‹ Le vieux chasseurChapitre 23 sur 56 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

x\T. de !M A R S I L L Y , M A T H U R I N E.

M A ï II U R I N E.

Mais en vérité , monsieur, qui vous aurait reconnu après vingt ans d'absence ?...

Bonne Mathurine , que mou retour soit encore un secret pour tout le monde.

MATHURINE

Un secret ! oh ! soyez tranquille , monsieur , c'est bien moi , qui irai dire que vous êtes M. de MarsiUy , que vous avez retrouvé votre trésor , que vous allez rentrer dans votre bien... comme si j'avions oublié votre vieille querelle avec M. de Laroche , est-ce que j'irions vous exposer à de nouvelles tracasseries? oh ! que nenni 5 je ne sommes pas de ces femmes qui parlent , parlent , non , j'vous avions perdu , j'vous regrettions , j'vous r'trouvons , j'irions vous perdre une secon !e fois par notre bavardage ? j'aimerions mieux perdre la parole.

Ah I je suis sûr de votre attachement pour moi , mais vous ne cosnaissez pas encore toutes les obligations que je vous ai.

MATHUR INE.

A moi , monsieur ?

MARSILLY

A vous-même... Cette enfant qui vous a été confiée par l'aumônier de iVIarsilly...

MATHURINE

Eh bien !

Que vous avez élevée aves tou'.ela tendresse d'une mère...

MATHURINE

Oui ) monsieur.

Dont la naissance a toujours éîé un mystère... Hortensc , enfin...

Hortense !.,.

Est ma fille.

Votre fille ?... est il possible ?... {fUe parcourt le théâtre.)

Hortense ? mon enfant?... quel bonlîeur I ma fille? Aii I...

pardon... par don... c'est que j'sommes si saisie... et puis j Tai-

inons tant, c'te clière Hortense... ali ! quelle bonne nouvelle

à lui apprendre!...

Air : Pauvre petit qu'il est gentil.

Le ciel comlile enfin notre espoir...

Ah ! vous aile/, bientôt la voii...

Quel trésor pour un père ,

Qu'une fille si clièie !

Mais par pitié , n'oubliez pas Que l'ai i^uiilé ses premiers pas, Ne l'arrachez pns de mes bras, Que j'sois toujours sa mère.

Non , vous ne la quitterez pas, Soyez toujours sa mère, (fer.) MATHURINE.

Oïl ! j'n'y t'nons plus , j'courons vite la clierclier , j'vous l'amenons. . . Et mais , non . . . venez [ilatôt avec moi , elle est à la ferme^ j'vas vous y conduire.

Non, Mathurine, quelque dt sir , quelque besoin que j'aie de voir ma fille , des raisons particulières m'obligent à ne pas m'en faire encore reconnaître...

MATHURINE

Des raisons?...

Oui , je sais qu'elle aime... qu'elle est aimée.

MATHURIN E

C'est vrai , monsieur , mais le jeune liomme est honnête, c'est le fils de M. de Laroche.

Laroche ! cette famille a causé tous mes malheurs j et dans

ce moment elle veut y mettre le comble, en s'emparant de mon bien... ce man'jge est impossible.

MATHURINE

Ah ! mon ilieii , ne lui dites pas ca.

MARSItl-Y.

Je sais cju'ellc doit se rendre ici , et je l'attends. Qnant à vous , il n'y a pas un instant à perdre , l'adjudication de ma terre doit se faire aujourd'bui, allez vite, comme nous en sonime.j convenus , couvrir toutes les enclières , sous le nom de M. de St. -Léon.

MATHURINK.

J'y cours...

Entendez-vous ? M. de St. -Léon.

MATHURINE

Oui , monsieur... ali I mon dieu , la v'ià , la v'ià, c'te chère eniant.

Page 1