SCENE II
Tu vois bien qu'il n'est pas encore arrivé.
M, de Laroche ?
M AT u URINE.
Ni son fils... Quand je te disais de ne pas tant te presser... «c Ma rnère^ il est six heures. ..il est sept heures. ..il est huit heures parto.ns... partons...» je cède. ..je suis si bonne, tu me fais courir , courir , j'arrive toute essoufflée. . . et dans un état...
HORT E NS E
Mais vous êtes bien , ma mère...
C'est à toi , qu'il faut dire cela. Je ne l'ai jamais vue si braye. Ah ! Hortense , Hortensa.
Air : de Marcelin,
Quand on s'éveille tirés l'matin , Quand on se pare avec mystère , Quand on est réTeuse en chemin, Quamd on rougit dcyant sa nièie ,
V ** , Quand on écoute et ne tlit rlea , C'est l'amour qui seul en est cause.
HORTEN SE.
Et mais , pour en parler si bien , Auriez-votis fait la même cliosr-. ( lis,') M A. T H U B I N B,
£1» bien ! oui... Tiens v'ià c'qui m'est arrivé.
Air : J'n'avLons pas encor quatorze ans.
Je (oinptions à peine vingt ans , Qu'un Ijiau garron du voisinage, Fils d'un ciiassour des plus arclens , Vint m'faire les plus doux scrinens; Souvent je portions mou ouvrage Où j'noiis doutions qu'il passernit ; Un joiirrom' hier qu'il t'saitd'l'orage , Ma mrr' le guettait sous l'ieiùllage ; Moi , qui m'croyais seule an bosquet , Innocemment ■, j'iui laissai prendre Sur la main, un baiser bien tendre; Puis après...
H ORTENSE, avtc la plus vivt émot'en.
Puis après...
MATHURIWE , montrant le bouquet d'Hortens«, Il m'tlonna c'boiiciuct.
HORTKNSE, embarrassée.
Ali ! ma mère , vous savez tout,
MATHURTNE.
Oui , mon enfant , mais à quoi qu'ça t'mènera c'i'amourette-là? crois-tu que M. de Laroche consente à marier son Adolphe à une fille sans fortune, sans famille?. ..car je ne suis pas ta mère et je ne t'en aime pas moins.
HORTEN6E.
Ah ! bonne Mathurine , vous me le prouvez tous les jours ; mais tout me porte à croire que je retrouverai mes parens; le mystère qui a suivi ma naissance ^ la manière dont je vous ai été confiée , les soins que le chapelain de Marsilly a pris de mon éducation, le silence qu'il s'est obstiné à garder jusqu'à ses derniers momens...
MATHURIKE.
Oh ! ça, c'est vrai , je n'sais pas comment on peut garder lin secret si long-tems... mai* enfin il ne parlera plus, le cher
( 7 ) homme ; ainsi , crois -moi , laisse là ton M. Adolpli« qui n'eil
qu'un eiijeoleux comme les autres...
HOB.TENSE.
Lui , ma mère ?... ah ! si vous saviez ce qu'il me dit tous les jours... Hier encore.
MATHURINE
Eh ben ! qu'est-ce qu'il te chantait donc , hier ?
HORTENSE
Je ne l'ai pas oublié.
Air : -Ange des nuits. ( de Délia et Verdikan. )
*' Le jour heureux qui m'offrit mon Hortense,
Fut le premier ou je connus mon cœur, »> Ton doux rej^ard me iierniir l'espérance, *• Mais l'espérance est-elle le bonheur^ »
Après un aveu si tendre , Puis- je douter de sa toi ?...
Ah ! si vous pouviez l'eutenJre, Vous le croiriez comme moi.
MATHURINE
Bah! si j'avions écouté tous ceux qui m'en contaient autant...
HORTENSE
Mais ce n'est pas tout...
MATHURINE
Qu'est-ce qu'il peut donc dire de plus?
HORTENSE
M^ême air.
>> Prononce enfin, prononce, ô mon Hortense, » Le mot qui doit couronner mon ardeur. M N'aurais-je , hélas ! perdu l'indilférencej »• Que pour la voir s'emparer de ton cœur? »
Après un aveu si tendre , Puis-je douter de sa loi 1 Ah ! si vous pouviez l'entendre, Vous le croiriez comme moi.