‹ Le vieux cordelier (volume 3)Chapitre 8 sur 12 · JI · texte numérisé non relu

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carrés d’oignons dans le Palais-Royal. Adieu 9 dïsoit-il , les tailleurs , les tapissiers , las selliers , les épiciers , les doreurs , les enlumineurs, les bijoutiers , les orfèvres , les marchandes de modes et les prêtresses de l’opéra, les théâtres et les restaurateurs. L'auteur aristocrate ne faisoit pas grâce aux boulangers , et se persuadolt que nous allions brouter l’herbe, et devenir un peuple de Lazaronis et de philosophes , avec le bâton et la besace. Qu’on lise, dans ma Lanterne aux Parisiens , comme je relançai ce prophète de .malheurs ? qui dénguroik- ma République ; et qu’elle prophétie bien différente j’opposai à celles de ce Mathan de l’aristocratie. « Comment ! m’écriois-je , plus de Palais - Royal ! plus d’opéra ! plus de Meot ! c’est là l’abomination de la désolation , prédite par le prophète Daniel ; c’est une véritable contrerévolution !

Et je rn’étudiois au contraire à offrir des peintures riantes de le révolution, et à en faire attendre à la France bien d’autres effets, dont je me faisois presque caution. Et les Jacobins et les Cordeliers m’appîaudissoient. Et c’est par ces tableaux que , missionnaire de la révolution et de la République, je m’insinuois dans l’esprit de mes auditeurs, que je partageois les égoïstes c’est-àdire , tous les hommes, d’après la maxime incon* testablede J. J. Rousseau , que j’ai soulignée toutà- l’heure, que j’en baptisois un grand nombre ? et que je les ramenois au giron de l’église des Jacobins. Non , il ne peut y avoir que les trois cents commis de Bouchotte , qui , pensant qu’il étoitde leur honneur de venger la petite piquure que j’avois faite à l’amour-propre du ministre delà guerre, au Jieu de se récuser , comme la délicatesse le deman-

Soit* se soient levés pour m’excommunier et me 'faire rayer des Jacobins. Quoique cet arrêté ait été rapporté dans la séance , après une oraison de Robespierre, qui a duré une heure et demie, il est impossible que la société, même à Fcuverture c:e la séance, m’eût rayé, pour avoir professé , dans le Vieux Cordeiier, le meme corps de doctrine qu’elle a applaudie tant de fois dans mes Révolu^ lions de Brabant , et pour lequel elle m’avoit nommé procureur - général de la Lanterne , quatre ans ayant que ma charge fût passée au Père Duchesne. On voit que ce qu’on appelle aujourd’hui dans mes feuilles, du modérantisme , est mon vieux système à' Utopie, On voit que tout mon tort est d’être reste' à ma hauteur du r 2 juillet 1785) , et de n’avoir pas grandi d’un pouce non plus qu’Adam ; tout mon tort est d’avoir conservé les vieilles erreurs de -la France libre , de la Lanterne , des Révolutions de Brabant , de la Tribune des Patriotes , et de ne pouvoir renoncer aux charmes de ma République de Cocagne.

Je suis obligé de renvoyer à un autre jour la Suite de mon Credo politique, ne voulant plus souffrir qu’on vende encore 20 sous un de mes numéros , comme il est arrivé de mon cinquième, ce qui a donné lieu aux calomnies. Vous savez bien, citoyen Desenne , que loin de vendre mon journal à la République , je ne le vends pas même à mon libraire, de peur qu’on ne dise que je suis un marchand de patriotisme , et que je ne Bois pas Lire sonner si haut mes écrits révolutionnaires , puisque c’est mon commerce. Mais , à Votre tour , citoyen Desenne , je vous prie de soigner la popularité de l’auteur. Oui, c’est vous qui m’avez perdu. Le prix exhorbitant du numéro j

kst cause qu’aucun sans-culotte n5a pu le lire ; ef Hébert a eu sur moi un triomphe complet. Encore si la société des Jacobins s’étoit fait donner lecture de ce numéro y , et avoit voulu entendre mon défenseur olbcieux, comme elle en avoit pris l'arrêté , latte ntion et le silence que les tribunes avoient prêté à mes numéros 4 et 3 (ce qui prouve que les oreilles du peuple ne sont pas si hébertistes qu’on le dit, et qu’il aime qu’on lui parle un autre langage , et qu’on lui fasse l’honneur de croire qu’il entend le français) La défaveur très - peu sensible avec laquelle les tribunes avoient écouté ces deux numéros, annonçoit que la lecture du cinquième me vaudroit une absolution générale : mais apparemment les commis de la guerre n’ont jamais Voulu consentir à cette lecture , en sorte que si la société n’avoit pas rapporté ma radiation , le déni de justice étoit des plus crians. Et c’est Vous, citoyen Desenne,qui êtes cause que ma popularité a perdu contre Hébert cette fameuse bataille de Gemappe, ou plutôt c’est ma faute d’avoir fait une si longue apologie. Mes numéros seront plus courts désormais. Je veux sur-tout être lu des sans-culottes > et être jugé par mes pairs ; et j’exige de vous , quand vous devriez employer un papier bien mauvais , que vous ne vendiez pas mes numéros , dans la rue , plus cher que le Père Duchesne ne vend les siens à Bouchotte, c’est-àdire , 2 sous , à raison de huit pages , et 120 mille francs pour 1200 mille exemplaires.

P. S. Miracle1, grande conversion du Père Duchesne î ujç Fai déjà du cent fois , écrit-il dans un de ses derniers numéros, et je le dirai toujours , que l’on imite le sansculotte Jésus ! que 1 on s^ive à la lettre son évangile , et tous fe? hommes >ivro»t en paix, , . Quand une troupe égarée et

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furieuse poursuivit 1 a femme adultère , il écrivit sur îft sable ces mots : Qilc celui de vous qui est sans péché lui jette la première! pierre. Quand Pierre cOupa l’oreille de certain Philippotin , il ordonna à. Pierre de rengainer son épée , en lui disant : Oui* xovque frappe du glaive , du glaive sera frappé. ■> >

Qu’Hébeit parle ainsi, je serai le premier à m'écrier : La trésorerie nationale ne peut acheter trop cher de tels numéros ! Poursuis , Hébert ; le divin sans-culotte que tu cites , a dit : Il y aura plus de joie dans le ciel pour un Père Duchesne qni se convertit •, que pour quatre-vingt-dix-neuf Vieux Cordeliers qui n ont pas besoin de pénitence. Mais tu devrois le souvenir d'avoir lu dans le même livre?' Pu ne diras point à ton frère, Raca , c’està-dire , Vièdase. Pu ne mentiras point. Or, comment as-tu pu dire à nos frères les sans-culottes , en parlant de mon numéro 5 : Voyez le bout d'oreille aristocratique. Camille me reproche d'avoir été un PAUVRE f rater , quifaisut des saignées à *2 sous. Vous voyez comme il méprise la s ans- culotter in! Cela est très-adxoit de ta part , Père Duchesne , pour faire crier tollé sur le Vieux' Cordclier. Mais où est ta probité et ta bonne foi? et comment peux-tu tromper ainsi les sans-culottes ? Je ne t’ai point dit. <jue tu étois un pauvre frater , mais un respectable frater , ce qui emporte l idéc toute contraire de celle qUe tu me prêtes. 5ùui ne voit qüe , ioin de mépriser ta véiitable sans-culotterie d’alors , comparée à ta fortune présente, c’est comme si je t'avais dis : Alors tu étois estimable ; alors tu étois respectable. Avoue , I’ère Duchesne , que si Danton ne s’étoit pas opposé hier au décret contre la calomnie , tu seiois ici bien plis sur le fait. Mais je me réjouis que l’heureuse diversion sur les trimes du gouvernement anglais , ait terminé tous nos combats f c’est un des p,lus grands services qu’aura rendus à la patrie celui qui a ouvert cette discussion , à laquelle je compte payer aussi mon contingent. En attendant , je n’ai pu me dépendre de parer ici ton coup de jamac.

On s'abonne à Paris cketf DE SE N NE y Imprimeur - Libraire , au Jardin de V Egalité , N‘\ i et z , moyennant 5 Livres pour trois mois 5 franc de port pour Paris et les Départ emens.

3} a l’ Imprime rie de DESENNE , rue des Moulins . NM 546.

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