SCÈNE XI
Les Mêmes, ESTELLE.
ESTELLE
Qu'y a-t*il donc , ma mère ?
Mad. GERTRUDE.
Viens, mon enfant, viens répondre à monsieur qui ose t'accuser. . .
DUBREtJIL.
Mais je n'accuse personne. . . c'est une supposition.
Mad. GERTRUDE.
Si fait , monsieur , c'est l'affront le plus cruel que vous puissiez nous faire. . . oser supposer à ma fille une indina^ tion secrète . . .
ESTELLE, à part.
Alfred aura tout découvert, c'est fait de moi. . . ( Haut à Dubveuil. ) Bien certainement, monsieur, tout ce qu'on a pu vous dire . . . n'est pas vrai , c'est une calomnie.
Air : On dit que dans le mariage.
C'est a tort que Ton me soupçonne , Si je contracte ce lien , Jamais je n'aimerai personne.
Monsieur, je vous le jure bien !
Non, je suis sans détour j
Non , non , jamais d'amour ! À |
Et je serai sage, j'espère, "
Comme a promis {bis ) ma mère.
Mad. GERTRUDE.
Eh bien !
. .^^>-^ir-
f 21 ) DUBREUIIL.
Un moment... Ecoutez- moi, Estelle, ceci est plus sérieux que vous ne pensez ; le changement d'élat qui s'apprête pour vous 5 ne vous coûtc-t-il aucun regret ?
Mad. GERTRUDE.
Comment voiïiez-vous qu'elle en éprouve, lorsque. . .
DUBREUIL , impatienté .
Pour Dieu , madame Gertrude , laissez-la répondre.
Mad. GERTRUDE,
Un mariage qui nous honore autant.
Ah!...
Mad GERTRUDE.
Je me lais. . . je me lais. . .
DUBREUIL, à Estelle.
Éh bien ! mon enfant ?
ESTELLE
Monsieur, ce que dit ma mère, je le dis aussi , en tout ce qu'elle commande , je lui obéirai . .
DUBREUIL
Obéir. . . c'est très-bien , ma fille . . mais enfin , vous êtes jeune. .. très-jeune... si vous ne trouvez pas en moi des qualités qui vous plaisent ; ce que je veiix avant tout , c'est qu'Estelle soit heureuse.
Mad, GERERUDE.
Mais comment ne le serait-elle pas?. . . Réponds donc.
ESTELLE
Oui , monsieur, très-heureuse. \
*^ DUBREUIL
Et c'est librement que vous m'acceptez pour époux .^^
ESTELLE
Librement.
Mad. GERTRUDE.
Sans doute, sans doute. . . Parle donc! ESTELLE , tremblante, ^Jphi oui, oui , monsieur, très- librement.
( 32 ) Mad. Gf RTRUDE.
Eh! mon Dieu, cela se voit de reste, car vraiment ce sont des queslions à lui faire perdre la tête. . . Ne sait-elle pas que nous ne voulons tous que son bonheur. ESTELLE, elle se jette dans ses bras.
Maman !
Mad. GERTRUDE.
Chère amie !
DUBREUIL
Allons, allons, en voilà assez, si l'on nous surprenait pleurant comme des enfans. . . Je vois que nous serons tous heureux ; mais il se fait tard.
SGÈNE XII.
Les Mêmes, NANETTE, d'un coté^ avec deux lumières^ FRANÇOIS, de Vautre^ avec son bougeoir.
Air : Allons prendre un peu de repos.