‹ Le vieux chasseurChapitre 33 sur 56 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

ADOLPHE, II O Fl T E N S E HORTENSE, saus paraître.

Ta voix nie guide , Mais en me rapprochant de toi ,

Mon cœur timide Palpite d'amour et d'cITroi. (cZ/e parait.)

{Le son du cor continue tt se perd dans l'éloignement.)

ADOLPHE

Rassare-toi , le bruit s'éloigne.

HORTENSE

Adolplie, vous ne me verriez pas, sans les craintes que votre lettre m'a inspirées. Avez-vous pu penser sérieusement

à quitter votre père ?

Mais vous-même avez-vous pu croire que je supportasse l'idée d'être séparé de vous ?

HORTENSE

Il le faut , le bonheur de vos parens, votre devoir } le mien , tout Pordonne.

Air : Que m'importe ma liberté.

Loin de songer à nous unir , Oubliez que je tous fus chère ; Peut-être un plus doux avenir Vous est promis par votre père.

Ah! j'éprouve bien en ce jour , Aux chagrins que mon cœur prcsaj^e , Qu'une lemmc peut, en amour, Donner l'exemple du couraj^e.

Par quel pouvoir surnaturel , Prétcndcz-vous qu'on vous oublie Quand un arrêt aussi cruel Sort (l'une Ijouclie aussi jolie?

Â. braver in i lie fois la mort , Pour vous, s'il 1<' faut, jo niVngage ; Mais vous fuir serait un effort Trop au-dessus de mon courage.

II faut pourtant vous y décider.

ADOLPHE

J'ai pris mon parti, je veux enfin tout avouer à mon père ; il ne m'a cru jusqu'ici occupé que de Louise ; mais quand, il apprendra que celle que j'aime est digne de lui , il saura l'apprécier.

HOR TENSE

Craignez plutôt de m'exposer à sa colère j ne suis-je pas comme Louise , une simple villageoise ?

ADOLPHE

Ali ! quelle différence I

DUO. (De M. Gaveaux.) Piquante et sage T.jur-à-t(iur , Non, tu n'es pas née au village, Tout me prcsage Qu.> l'amour Te fit pour un plus beau séjour.

Oui , le secret tle ta naissance, Sous tant de grâces , se trahit.

HOB.TEKSE.

Par celte flatteuse espérance, Mon cœur ne peut être séduit.

Adolphe. h o r t e h 8 k.

Piquante tt sage C'est au langage

Tour-à-tour, De l'amour,

Kon, tu n'es pas née au village, Que je dois cet heureux présage , Tout me présage Mais sois plus sage,

Que l'amour Et, dès ce jour,

Te fil pour un plus beau séjour. A moi renonce sans retour.

H o R T B Ma E.

Je meurs d'elfrni.

A D o L PUE.

Kassurc-toi.

HORTENSE

Quel hruit se fait entendre?

Le son du cor,...

ADOLPHE

Est loin encor , On ne peut nous surprendre.

HOKTEXSE.

Je meurs tl'cfïroi , Adolp .e, laisse-moi.

Rassure-toi.

Que crains-tii près de moi?

HORTENSE

Pourquoi retien=-fu mes pas ï

ADOLPHE

Pourquoi me fuis tu si vite ?

HORTENSE

L'honneur veut que je te quitte.

ADOLPHE

JVIais l'amour ne le veut pas.

Dis un mot , ô mon Ilortense l Et mes craintes vont finir.

HORTBNSK.

Oui , mon cœur, do ta constance.

Gardera le souvenir.

Ah ! contre notre bonheur , Un sort cruel se déclare ; iMais la loi qui nous sépare Ne peut rien sur notre cœur.

^Laroche entre ici et reste immobile d'étonnement.\

ADOLPHE

Jurons-nous bien Qu'un uoux lien Kous unira sans cesse ; Que chaque jour , De notro ami>ur, Augmentera l'ivresse.

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