SCENE V
CHAÎILES, HORTENSE.
CHARLES, à part.
Voilà masocur... mon père m'a bien défendu de lui parler
âe peur que je ne m* trahisse ^ mais il ne m'a pas défendu de la regarder.
HOKT£NS£,<j part.
Et cet étranger qui m'avait promis de revenir...
CHARLES
Approchons.
HORTBNSE.
Ah ! j'apperçois son fils... Mon ami ?
CHARLES
Mademoiselle... {dpart.) Elle m'appelle, il faut bien que je lui reponde.
HORTENSE
Je pensais à votre père.
CHARLES
C'est bien de l'honneur pour lui. . . il me parlait de vous encore tout à l'heure.
HORTENSE
J'ai eu tantôt avec lui un entretien qui m'a vivement émue.
CHARLES
Comment ! est-ce qu'il vous aurait fait de la peine ?
HORTEKSE.
Non , mon ami.
CHARLES
' Ça m'aurait bien surpris, c'est un si bon père !
HORTENSE
Que vous êtes heureux i... En me quittant, il m'avait fait espérer que je reverrais bientôt le mien.
CHARLES
Oh ! s'il vous l'a promis , il faut que cela soit j car ses prédictions n'ont jamais trompé personne.
HORTENSE
Ses prédictions ?
CHARLES
Oui, mademoiselle, c'est qu'il n'est pas ce qu'il parait ctre.,
il lit dans l'avenir.
HORTENSE, riant.
Votre père !
CHARLES
kEt moi aussi : tout jeune que je suis, il m'a mis dans son secret.
Le vieux Chasseur. H
.TEK
Vous ? et que pouTez-vous prédire ?
Tenez , écoutez ma chanson.
Air : J'ai vu la Meunière»
J'assure aux amans bien épris, 1 La main de leurs belles ;
Je promets à tous les maris ,
Des femmes fitlèles ; Aux joueurs , des monceaux d'argent»
H OKTEKSB.
Vous devez vous tromper sourent* C H A B. I. £ s.
Quelquefois...
Mais de mes nouvelles On s'en va content.
Aux malades , nous annonçons
Des guérisons sûres; Aux médecins , nous prétlison»
De superbes cures ; Aux créanciers, un prompt paiement.
HOKTBNSE.
Vous devez vous tromper souvent*
c II A K I. £ s.
Je ne sais pas...
Mais de mes augures, On s'en va content.
Nous présageons aux malheureux
Prochaine richesse -, Au pèie tendre et vertueux ,
Paisilile vieillesse ; Des jours heureux à son enfant.
HORT BN^E.
Vous devez vous tromper souvent.
Qu'Importe ?...
De notre proniesso , On s'en va content.'
IIORTENSE.
Si vos prédictions se réalisaient , vous feriez bientôt for. tune.
Oh ! il y a long-tems que nous h'avoni iié aussi hetireux qu'aujourd'hui, et pendant que j'y suis , je vais vous dire votre bonne aventure.
HORTENSS.
Sa naïveté m' intéressé...
CHAULES. \^
Donnez-moi votre main, (à part.) Si j'osais l'embrasser!.,.
Air : Sil'on nCaime un peu. (Da Rémouleur et la Meunière.)
Quels signes t'rnpppnt mes yeux?
Vous aimez , on vous oinie : Quelqu'un oppose à vos vœux Dne rigueur extrême.
Miiis que vois-je la?
Bientôt le ciel prospère, Vous ramènera Un tenthe père.
HORTENSEjà J^aït.
Quel iipureux rapport!
Quel doux accord !
CHARI.BS)0 Tpart.
Ma sœur n'ose croire encor Ce magique langage ; Mais elle verra le sort Accomplir mon présage.
Quoi ! j'entends encor
Même langage !
Pourquoi donc , hélas !
Ne puis-je pas Croire à ce flarteur présage ?
c H A. R I- E s* Ce trait-ci Dit aussi Que vous allez , j'espère , Dès ce soir Recev<jlr Les caresses d'un frère.
CHARLES,» T^aru Ma sœur , n'ose croire encor , «rc.
HORTBNSE, à ■patt.
Cet enfant me plait, Un doux attrait ,
En secret , A l'écouter m'engage.
Pourquoi donc, hélas !
Ne puis-je pas Croire à ce qu'il me présage ?