne pas se faire reconnaître, et cependant il ne lui était pas venu à la pensée de chercber un prétexte pour motiver sa visite. Mais Alison lui ouvrit bientôt la voie ; car, sans attendre sa réponse, elle reprit avec vivacité : « Ne disiez-vous pas que vous avez vu M. Henri Morton ?
— Pardonnez-moi, madame, répondit Henri ; c'est du colonel Silas Morton que je parlais. »
La vieille femme changea de visage.
« C'est donc le père de M. Henri que vous avez connu , le frère du feu laird de Milnwood ? Mais vous ne pouvez l'avoir vu en pays étranger. Il était de retour en Ecosse avant que vous fussiez né. Je croyais que vous m'alliez donner des nouvelles de ce pauvre M. Henri.
— C'est par mon père, dit Henri , que j'ai entendu parler du colonel Morton ; quant au fils , j'en sais fort peu de chose: le bruit a couru qu'il avait péri en passant en Hollande.
— Hélas ! cela n'est que trop vraisemblable, et cette nouvelle m'a fait verser bien des larmes. Son oncle, le pauvre cher homme, est mort en prononçant son nom. Il venait de me donner des instructions sur la quantité de pain, de vin et de bière qu'il faudrait pour le repas donné à ceux qui assisteraient à ses funérailles, car, mort ou vivant, c'était un homme prudent, économe, et veillant à tout ; et puis il me dit : Ailie (il m'appelait Ailie tout court; nous étions de si vieilles connaissances ! ) , Ailie, prenez bien soin de la maison, car le nom de Morton de Milnwood est oublié comme le dernier refrain d'une