SCENE VIII
LAROCHE, M ARSILLY.
K'est-cc pas à M. de Laroche que j'ai l'honneur «le parler ?
LAROCHE
A lui-même.
Je viens au sujet de la terre de MarsiKy.
Seriez-voiis un des créanciers ?
MARSILLY
!Non , monsieur , je suis acquéreur.
L A ROCHE
Comment , vous, acquéreur i
MARSILLY
Au moins , j'espère l)ientùt l'être 5 je suis en concurrence avec vous.
Le vieux Cïtasseur. F
r A. n o c II E.
Mais , mon ami , vous nrûtoimez... Connaissez-vous bien la valeur de cette piojiriôté?
Mieux que personne, monsieur.
Je doute que votre fortune...
MARSILLY
Monsieur, je viens de couvrir votre enclière.
L A R o c II i:.
Mon enclière ?... Je croyais pourtant avoir offert de cette terre un prix convenable.
MA.KSI LLT.
Elle est pour moi , monsieur , d'un prix plus grand encore.
Eh bien ^ s'il le faut, je donnerai dix mille francs de plus.
Alors, vous me permettrez de rcncliérir sur vous.
Ah i ça , mais c'est donc une déclaration de guerre?
Du tout, monsieur, je ne désire que la paix.
LAROCHE
Vous ignorez donc tous mes titres à cette propriété ?
J'ai peine à croire qu'ils vaillent les miens.
JL A R o c H K.
J'ai acheté toutes les créances sur M, de Marsilly.
MARSILLY
Je le sais , et je viens exprès pour vous en offrir le remboursement.
LAROCHE
Que je n'accepte point , et dx^it ma fortune entière y passer, je ne renoncerai pas à un bien qui me convient sous tous les rapports , et sur lequel j'ai des prétentions fondées.
Aiv : Femmes voulez-vous t prouver .
Mes droits ne sont pas moins piiissans , Vous pourrez un jour les connaître -, D'att'rcux m..l!ieurs, «lepuis vinj^t ans , De CCS lieux ont banni le maître ; Mais coir.nie il peut se rctiouvcr, Je TOUS tlispule cette terre , Et je préteiuls la conserver A son premier propriétaire.
LAROCHE
Ces beaux sentimens ne m'en imposent pas , et si vous m'en croyez, vous renoncerez à tous vt)s projets 5 d'ailleurs, TOUS feriez une très-mauvaise spéculation.. , le château est en ruines.
MARSILLY
Je le rétablirai.
LAROCHE
De vieilles tourelles en masquent la vue.
M A R s l L L y, • Jj les détruirai.
Vous ne rétablirez ni ne détruirez rien 5 et puis, le sel est d'une aridité...
Mais les bois annoncent un pays fertile.
LAROCHE
Il n'est abondant qu'en gibier.
Tant mieux , je suis grand chasseur.
1 A n o c H H, avec impatience.
Oh ! par exemple, et moi ausbi, je suis chasseur et des plus adroits , entendez-vous \
C'est possible.
LAROCHE
Mais vous avez l'air d'en douter.
Air: Uh \ quoi ^ tout sommeille..
Est-il à la chasse , hival qui m'ellace !
AI) ! sur ce point , A'nns ne me valez j3oint.
Je iCHiche à la thiie ;
Enfin , la nature Me fit, je crois, Pour vivre dans les bnis.
MARSII.T. T.
D'nn si gr<in(l mérite , Je vous félicite.
Et je vous invite A suivre vos goûts ; Venez en bon frère, Chasser sur ma terre , Je tuerai , j'espôrc, Assez après vous.