SCÈNE XVIII
Les Mêmes, ESTELLE s'avançant, ESTELLE, à part.
J'ai tort, sans doute, de suivre les conseils de Kanette; c'est si mal de mentir, mais elle dit que c'est le seul moyen d'éviter la colère de ma mère ; M. Dubreuil est là avec lui , il m^écoute, avançons.
ALFRED, à part.
Et aucun moyen de la prévenir du piège.
ESTELLE , à voix basse.
Est-ce vous , Félix ?
ALFRED , embairassé et regardant somment son oncle. Oui. . . c'est moi. . . je voulais. . .
ESTELLE
Pourquoi êtes-vous venu ? votre présence ne peut que me rappeler mes torts . . la faiblesse que j'ai eue de vous aimer sans Faveu de ma mère. . .
DUBREUIL , à part.
Gela commence bien.
ALFRED
Ail ! croyez que sî je n'y avais éié forcé. . . DUBREUIL, pas et le poussant.
Tais toi donc, ce n'est pas ça. . .
ALFRED
Je voulais dire que notre amour . . .
ESTELLE
Félix , il n'y faut pas penser , nous étions moins coupables que nous ne le pensions.
ALFRED
Comment?
ESTELLE
Ne vous fâchez pas, je vous en prie , j'ai découvert que je vous aimais beaucoup moins que je ne le croyais.
Air : fêtais au fond dun vert boccage.
Par devoir je viens vous instruire ,
De Terreur, hélas î où j'étais j
A seize ans , pour rien on soupire ,
J'avais cru que je vous aimais ; Mais la raison et me guide et m'inspire !
ALFRED, s oubliant.
Comment ? ô ciel ! pour payer mon martyre ,
Vous me trahissez en ce jour ,
Quand je vous aime sans retour?
ESTELLE, éjiui lui a fait inutilement des signes.
Monsieur, ici, je dois le dire :
Vous n'entendez rien k l'amour.
ALFRED, a^ec jalousie.
C'est affreux, mademoiselle, après tous vos sermens, vos protestations , lorsque vous m'avez juré mille fois que vous détestiez celui qu'on voulait vous faire épouser. ESTELLE, à pan.
Ah ! mon Dieu , il se perd.
DÙBREUlL , bas.
Eh bien! eh bien! tu prends trop chaudement mes intérêts.
ALFRED, hors de lui.
Au surplus, mademoiselle, je n'aurai pas grand peine à prendre mon parti.
ESTELL E , avec dépit aussi.
Oh! je n^en doute pas, monsieur.
ALFRED, s"^ échauffant.
C'est même le plus grand plaisir que vous puissiez me faire ...
ESTELLE , les larmes aux yeux, ^
Et moi donc, si vous croyez que j'en aie le moindre regret.
ALFRED
Une volage !
TJn infidèle , un ingrat !
Air : Dans cet as fie pur et tranquille, ( Eaux du Mont - d*Or. )
Non, } I .
Q^.J Jpourlavie,
Je vous oublie !
Plus d'amours , Adieu pour toujours.
Je me de'gage , Cœur trop volage.
Pour jamais, } t .
Enfin, je vous hais. J ^^* DUBREUIL , se mettant entr'eux.
Eh I mes amis ! c'est assez de colère ! Je suis content , calmez ces fureurs-la. Voyez un peu quel est mon ministère , Je suis forcé de mettre le holà î...
ENSEMBLE
ALFRED ET ESTELLfi.
Oui, pour la vie, etc.
1)UBB£UIL.
Quelle furie !
Que tout s'oublie...
En ce jour, C'est par trop d'amour î
Calmons Forage , Plus de tapage , Et je vais rétablir la paix !
ALFRED et ESTELLE, criant et pleurant.
C'est une horreur! une abomination !