SUR LA. YIE DE C. A. MÉDA
un rayon d'espoir. Il apprit que la Convention avait commence à chasser les Jacobins des administrations à la suite des évënemens de germinal et de prairial an m. Du fond de la Hollande , oii il était alors ^ il écrivit aussitôt à Carnot pour lui rappeler ses promesses ; mais il n'en obtint même pas de réponse (i).
En l'an v, il obtint un congé et vint à Paris. Il vit Tallien qui le reconnut et le présenta au Directoire. Le directeur Barras^ qui avait pu mieux que personne apprécier ses services tu 9 thermidor^ fâché de Toubli dans lequel on l'avait laissé^ voulait le nommer chef d'escadron ; mais le ministre de la guerre Schérer s^y opposa en rappelant au Directoire qu'il s'était ôté, par un précédent arrêté^ la faculté de nommer à aucun grade supé-
(i) II n'y eut, en Tan lu, qu'un petit nombre de Jacobins expulsés : ce n'est qu'après les événemensdu mois de prairial an iv , que la Convention en purgea tout-^a^fait les administrations. Quant à Carnot , son silence ne tenait pas seulement à la multitude des affaires ; il tenait encore à une autre cause. Carnot, qui ne s'était occupé que des opérations militaires pendant tout le temps de la terreur , et auquel on n'avait prêté aucune part dans les horreurs commises par le comité de salut public , Carnot s'était laissé entraîner par un inconcevable mouvement de générosité , au point de réclamer la solidarité avec ses indignes collègues , lorsqu'il les avait vus attaquer dans la Convention. Dans cette nouvelle situation il n'avait garde de tenir les promesses qu'il avait faites à ceux que ses anciens amis poursuivaient de leur haine. ( Note de rédileur.\
rieur : en conséquence, il fut seulement nommé capitaine à la suite au douzième régiment de chasseurs à cheval.
Mëda fit dans ce grade plusieurs campagnes ; mais ce fi|t en vain qu'il y déploya toutes les qualités qui constituent un bon officier : ce fut en •vain qu'il fit des prodiges de valeur «aux avantpostes du camp de Baie qu'il commandait en l'an VIII ; ce fut même en vain que le généra) Moreau le recommanda au gouvernement de la manière la plus honorable : il était écrit que chaque grade serait pour lui le prix de plusieurs an* nées de patience. Ce ne fut qu-en l'an ix^ sous ie consulat^ qu'il obtint de l'avancement en passant chef d'escadron au septième de hussards.
C'est à cette époque qu'il composa son Précis historique du g thermidor. Il crut devoir l'adresser au ministre de la guerre et lui demander la permission de le faire imprimer; mais^ par suite du système que le chef du gouvernement consulaire s'était fait au sujet de la presse , et dans lequel nous l'avons vu persévérer jusqu^à sa chute avec tant d'opiniâtreté , cette permission lui fut refusée ; et, pendant tout le temps qu'ont duré le consulat et l'empire, cet ouvrage n'a pu être connu que d'un très-petit nombre de parens et d'amis de l'auteur (i).
(i) Ayant eu dans le temps connaissance de l'ordre qui
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R Mëda fut nommé commandant de la Légion* li^ d'Honneur en 1 804, colonel du premier de chas- -seurs en 1806, baron de l'empire en 1808, et il y I a tout lieu de croire qu'il fût parvenu rapidement h de plus grands honneurs^ s il eût pu se plier^ aux habitudes de la nouvelle cour; mais il fut * oublié ainsi que tous les officiers qui se bornèren|| à laisser parler leurs services ; il était encore colonel du premier de chasseurs, après six ans de grade y lorsque la campagne de Russie s'ouvrit.
Il fit cette campagne comme il avait fait celles de Marengo^ d'Âusterlitï, d'Iéna, deWagrara; comme il avait :l^t toutes ses campagnes, avec la plus .grande distinction. Par l'accueil flatteur qu'il recevait de ses chefs , il pouvait compter cette fois sur un avancement proekain ; mais il était arrivé au iermede sa carrière. Il eut une jambe emportée par un boulet de canon à la bataille de la Moskowa , dans une charge brillante qu'il faisait à la tête de son régiment, et après avoir vécu assez long-temps.
avait été donné à Méda au sujet de ce précis, et ne l'ayant pas vu pendant les dernières années ^e sa vie que son service Fa obligé de passer dans les pays étrangers , nous craignions que cet ouvrage ne fût perdu pour toujours y mais nous en avons retrouvé récemment une copie entière de sa main dans des feuilles dispersées au milieu d'une foule de papiers qu'il avait laissés à sa famille il y a plus de vingt ans , et c'est ce manuscrit authentique que nous livrons à l'impression.
(Notederédiieur,)