DUO
Air : V^iendras-tu pas,
HORTEirSE. MARSII-I. Y.
Il ne vient pas, et déjà l'heure H.«ureux moment! je la Tois qui
avance, s'avance,
Adolplu' a-t-il oublié son Hortense? Oui , c'est ma (ille ! ah ! c'est bien
mou Hortense.
De le voir bientôt, conservons l'es-Le destin n'a pas trahi mon e.si>épéiance. rance ,
Il m'aime, et je croi Nul père , je croi ,
Qu'il souftïe autant que moi. N'est plus heureux que moi.
( 3i ) îioiiTENSE,a part.
Un étranger î... retirons-nous.
Ne craignez rien , mademoiselle.
HORTENSE
Monsieur.. .
MARSl LLY.
Je sais ce qui vous amène ici.
HOKTENSE.
Ce qui m'amène ?...
Oui, mademoiselle, vous pouvez vous fier à moi...
HORTENSE
Monsieur , je ne sais ce que vous voulez dire. ( Elle veut
sortir. )
Mademoiselle , de grâce , si je me suis trompé, vous pourriez peut-être m'indiquer la personne que je cheiclie.
HOB.TENSE.
Je ne la connais pas, monsieur.
MA R s 1 L E Y.
C'est que je suis chargé d'une lettre pour elle.
HORTENSE, à part.
Une lettrel...
Et au portrait aimable qu'on m'en avait fait , j'ai cru que c'était vous.
HORTENSE
Mais, qui vous envoie ?
AI A R s I E E Y.
Uu jeune homme... qui vous adore...
HORTENSE
Qui m'adore ?
Ah î pardon , la ressemblance , et puis voici bien le lieu que l'on m'a désigné , en me recommandant surtout d'éviter les regards de la mère.
HORTENSE
Moi , je n'ai ricu de caché pour la mienne. ( Elle fait une fausse sortie. )
MAKSittY, haut et feignant de s'en aîler. Allons , je vois bien qu'il faut rapporter mon message , ce pauvre M. Adolphe sera désolé...
iioRTENSE, revenant.
Adolphe, dites -vous?
M ARSILLY.
Oui 5 mademoiselle , c'est le jeune homme...
HORTENSE
Alors , monsieur , je suis la personne...
Eh bien ! j'en étais sur. ( remettant la lettre.) J'attends votre réponse.
HORTENSE
Mais , par quel hasard m'écrit-il? ( elle décachette.) Quelle
étourderie !
MARsiLLY, à part.
Voyons comme elle prendi-a ce message.
HORTENSE, avcc indignation , après avoir lu. Que me propose-t-il ?... s'exposer au courroux de sa famille I... braver pour moi l'autorité paternelle ! MARsiLLY, âpart.
Et voilà l'homme dont Mathuriae me disait tant de bien ?
HORTENSE
Adolphe ! est-ce ainsi que vous m'aimez ?
Air ; JVIes chers enfans^ unissez-vous.
D'un père , trahissant l'amour, Faudrait-il le fuir sans allarmes , Tandis qu'il voit ma tendresse et mes larmes , Du mien , sans cesse implorer le retour? Qu'il abjure une erreur f'atnle J Dût le oha<^rJn nous accabler , Dites-lui bien qu'on doit tout immoler A la piété filiale.
MAKSILLY.
Hortense... mademoiselle... (d part. ) Que j'ai de peine à cacher mon trouble {haut.) Oui , mademoiselle , je vais de Totre part lui reprocher tous ses torts.
Air : De Lisheth.
Je lui (lirai que son projet N'annonce pas un cœur sincère ; Je lui dirai qu'un pareil trait Est < ttansant , est indiscret , £t qu'il n'a fait que vous déplaire ; Je lui dirai que, de dépit , Votre cœur enfin l'abandonne,
Oui , m.iis quand vous aur. z tout dit| Dites-lui {his.') que je lui pardonne,
MARSILI.Y.
"Vous lui pardonnez ! et si c'était à votre père qu'il voulût vous arracher...
HOnTENS».
A mon père !... existe-t-il encore pour moi ? me sera-t il jamais rendu ?
Eh ! mademoiselle , pourquoi renoncer à cette espérance î Air : La fuite en Egypte.
Le dcsvia , a des vœux si doux, Doit rendre un père qui vous aime ; Peut-être est-il plus pn'^s de vous Que vous ne le croyez vous même.
Pent-ètre avant la fin du jour...
Oui , je pars avec l'assurance , Oue voire pèie, à nici retojir, Pourra c.jiistder son Hortense.
HORTENSE
Qu'ai-je entendu?... serait-ii vrai?...
Air nouveau.
Toi que Je pleure , que j'adore , Je pourrais ('/>/*.) bientôt le revoir \ Ah ! ne trompez pas mon espoir, Je serons pUis à plaindre encore.
Mais , nrn , je • e le verrai pas , Envain son Mortense l'appelle...
Ah ! s'il était aussi près d elle , Il serait déjà «lans ses bras.
MAKSi i,LY,a part.
Je ne suis plus maître de mes transports. ( On entend un air de chas se.) Qu'entends je? un bruit de fluis'îe ! les geiii Le vieux Chas. ( «r. £
( 34 ) (le M. (le Laroche... On pourrait nous surprendre , je vous laisse...
HORTENSE
Vous reviendrez ?
Oui , oui... {d part ) Pour ne plus te quitter.