‹ Le vieux célibataire: a comedy ... with a biographical memoir, and grammatical, literary andChapitre 13 sur 128 · ACTE I. SCÈNE VL · texte numérisé non relu

ACTE I. SCÈNE VL

Cette maison pour vous sera très-agréable ;

Monsieur semble déjà vous voir d'assez bon œil.

Ch. C'est à vous que je dois ce favorable accueil

Mme Év, Je possède, il est vrai, toute sa confiance.

Ch, C'est le fruit du talent et de l'expérience.

Madame. Mme Év. Ce fruit-là, je l'ai bien acheté.

Hélas ! si vous saviez ce qu*il m'en a coûté, 180

Depuis dix ans entiers que j'habite ici ! {Se recueillant un

moment, et regardant aittour et elle) Charle, Il faut à cœur ouvert enfin que je vous parle ; Car vous m'intéressez. Vous êtes doux, prudent, Discret ; et, comme on a besoin d'un confident Qui vous ouvre son cœur et lise au fond du vôtre. Et que vous n'êtes point un laquais comme un autre... Ch, Non : j'espère qu'un jour vous le reconnaîtrez. Mme Év, Écoutez donc, mon cher ; et bientôt vous verrez Tout ce qu'il m'a fallu du courage et d'adresse Pour être en ce logis souveraine maîtresse. 190

Nous avons fait tout deux jouer plus de ressorts, Mon pauvre Evrard et moi... car il vivait alors. Depuis bientôt deux ans, cher monsieur, je suis veuve. Et c'est avoir passé par une rude épreuve !... (Essuyant ses yeux) Nous avons de concert banni tous les

voisins, Les amis, les parents, jusqu'aux derniers cousins. Ch, À la fin, vous voici maîtresse de la place. Mme Év, Reste encore un neveu ; mais un neveu tenace... Ch. Monsieur, comme je vois, n'a point d'enfants? MmeÉv.

Aucun.

Ch, Il a donc des neveux, madame ? Mme Év, Il n'en a

qu'un ; 200

Mais ce neveu tout seul me donne plus de peine...

C'est que je vois de loin oîi tout ceci nous mène.

S'il rentre, c'est à moi de sortir. Ch, En effet

Mme Év. Aussi, pour l'écarter, Dieu sait ce que j'ai fait !

Mon intrigue et mes soins remontent jusqu'au père.

Monsieur n'eut qu'un beau-frère : ill'aimait... Ch, Comme

un frère.

Mme Év. Les brouiller tout à fait eût été trop hardi ; Mais pour le frère, au moins, je l'ai bien refroidi. Ch. J'entends. Mme Év. Contre un absent on a tant

d'avantage 1 Le sort à celui-ci ravit son héritage. 210

Je traitai ses revers d'inconduite : on me crut Ch. Ah! fort bien. Mme Év. Jeune encor, grâce au ciel,

il mourut Ch.[àpari) Hélas! Mme Év. Qu'avez-vous ? Ch. Rien.

Mme Év. Laissant un fils unique.

Ce neveu que je crains. Ch, Que vous. . .? Terreur panique ! C'est à lui de vous craindre. Mme Év. Oui, peut-être

aujourd'hui :

Mais l'oncle alors, sans moi, l'eût rapproché de lui. " Son entretien sera moins coûteux en province," Lui dis-je : " chargez-m'en." L'entretien fut très-mince. Comme vous pouvez croire. Il se découragea,

11 jeta les hauts cris; enfin il s'engagea. 220 C'est oîi je l'attendais. Je sus avec finesse

Exagérer ce tort, ce vrai tour de jeunesse ;

Et monsieur l'excusait encore. Ch. Il est si bon !

Mme Év. Mon jeune homme écrivit pour demander pardon :

Je supprimai la lettre, et vingt autres messages...

J'en ai mon coffre plein. Ch. Précautions fort sages !

Mme Év. J'en ai lu deux ou trois, mais exprès, entre nouG,

Avec un commentaire. Ch. Oh ! je m'en fie à vous !

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