SCÈNE ILMW
DUBREUIL, ALFRED, et ensuite NANETTE dans
le fond,
DUBREUIL
Approchez , monsieur, approchez.
ALFRED, a part.
Je tremble qu'il ne sache quelque chose!... [flaut^^Yon oncle , c'est par votre ordre, car je n'aurais pas remis le pied dans cette maison.
DUBREUIL, se remettant.
Je n'en doute pas, mon ami; mais depuis ta visite, je me suis reproché de ne l'avoir pas confié le sujet qui m'a amené à INevers ; tel que tu me vois , je vais me marier.
ALFRED , troublé*
Vous ?
Oui , tout est disposé... ma fulure est là.. . mais je t'avouerai que je ne suis pas sans inquiétude, je crois que l'on me trompe. . .
NANETTE , daris h fond.
Voyons donc si j' pourrons retrouver ce maudit billet.,» Ah! mon Dieu! [Elle se masque d'un fauteuil et écoute.)
ALFRED, tres-emharrassé.
Ah ! vous croyez que l'on vous trompe?
DUBREUIL
Oui, c'est une idée que j'ai , je soupçonne qu'elle a un iaimant qui cherche à lui parler, à la voir en secret, et je veux que tu m^aides à découvrir la vérité.
ALFRED
Moi , mon oncle ?
N A NETTE , à part.
Son oncle !
DUBRELIL.
Oui , mon ^mi. . . tu vas faire l'amant , tu prendras le premier nom venu , celui de Félix par exemple. ALFRED, à part^
11 sait tout!
DUBREUiL.
Tu chanteras à celte porte un petit air, c'est le signal convenu. % . il n'y a pas de danger qu'elle te reconnaisse. Vous serez au milieu de la nuit ; tu lui parleras de ton amour comme si elle t'aimait depuis long temps. . . je serai là. . . j'entendrai sa réponse. . . et malheur à elle si en effet elle en aime un autre que moi ! ?
N\NETTE , à part.
Ah! quel complot abominable! courons vite prévenir mamzelle. ( Elle rentre sans être aperçu,^
ALFRED
Mais, mon oncle , par!er à d'amour une personne. . .
DUBREUIL
Que Von n'aime pas, veux-tu dire?., suppose que tu l'aimes. . . à viîigt ans , moi , j'aurais fait toutes les suppositions possibles dans ce genre-là... Allons, commence un petit air tendre... je vais cacher la lumière.
// la place dans sa chambre, ALFRTiD, à part.
Dieu! quelle situation ! si Estelle m'entend, elle reviendra 5 et Son amour peut la trahir.
DUBRLUIL.
Eh bien ! y sommes-nous ?
ALFRED
Mon oncle?
DUBREUIL
Je le veux , obéissez.
ALFRED
Allons , puisqu'il le faut... {A part.) Pourvu qu'Estelfe me comprenne. (// chante à demi-^voix.)
Dans ce bocage solitaire , Ah ! fillettes ! ne venez pas , Ne venez pas...
• DUBREUiL , /interrompant.
Quelle diable de chanson vas-tu choisir là . . . est ce que lu crois qu'on fait venir quelqu'un en lui disant :
Ne venez prs , ne venez pas.
Chante donc quelque chose de plus gentil , de plus engageant. . . par exemple :
Aimable Châtelaine î
ALFRED , d'un air suppliant.
Ah ! mon cher oncle !
DUBREUIL
Et surtout chante plus haut.
ALFRED
Mais si j'allais réveiller sa mère.
DUBREUtL, d^un air de bonhomie* Ah 1 tu sais donc qu'il y a une mère ?
ALVU^D y se reprenant.
Moi , mon oncle. . .
DUBREUIL
Je ne croyais pas le l'avoir dit... au surplus, tu as raison... parce qu'il y en a toujours . . . mais la mère dort bien . . . sois tranquille , je réponds de tout. . . chante , mon garçon.
ALTREX) , prenant son parlL Il n'y a pas moyen de l'échapper. ( // chante, )
Aimable Châtelaine , Un jeune pèlerin...
DUBREUIL, bas.
Qu'est-ce que te disais. . . la porte s'ouvre. . . songe bien à ce que je t'ai recommandé. . . pas un mot qui puisse lui faire soapçonner que je suis là. . . soyez vif, soyez aimable...
ALFRED
Mais, mon oncle...
DUBREUIL
Soyez aimable , monsieur, ou je vous déshérite. . . // se place derrière lui, ALFRED, à part.
Ah ! si ce n^élaii que sa fortune. . .