M. DUBRIACE, MADAME EVRARD, CHARLES
M. Du. C'est vous? Bonjour, madame.
Mnte Év, (trls-tendremenf) Monsieur, je vous salue, et de toute mon âme.
Ch. Votre humble serviteur. M, Du, Vous voilà, mon ami ?
Mme Év. Vous paraissez rêveur... Auriez-vous mal dormi?
M. Du. Moi ? très-biené Mme Év, Je ne sais... mais je suis clairvoyante.
Et vous aviez hier la mine plus riante.
M. Du. Croyez-vous? Cependant j'ai toujours ri fort peu.
Mme Év. Je m'en vais parier que c'est votre neveu
Qui cause en ce moment votre sombre tristesse :
Avouez-le. M. Du. Il est vrai qu'il m'occupe sans cesse ; 290
Et même cette nuit, mes amis, j'y songeais.
Mme Év. Il vous aura donné quelques nouveaux sujets...
M. Du. Non. Mme Év. Pourquoi, dans ce cas, y songezvous encore ?
Depuis plus de huit ans l'ingrat vous déshonore :
Oubliez-le, monsieur ; sachez vous égayer.
M. Du. Ah ! je puis le haïr, mais jamais l'oublier.
Mme Év. Laissez, encore un coup, ces plaintes étemelles ;
Ne voyez plus que nous, vos serviteurs fidèles :
Ambroise, Charle et moi, dévoués et soumis.
Vous tiendrons lieu tous trois de parents et d'amis. 300
{Prenant la main de M. Dubriage) Mais de tous mes emplois il faut que je m'acquitte :
C'est pour songer encore à vous que je vous quitte.
M. Du, Fort bien. Mme Év. Charles vous reste : il saura
converser.
CL Heureux si je pouvais jamais vous remplacer ! Mme Év. {bas^ à Charles) Songez à notre plan. Ch, (pas, à
madame Evrard) Oui, j'y songe, madame.
{Madame Evrard sort.)