LEPIDUS, MARIUS, CINNA
MARIUS
De tes prédirlioos je n'ose me daller.
Et des pressentiments viennent m'épouvanter.
Os télés du sénat a ma haine échappées M'accusent d’emporter les luis sur nies épées.
Et quand déju je tremble au seul nom de Sylla, Ils poussent le premier des leurs au consulat Dis-moi, jeune Cimber, le connais-tu, cet homme A qui l'on veut livrer la fartuue de Rome?
A-l-il, lier plébéien, d’un bras ensanglanté Guidé nos légions sur l'Adige indompté?
Non. C’est un débauché, de ces pâles visages. Qui. d’une tyrannie acceptant les présages.
On l’air de s’endormir aux tavernes le soir,
El qui, le lendemain, au trône vont s’asseoir;
De ces gens qui, voilant leurs volontés superbes. Affectent de rester au milieu des imberbes.
Et qui, quand leur moment de grandir est venu. Laissent voir un orgueil trop longtemps contenu. Dis-moi, bon citoyen, veux-tu que ta patrie.
Des efforts qu’elle a faits encor tout meurtrie. Agonise au pouvoir d’un jeune ambitieux.
Qui rit des lois à Rome, et de la foudre aux cieux? Lui consul, pour vous (ous c’est une mort certaine.
Le déshonneur pour tnoi, voire vieux capitaine. J’avai-i voulu d’abord, par un juste trépas...
Mais, s'il faut l'avouer, amis, je n’ose pas.
J'ai frappé tan', de fois, la fortune se lasse...
Un plus jeune que moi tremblerait a uia place. Parlez, je vous écoute et suis prêt d'accepter Les résolutions que vous voudrez tenter.
CIXKA.
Tu n'as qu’un ennemi dangereux. Ouand j’y songe, Je vois déjà l’ablme où cet homme nous plonge. Consul, comme autrefois empressé de punir.
Il faut, a quelque prix que ce soit, en finir. LRPIDUS.
Je hais cet Annius du plus profond de l'Ame...
De mon parent Titus il recherche la femme...
Je sais le masque froid de cet esprit brûlant Kl les férocités de son rire insolent.
Je sais l’ambition qui couve en sa pensée Kt contre tes grandeurs sa co'ère insensée.
Puisque tu n’oses pas, inquiet du succès,
Kn plein Comitium le tuer sans procès.
J’oserai, m'en fiant à ma seule énergie,
Attirer ce Romain dans quelque basse orgie,
Kt la, longtemps avant les rumeurs du matin.
L'assassiner moi-même au milieu du festin.
Laisse agir ma colère et ma jalouse rage . 4 Accepte. l
ma mis, à lui-même.
Je n'ai plus ce vigoureux courage.
Ce coup d'œil qui faisait pâlir les assassins,
Kt cette volonté de fer dans mes desseins.
Tous ceux que j'ai tués pendant mes insomnies Viennent à mon chevet traîner leurs agonies,
Kt Sylla, ce lion terrible quoique absent.
M’a laissé dans son antre, où j'ai peur à présent. Chaque jour dénombrant ses proscrits de la veille. Le sénat s’épouvante et Rome se réveille .
Vieillard, je sens fléchir ma force, et pour frapper En d’occultes projets je veux m envelopper.
O hardi poursuivant des faveurs populaires Demain doit an Forum accuser mes colères :
Puis-je donc me montrer sur le pavé romain Le pied sur son cadavre et sa tête a la main?
Si même j’acceptais que, gorgé de fslerne.
On le frappAt dans l’ombre, un soir a la taverne, Crois-le bien, sur-le-champ, sénateurs, chevaliers, Viendraient a haute voix in'accuser par milliers. Non, je veux, faisant taire et la hajne et l'envie, F.mporler son honneur en emportant sa vie.
Moi qui jadis, au temps de tna prospérité.
Portais avec orgueil mon âpre volonté.
Moi qui, le feu montant à ma face irritée.
Du geste balayais la foule épouvantée.
J'en suis réduit, déjà vers le tombeau penché,
A ruser sourdement avec un débauché.
Ou en pensez -vous?
LEIMDUS.
Je sais qu'une affreuse tristesse De mille noirs chagrins assombrit ta vieillesse : Tous nous avons compris tes transports, ta douleur (Jliand triompha sans loi Sylla le bateleur.
Mais, si nous admirons cet orgueil frénétique.
C’est qu'il te fit jadis un rourage athlétique :
Puis c’est que, resté pur chez des républicains, Tu n'as pas demandé la pourpre des Tarquins.
Maintenant du sénat vient uue créature Oui semble sc poser pour but la dictature :
Oui, couvant dés longtemps son rêve calculé.
Se fAit valet du peuple au Forum assembléi Frappons donc; car déjà quelques têtes hardies. Egoïstes vigueurs, luttent de perfidies ;
Et nos peuples bientôt fatigués, chancelants. Seront le piédestal de quelques insolents.
Frappons.