‹ Le vieillardChapitre 56 sur 104 · L' « IN M AN US · texte numérisé non relu

L' « IN M AN US

a bien des manières de consoler ses petits atomes. » Plus elle approchait du terme, plus sa paix était grande : « — Ma mère, comment étes-vous? — Quiet, tranquille, répondait-elle, very quiet. » Une de ses plus belles paroles fut celle-ci : « Je ne vois plus rien en ce monde que l'azur du ciel et le saint autel. » Deux jours avant sa mort, 21 janvier 1821, elle demanda encore la communion : « A communion more and our elernitij; une communion encore, et puis l'éternité!... »

Les Livres saints disent de la femme forte « qu'elle rira à son dernier jour ». Je me souviens cependant que, dans les dernières journées de S. M. la reine d'Angleterre, Victoria, impératrice des Indes, les bulletins de l'agonie de la gracieuse reine, expirant après un long et glorieux règne, à l'âge de quatrevingt-deux ans. m'étonnaient et m'émouvaient d'une étrange pitié. C'était pendant la guerre des Boers. Et chaque jour, on lisait invariablement dans les dépêches anglaises « : La reine pleure sans cesse, elle pleure! » Serait-ce que, sur le trône, il est plus difficile de mourir que dans le cloître et sous le chaume?

Près de monter sur l'échafaud, la reine Marie-Antoinette, écrivant à sa sœur, pense à ses enfants, à ses amis, à son Dieu; elle pardonne, elle prie. Elle n'a qu'un mot devant la mort, mais ce mot est sublime : « Je vais recevoir un grand sacrement! »

« Proficiscere, anima christiana. Partez de ce monde, âme chrétienne! » Cette suprême parole dite par l'Église à l'agonie de chacun de ses enfants, c'est

l'appel M du Père qui l'a créé, du Fils qui l'a racheté, du Saint-Esprit qui l'a vivifié ». Et c'est au ciel qu'elle lui dit de monter, dans la société des anges, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, qui s'apprêtent à lui faire cortège. Là, qui l'accueillera? Mitis atque festivus Jesu Christi aspectus tibi appareat : Jésus, avec la douceur et la joie de son divin visage, son visage de fête, festivus. C'est à une fête que l'âme fidèle est conviée ; et c'est le Christ son époux qui l'introduira per amœna virentia loca paradisi sui, répond encore l'Église. « Accourez, anges de D'ipu; prenez cette âme, emportez-la en la présence du Très-Haut. 0 Christ, ouvrez-lui les bras! >>

Mais est-ce sans peine, croyez-vous, que l'âme se sépare de ce corps qui fut pour elle un compagnon, un serviteur; plus que cela : un ami, un frère? Non, et il me semble entendre d'elle, à son départ, cet adieu qui est aussi un « au revoir », triste et doux.

« Meurs donc, puisqu'il le faut, cher compagnon de quatre-vingts ans de travaux et de combats. L'heure est venue de nous séparer. C'est la volonté du Père qui nous avait créés l'un pour l'autre, qui nous avait unis l'un à l'autre ; mais qui ne nous sépare que pour nous rejoindre ensemble dans un commun bonheur. Je ne te quitte pas sans peine ni douleur. Pendant que toi, abattu à terre, tu suais ta sueur d'eau et de sang, moi <( j'étais triste jusqu'à la mort >> . Et j'ai prié, comme Jésus, pour que ce calice s'éloignât de moi. Mais l'ange de Dieu m'est apparu qui m'a montré le ciel, et j'ai dit fiât à sa volonté miséricordieuse.

« Meurs donc, ô mon bien-aimé, mais comme mourut Lazare duquel Jésus disait : « Notre ami s'est en- « dormi. » Endors-toi de ce sommeil dont s'endormit

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