‹ Le vieux cordelier (volume 2)Chapitre 17 sur 58 · DES · texte numérisé non relu

DES

DE

LA RÉVOLUTION

ViioKMB ils abusaient des choses les plus sacrées ces usurpateurs de Topinion publirjue , qui , par leurs artifices , avaient accumulé sur la France tous les genres de calamités!

Ils avaient sans cesse à la bouche les mots séduisans de liberté j d^égaUté ^ de fraternité ^ et ils couvraient le sol français d^une multitude d^inquisiteurs , de bastilles ,

d^écbafauds , et ils établissaient , partons les moyens

imaginables, la plus affreuse tyrannie , et ils semaient les haines , les querelles , les vengeances , les guerres civiles !

Us mettaient à Tordre du jour la pro&ife, la Justice,

les i^ertus , et partout ce n'étaient que vols publics,

vexations inouïes , cruautés barbares , enfin tons les crimes déchaînés à la fois comme les vents des tempêtes dans une grande commotion de la nature !

De quoi doit-on ètffe le plus étonné, ou des sophismes

qu^ils employaient pour commettre lears ravages, ou de Taveugle docilité du plus éclairé des peuples à se laisser prendre en détail , égorger en masse comme un stupide troupeau destiné à la boucherie PL^histoire fera cette question. Le souvenir des appjaudissemens quils avaient Tart d^obtenir Tempèchera peut - être de la résoudre.

Certes, ce n était pas sans fondement que Finsolent duc dYorck semblait répéter, dans ses odieux manifestes , ces paroles de Mithridate : a Toute FAsie m^attend comme son libérateur, tant ont excité des haines contre les Romains la tyrannie des principaux qui gouvernent la république , les désastres occasionés par les proconsuls , les vexations des gens d'affaires et les calomnies des jugemens. »

Il en est du Peuf^Ie français comme de toutes les autres nations parvenues au point de corruption où les grandes révolutions sont inévitables , quand ce ne sont pas des citoyens généreux animés du désir de faire le bonheur de leur pays , mais des perturbateurs audacieux disposés à tout sacrifier à leur misérable ambition , qui siemparent de la crise révolutionnaire , d'ailleurs subordonnée à une fatalité d'accidens plus ou moins violens et difficiles ^ tous se ressemblent , à quelque chose près.

Les Romains , auxquels il eu faut toujours revenir en matière de révolution j fournissent de ceci une infinité d'exemples.

Après que les Marins , les Sylla eurent épouvanté le monde de leurs cruautés , on s'imagina qu'on n'ea reverrait plus de semblables. Lors des triumvirs , cepen* dant , on eut l'art d'en commettre de plus grandes encore sous les prétextes les plus humàifli^ Â voir les foimu-

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