LA SEIGNEURIE DE LA SALLE
En 1666, La Salle obtint du Séminaire une concession en fief noble d'une grande étendue de terre, qui n'est pas indiquée dans les archives, mais qui devait commencer près de sa terre en censive et descendre jusque près de l'ancien aqueduc, lieu où il établit une commune pour l'avantage de tous ses censitaires. L'abbé Faillon nous dit que La Salle n'en avait pas de titiv écrit. Il commença son établissement partie sur la terre en censive et partie sur son fief, à l'endroit où se trouvait l'ancienne église. Sa maison qu'il appela comme sa seigneurie: Saint-Sudpice, (1) était sur ce fief, sur le terrain de l'ancienne ■. aujourd'hui les Pères Oblats. Le 9 janvier 1609, il rétrocéda la plus grande partie du fief au Séminaire pour la somme de mille quatre-vingt livres. Mais il s'en réserva quatre cent \ ingt arpents, sur lesquels, dit M. Faillon, p. 288, " étaient
(h Histom de Long ut uil, p. (0.
in Dans un contrai du 16 décembre 1688, LaSalludil : Fait en notre maison de la Faillon, t. 3, p. 298
" les bâtiments commencés," et qu'il vendit à Jean Millot le 3 février 1669. Le 11 janvier 1669, ajoute M. Faillon, M. de Queylus lui donna un titre écrit de ces quatre cent vingt arpents et du droit à la commune. Ces circonstances expliquent l'entrée suivante au terrier de la seigneurie de Montréal : " No. 467 et jusqu'à no. 471 exclusivement, sr Robert le " Cavelier, sr de la Salle, concessionnaire de 420 arp. en super- " ficie en fief le 11 janvier 1669, plus 100 arp. donnez à " Jean Millot aux mêmes conditions pour remplacement de 4 " arp. qu'il a cédez en superficie sur la devanture pour la cons- " truction de l'église et presbytère et du moulin des seigneurs. " Doit foy et homage. Vendu à Jean Millot le 3 février " 1669."
Faillon, t. 3, page 337 : " M. de Queylus donna un fief au sieur La Salle," afin que le village qui s'y établirait fut comme un avant-poste pour Villemarie et un lieu de refuge pour les habitants des alentours." Page 354 : " Le fief concédé à La Salle était beaucoup plus considérable que les précédents, puisque La Salle y avait mis deux cent arpents de terre en commune, y avait tracé l'enceinte d'un village et s'était réservé quatre cent vingt arpents pour son domaine seigneurial."
Il est évident que La Salle, qui était en faveur au Séminaire, en avait eu carte blanche de fonder, à ses frais, une paroisse à cette partie de l'île. Il en dressa le plan, y amena quelques colons, entr'autres Charles Ptolomée, — puisque la concession de ce dernier date de 1668,(l)commença à faire quelques défrichements et à construire quelques bâtiments sur la partie qu'il vendit plus tard à Jean Millot. Fou de voyages, enthousiasmé surtout par le récit des Iroquois qui avaient hiverné avec lui dans sa maison de Saint-Sulpice, en 1668-69, il rétrocède sa seigneurie au Séminaire, moins les quatre cent vingt arpens pour lesquels il obtient de Jean Millot deux mille six cents livres, dont il a besoin pour ses découvertes. Le Séminaire, sans changer le plan de sa seigneurie, au contraire le suivant en tous points, en ce qui regarde les concessions déjà faites et même la commune, reconcédèrent ce domaine en cen-
(1) Aussi Nicolas Moisan et Pierre Perusseau, ses voisins. ,Voir plus bas vente à Jean Millot.
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aive, moins le petil fief de Jean Millot, en tout cinq cent vingi arpents. Le livre-terrier et le plan de la seigneurie de lu de Lachine, qui ne porte |>ns de date, n'onl pu être faits qu'après la rétrocession de La Salle en L669. C'est ce <|ui explique encore pourquoi cette carte porte le nom de la côte de la ( îhine et non pas celui de Saint-Sulpice.