ACTE V. SCÈNE T; 8i
" Mais quoi ! c'est le chagrin d*être ainsi loin de vous ! " Quand pourrons-nous tous deux embrasser vos genoux ? "Mon oncle! quels transports seraient alors les nôtres!" {Fermant la lettré) Mais cette lettre-là n*est pas du ton des
autres. 1730
Mme Év, Qu'importe ? Je ne vois qu'une chose en ceci : Si Laure est à Colmar, elle n'est pas ici.
Am. Parbleu, je disais bien que ce n'était pas elle ! Vous voyez si j'ai fait un rapport infidèle ! M. Du. Je ne le vois que trop. Je demeure frappé Comme d'un coup de foudre... Elle m'aurait trompé ! Mme Év, Rien ne paraît plus clair... Mais, ô ciel! quelle
trame!
Am, Affreuse!... Allons, je vais renvoyer cette femme. M, Du, Non, non; je veux la voir, moi-même la chasser... Mme Év, Comment, vous !... M, Du, Oui, je veux lui faire
confesser... 1740
Mme Év, Vous ne la verrez pas, monsieur, c'est impossible. Non, cela vous tuerait; vous êtes trop sensible : Et j'ai moi-même ici peine à me contenir.
J'étais d'abord pour elle, il faut en convenir ; Mais cet horrible trait me révolte et m'indigne... Et vous la verriez ! Non. Que cette fourbe insigne Sans retour disparaisse. Ambroise, avant la nuit, Faites-la déloger sans scandale et sans bruit Am, À l'instant je m'en charge, et de la bonne sorte. M, Du. Ne la nialtraitez pas. Mme Év, Il suffit qu'elle
sorte. 1750
Am, Oui, Laure va sortir... tout à l'heure...