SCÈNE II
Lia Mf.Vüs. moins CINNA.
MARIUS
Je meurs, je le sens là.
II faut laisser le monde à cet lieureui Sylla.
Il se lève, .'agite et inarche vers le groupe des Augures. Astrologues, devins, augures, aruspicea, Kclairer-moi : soyez à ma douleur propices; Diles-moi si la mort, spectre au front décharné. Va montrer mon front chauve à l'enfer étonné; Si l'effroi, ce poison qui dans mon creur se glisse. Ile mon éternité commence le supplice...
Parler! parlez sans peur, dois-je vitre ou mourir? un pi suive.
Dis-nous, consul, dis-nous ce qui te fait souffrir MARIUS, l'f se soutient entre les devins, les regarde un m ornent d'un air effraye, el tepretul tlune voix brisée. ’
Hélas ! toutes les nuits ma vieillesse éplorée Voit grandir un fantôme, une image abhorrée.
C'est lui, Sylla vainqueur, qui, le bras étendu. Poursuit dans le désert MithriJaie éperdu.
C'est lui, noble soldat aimé de la fortune.
Jeune soleil levant dont l'éclat m'importune,
Qui traîne, quand la mort s'assied à mon chevet, Ce Ilot de légions qui jadis me suivait;
Lui qui, venant aui dieux offrir une hécatombe, D'un pied triomphateur repoussera ma tombe.
Lui, lui, qui des Komains marchera le premier, Quand la rouille du temps rongera mon cimier. D'autres fois, accablé par la lièvre enflammée,
Je crois en Orient commander une armée ;
Je suis jeune, mon corps est allègre, puissant: Une chaleur nouvelle a ranimé mon sang.
Le démon des combats m'emporte, ardent génie, Dans les sabirs du Pont et de la Bithynie :
Mithridate s'enfuit; et mes vieux escadrons Vont déchirant la nue au bruit de leurs clairons. Puis, lorsque je reviens aux douleun de la terre. Tout trempé de lueur sur mon lit solitaire.
J'ai des cris, des sanglots, des élans furieux.
Et des larmes de sang viennent souiller mes yeux. Puis, lorsque dans l'aeier je contemple mes ridea, El les cheveux blanchis à mes tempes arides.
J'ai peur : chaque sillon creuaé par le remord Me semble un pas de plus que je fais vers la mort. En vain je crie en moi : Non, ce n'est pas possible I La Parque a mes côtés, file... file inflexible!
Et d'instants en instants le fuseau s'amoindrit... Et je meurs d’épouvante... et la Parque sourit I Le vieillard est au comble de son exaltation fébrile ; une ' Un Flamine, Marius, un Aruspiee.
22 MAGASIN THEATRAL
tueur glacée lui roule des leropet : les Augures le souliennenl dans leurs bras. Le Flamme reprend d'une vis solennelle :
IK FI.AMIXR'Ï).
J’ai, toujours inquiet de tes grandeurs futures, Des entrailles d’un bœuf tiré mes conjectures.. Jamais, chose propice à mes pieui desseins.
Viscères palpitants ne m'ont paru plus sains.
Le cœur était gorgé d'un sang chaud et vivace : Le lie! bien contenu, le poumon sans crevasse.
En deux lobes le foie était bien replié.
Manies, joyeux.
Oh! ce n’est pas en vain que je t’ai supplié, Quirinus! je respire et ma vie est certaine.
IV AMSI’Il R.
Les dieux aiment toujours notre vieui capitaine. Prés du Tibre, hier soir, j’observais le soleil, Roulant mille Ilots d'or i l'ocrident vermeil.
Un aigle tout à coup, oiseau de grand augure, pleva dans les cieui son immense envergure.
Ce roi des alités, parti de l’Esquilin,
Fixait un œil’ardent sur l’astre à son dédit) ;
Et quand je le lis voir è la foule attirée.
Ce n'était plus qu'un point sous la voiHe azurée. MAatus.
Ah! je n'attendais pas ce présage vainqueur!
Cet aigle de haut vol ranime mon vieux cœur... Oui, ma force renaît, ma fierté se réveille.
GIS asTnOLOGÜK.
Le pivert chante à gauche, a droite la corneille.
MiHIUS.
Oht
GN AltUSPICl.
La poule sacrée a mangé tout son grain.
LU FLAMINK.
Que ces prédictions calment ton noir chagrin !
■sauras.
Merci, mes vrais amis, ma bonne clientellc;
Le bienheureux Calus vous prend sous sa tutelle. Je suis votre consul, prêt à vous secourir.
TOGS.
Longs jours à Marius!
1 k flamine, A part , d un Augura.
Il peut ne pas mourir. .
Le* Esclaves, les Jeunes Filles, les Joueurs de fliUc suivent les Prêtres et les Augures.
VVtVavVVVVtb VVVWbAAV »WVSVV«VVAVWVV<VWWXVMAWAArV\\WV\V