SCENE XI
Les pRÉcÉDENs,MARSlLLY.
ADOLPHE
M. de St.-Léon !
MATHURtNE, le tirant par l'habit.
Modérez-vous, je vous en conjure.
HORTENSE
Quelle émotion j'éprouve en le voyant 1
MARSILLY
Ma présence paraît vous troubler.
HORTENSE
Ah ! monsieur, je brûlais de vous revoir... le peu de mots que vous m'avez dit ce matin en me quittant...
S'éclaircira bientôt... Avant tout, je dois rendre compte à monsieur du message dont il m'a chargé.
ADOLPHE
A moi?
MARsiLLY , haut et d'un air mystérieux. Oui, monsieur 5 je m'en suis acquitté avec prudence, avec mystère , j'ai surtout évité les regards de Mathurine.
ADOLPHE
Quoi ! monsieur , vous osez...
M A R s I L L Y , élevant la voix.
Je vous annonce que volie lettre a été mal accueillie \ mademoiselle vous aura sans doute déjà témoigné son mécontentement.
HORTENSEj ADOLPHE, MATHVRHÎE.
Monsieur...
( 65) marsilly, plus haut encore.
Elle vous aura dit que son devoir lui était plus cher que le bonlieur même, et qu'on doit tout sacrifier aux volontés d'un pure.
ADOLPHE
Monsieur, il ne s'iigit plus de cemessage si je vous eusse mieux connu, je ne vous l'aurais pas confié.
M ARSILLY.
JEt moi , monsieur , si j'avais su ce qu'il contenait j je ne m'en serais pas clîargo.
ADOLPHE, avec ironie.
Ce scrupule vous sied à merveille.
Air : Un magistrat irréprochable.
Sous les dehors île l'indigence , Cachant decoupables.prujets, Vous trompez norre confiance , Vous abusez de nos secrets; Cette terre est le seul partage Dont Horlense puisse jonir , De son père , c'est !'hcrit:igo , Et vous von 'z le lui r.ivir :
MARSILLT.
Quoi ! monsieur , c'est vous qui la défeudez ? Même air.
RoiiL;ïssez de votre conduite , Au mé])ris «les lois «le l'honneur , Vous lui pfO|)osez une luite Çui trt)ublait la paix «le si-n cœur; Ce calme heureux «le la sa;;esse , Semait «le Heurs son avenir , C'était sa ])lu» belle riciiesse , Et vous osiez la lui ravir!
MATIIURI NE.
Allons , les voilà qui s'écliauffent, ils me fout trembler, je finirais par tout t^ire 5 sauvons-nous. {elh sort.)