VII. iSo" livraison
DES TOMBEAUX Ui
vieille chanson. Il ne dit plus une parole, si ce n'est qu'un moment avant de rendre l'ame il me dit qu'une chandelle à la baguette était bien assez bonne pour éclairer un agonisant; il ne pouvait souffrir qu'on usât de la chandelle moulée, et, par malheur, il y en avait une qui brûlait sur la table. »
Pendant que mistress Wilson faisait une relation détaillée des derniers moments du vieil avare, Morton était tout occupé du soin d'échapper à l'inquiète curiosité de son épagneul , qui , revenu de sa première surprise, et rappelant ses anciens souvenirs, après avoir bien flairé et bien examiné , s'était mis à japer et à gambader autour de l'étranger, de manière à lui prouver qu'il le reconnaissait. Morton ne put s'empêcher de s'écrier avec impatience : « A bas, Elphin ! à bas, monsieur.
— Vous savez le nom de notre chien ! » dit mistress Alison toute surprise. « Vous savez le nom de notre chien î il n'est pourtant pas commun. Mais la petite bête vous connaît aussi , » continua-telle d'une voix plus agitée et plus perçante « grand Dieu ! c'est mon cher
enfant ! »
A ces mots , la bonne vieille se jeta au cou de Morton , le serra dans ses bras, le couvrit de baisers, comme s'il eût été son fds, et se mit à pleurer de joie. Henri ne se sentit plus le courage ni l'intention de garder l'incognito ; il lui rendit ses embrassements avec la plus vive reconnaissance, et lui répondit :
« Oui , ma chère Ailie, je vis encore pour vous remercier de votre fidèle attachement et pour me réjouir de rencontrer dans mon pays natal au moins une amie qui m'y accueille avec affection.
— Des amis ! s'écria Ailie , vous aurez beaucoup d'amis.... oui , vous en aurez beaucoup; car vous serez riche, mon enfant... vous serez riche. Plaise au ciel que vous fassiez un bon usage de votre richesse! Mais, Seigneur! » continuât-elle en le poussant en arrière de sa main tremblante et ridée, comme pour le placer à une distance d'où elle pût le
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considérer plus à l'aise t « Que vous Hvfi chaiijLîé, mou enfant! Votre figure esl pAIr, vos yeux sont enfone«^s, vos joues, autrefois roses et hianehes, sont brilW^es par le soleil. Oh !ees maudites guerres!..
eouibien elles font de ravages! l'A
depuis quand êtes -vous arrivé, mou enfant?... où avez-vous été?... qu'avezvous fait ?... pourquoi ne nous avez-vous
pas éerit? comment se fait-il qu'on
vous ait cru mort? pourquoi vous
étes-vous introduit furtivement dans votre propre maison, comme un inconnu, pour causer à la pauvre vieille Aille une telle surprise ? » Et elle riait, pleurait et parlait tout ensemble.
INIorton fut quelque temps avant d'être assez maître de son émotion pour donner à la bonne vieille les informations que le lecteur trouvera dans le chapitre suivant.