‹ Le vieux Lachine et le massacre du 5 aout 1689Chapitre 11 sur 31 · MAISON DES CUILLERIER · texte numérisé non relu

MAISON DES CUILLERIER

Tout cela est indiqué clairement sur le livre-terrier et sur le plan dont on trouvera unecopiedans l'appendice, et à moins de preuve contraire, je ne me sens pas disposé d'accepter la légende comme vraie, Ce qui lui a donné de la vraisemblance, c'est le fait qu'un fort français, le fort Cuillerier, a existé sur la terre des Fraser, et que plus tard le gouvernement anglais y c instruisit une poudrière, des hangars et des magasins, un fort considérable en un mot, connus sons le nom de fort <>u hangars du Roi, King's Post. Ce fort et les postes militaires s îr le terrain de l'écluse actuelle (1), chez Quesnel et M< mette (2) ont joué un rôle important durant la guerre de 1^12. Le fort du Roi ne fut abandonné que vers 1826.

Par acte devant Adhémar, 9 mars 1697, René Cuillerier vendit cette terre et ses " dépendances " à son fils Jean, marchand comme le père et aussi commis du Grand Voyer du pays : (3) prix : quinze cents livres. La maison de pierre n'était pas bâtie. Morin nous dit que la redoute Cuillerier était de bois. C'est ce qui résulte d'ailleurs de la description des lieux dans l'inventaire de Jean Cuillerier, fait à la requête de Marie Catherine Trotier, sa veuve, par Michel LePailleur, notaire, le 10 avril 1713 : — "Une concession au dit lieu de laCliine, ayant quarante-cinq arpens à la charue, sur laquelle concession

(1) L'ancien canal Lachine, commencé en 1821, n'a été ouvert qu'en 1825. Le Séminaire avait fait, au commencement du dernier siècle, un petit canal de la Chine a la petite rivière Saint -Pierre, dont on voit encore des traces dans un petit ruisseau qui serpente les champs de Bine Bonnet et Rockfield. Ce canal fut commencé en 1700. Collection de Manuscrits, vol. 3. p. 604 ; Rapport du Commissaire des Travaux Publics, 1867, p. 7.

\ maisons sont des plus anciennes de Lachine. Mr. Quesnel dit qne la sienne compte 168 ans.

inuai <le mariage d'Antoine Cuillerier, Michel Lepailleur, notaire, ' mare

est un jardin et un verger enclos de pieux (1), une maison de pierre avec une cheminée, contenant vingt trois pieds de longsur ving-six de large avec pierres d'attente pour la construction, une cuisine de pièces sur pièces et fort vieille et de bois blanc, menaçant vaine, le tout couvert de 'planches!'

Cette maison fut donc construite par Jean Cuillerier et elle était inachevée en 1713 ; c'est ce que prouvent ces mots " avec pierres d'attente pour la construction," que nous avons soulignés. Elle fut agrandie après cette date, ou par le second mari de la veuve de Jean Cuillerier, le chevalier François Picoté de Bellestre — qui, dès son mariage en mai I7l4,y fit sa résidence, — ou encore par Antoine Cuillerier dit Beaubien, fils de Jean Cuillerier, qui avant l'année 1722 était un négociant important Il finit par s'établir au Détroit, poste très recherché par les canadiens de la première partie du dernier siècle, les Cuillerier, les Beaubien, les Bellestre, les Quesnel, les Baby, (2) les Cassegrain, les Campeau, les Chauvin, les Chapoton, les Chesne, les Meloche, les LeDuc, les Godfroy. les De Marsac, les Bourrassa.

Son beau-père, François de Bellestre y mourut en 1729. Le fils aîné de ce dernier, François, commandait le fort du Détroit le 28 octobre 1760. Jean-Baptiste Beaubien dit Cuillerier, fils de Jean Cuillerier, y fit également souche.

La masure que l'on voit sur la terre de John Fraser offre d'ailleurs des preuves incontestables qu'elle fut bâtie par parties et à des époques assez éloignées. On observe dans les murs des fissures, précisément à la limite des anciennes dimensions, vingt-trois pieds de front sur vingt-six de profondeur, mesure française. La couverture actuelle est de vieux bardeaux, mais la planche de la couverture de l'ancienne maison est en déclin et est sans aucun doute la première couverture, mentionnée dans l'inventaire de Jean Cuillerier, recouverte après de bardeaux. Le reste de la planche de la couverture est à joints carrés et d'apparence plus récente. Les

(1) Probablement la palissade de pieux du fort Cuillerier.

(2) Aujourd'hui : Baubie, en opposition à la prononciation anglaise possible : baby. Il est regrettable qu'un arrière petit fils de l'honorable Jacques Baby, la souche des Baby de l'Amérique, défigure de cette façon un si beau nom, Baubie ne signifie rien. Baby est un nom historique de ce continent.

dernières extensions à l'est ont évidemment été faites pour un magasin.

Dans l'intérieur de la plus ancienne partie de la bâtisse, celle de Jean Cuillerier, on observe encore aujourd'hui quatre ou cinq meurtrières, au pignon d'en haut et en arrière. Elle e dû être construite sur le site de l'ancien tort Cuillerier, qui était de bois et dont "la cuisine menaçant ruine " devait faire partir.

Tous ces faits sont corroborés par l'entrée faite au numéro 480 du terrier, la propriété de René Cuillerier et de son fils Jean: En L720, le sieur Picoté de Bellestre ; en 174(5 lesieur

Dominique Gaudet. Puis Lapromenacle. Puis le 1714

(Griffin) John Fraser a acquis de Lapromenade. Ensaisiné le ivembre 1843."

C'est John Fraser, père, qui Ht ensaisiner, en 1843, le titre

t'ait devant Griffin, notaire le L814 par M. Lapromenacle.

En référant à ce titre, on voit qu'il a été passé le 30 mars 1814 par Pau! Larchevêque Lapromenade et sa femme Adélaide ulniers à Hugh Fraser, cultivateur de la seigneurie d'Argenteuil. Puis Bugh Fraser le céda à son fils John, qui, à son t<>ur. I*- céda à son fils Daniel. 11 passa finalement à son frère, notre concitoyen M. John Fraser. Or, dans l'acte de vente de M. Lapromenade, on constate qu'entr'autres bâtisses se trouvaient deux maisons, une grange, des étables, un hangar et wn soir à a c ses cuves et son outillage : "twodwel-

lirig houses, barn, stables, store houses and other buildings thereon i and the cyder press, tubs and implements

ereto." Or, il n'a existé de pressoir à cidre à cet endroit, jusqu'à ces dernières aimées, (pie sur la terre des Cuil- .. dans la maison de pierre même qu'ils bâtirent. On y encore des débris de la machinerie qui servait à le faire mouvoir.

La masure de pierre que M. Fraser désigne comme ayant été

le manoir de La Salle est donc celle des ( îuillerier qui y faisaient

un commerce important à cette époque. Il est regrettable

qu'il en soit ainsi. C'est un point de curiosité de moins à

1er aux visiteurs de l'une de nos plus belles promenades

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