‹ Le vieux célibataire: a comedy ... with a biographical memoir, and grammatical, literary andChapitre 2 sur 128 · NOTICE SUR COLLIN D'HARLEVILLE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR COLLIN D'HARLEVILLE

ÇOLLIN d'Harlkville (Jean-François) naquit à Maintenon, le 30 mai 1755. JO Inconstant^ comédie en cinq actes et en vers, son premier ouvrage, fut donné avec succès en 1786. Le caractère principal de cette pièce est développé d'une manière trèsheureuse et très-comique; c'est un des rôles les mieux conçus qu'il y ait au théâtre, et, sous le rapport du style, c'est peut-être ce que l'auteur a produit de plus brillant. En 1788 il donna r Optimiste y et en ^789 Us Châteaux en Espagne y comédies en cinq actes^ étincelantes de traits charmants, et dans lesquelles il a prodigué les détails heureux dont il savait enrichir tous ses ouvrages ; les situations manquent généralement de force comique^ mérite éminent des pièces de caractère, et que les deux sujets semblaient appeler. Les Châteaux en Espagne sont cependant une des pièces les plus gaies et les plus agréables du théâtre de Collin : l'infinie variété et la grâce charmante des détails rachètent ce que le fond peut avoir de sec, et dissimulent heureusement ce que le cadre peut avoir d'étroit. M, de Crac, comédie en un acte, est une bouffonnerie très-amusante et fort bien écrite, qui fut donnée en 1791. Enfin, en 1792 parut le Vieux Célibataircy qui occupe un rang élevé parmi les comédies du dix-

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huitième siècle et la première place entre les œuvres de Collîn d^Harleville. Un vers d'une comédie de Dubuisson, le Vieux garçon :

Et j'ai pensé vingt fois épouser ma servante^

a donné à Collin, ainsi qu'il a eu la bonne foi de le publier luimême, la première idée du Vieux Célibataire; mais son ouvrage, pour le fond, la forme et les détails, est de beaucoup supérieur à celui qui Ta inspiré : la fable inventée par Dubuisson manque d'unité et de simplicité; le style de la pièce est généralement mauvais, le dialogue est guindé, sec, dépourvu de facilité, de grâce et de naturel; enfin, l'ouvrage est tombé dans un juste oubli ; la fable du Vieux Célibataire est, au contraire, excellente ; tous les caractères sont parfaitement dessinés; et le style est constamment élégant, coloré et comique. M. Nisard a très-bien caractérisé de la manière suivante, dans son histoire de la littérature Française^ le talent de Collin d'Harleville:

^'Collin a eu son jour de force comique: c'est celui oii il créait, peut-être d'expérience, le rôle de la gouvernante dans le Vieux Célibataire, Ambitieuse et adroite, habile à jouer la douceur et le respect, ayant l'air d'obéir quand elle conmiande, impérieuse dès qu'elle se croit nécessaire, mais, quand le maître gronde, faisant retraite jusqu'aux repentirs larmoyants et aux demandes de pardon. Madame Evrard est le type de la gouvernante qui veut devenir l'épouse légitime. Acheminer le vieux célibataire au mariage sans l'y pousser; écarter, par de prudentes calomnies, un neveu et sa jeune femme de la maison d'un oncle incapable de haine et très-capable de retour; ménager un intendant complice de ses petits profits, qui veut sa main parce qu'il la sait bien pleine; poursuivre le maître en paraissant

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l'attendre, et tenir l'intendant tout à la fois en échec et en espérance; voilà les fins auxquelles la rusée fait servir les qualités comme les vices de sa nature. Or c'est en cela que consiste précisément le caractère; la condition n'est qu'une occasion pour le caractère de se montrer tel qu'il était avant, et tel qu'il doit rester après. Ce seul type fait du Vieux Célibataire le chef-d'œuvre de Collin d'Harleville, et c'est assez, même sans le cortège des pièces agréables qui l'ont précédé ou suivi, pour lui assurer une modeste place dans une histoire des écrits durables.'^

Il est impossible, ce nous semble, de s'exprimer d'une façon plus judicieuse, plus conforme à la vérité. Collin fait honneur aux lettres Françaises par le souvenir de pureté morale et de douce bonhomie qui s'attache à son nom. Il mourut à Paris en 1806; il avait publié lui-même en quatre volumes in-8* une édition de ses ouvrages {Théâtre et poésies fugitives de J. F. Collin tPHarkville. Paris, 1805). M. Dam lui succéda à l'académie Française.

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