LE MANOIR DE LA SALLE
En 1676, au baptême de Jean Beaune, qui se trouve aux registres de Lachine, Jean Millot prend le titre de " Seigneur."
La pièce suivante, que j'ai lue dans les registres de Lachine. vol. 1, pages 70 et 71, et qui porte la date du 16 avril, 1687, déclare que la fabrique a acheté 26 perches de terrain " démembrées du fief de Jean Milot, " pour agrandir le jardin de M. Rémy, que le Séminaire aura pour " agréable le démembrement du nef que fait le dit Milot." Il n'y a pas eu d'autre fief à Lachine.
On se rappelle que sous le régime féodal un seigneur ne pouvait vendre une partie de sa seigneurie sans payer à son seigneur supérieur le cinquième du prix de vente, qu'on appelait le quint. Voilà pourquoi la fabrique priait le Séminaire d'agréer la vente de Jean Millot. Le terrier, aux numéros 467 et suivants jusqu'à 471, fait mention de ce démembrement qui fut ensaisiné le 16 avril 1687. Il fait encore mention d'une vente en faveur de M. Cuillerier d'un quart d'arpent " dans le fort de la Chine," ensaisiné le 3 mars 1710.
Parkman, qui a eu l'occasion de consulter les papiers de la famille La Salle à Paris, sans être néanmoins très précis, confirme notre opinion. Il nous dit d'abord que de sa maison seigneuriale, La Salle pouvait contempler à l'ouest toute la largeur du lac Saint-Louis, bordée des épaisses forêts de Châteauguay et de Beauharnois, ce qu'il ne pouvait voir que de sa terre de l'église ou de celle un peu plus haut, et non de la terre de John Fraser. Puis il ajoute que La Salle remit une partie de sa seigneurie au Séminaire et vendit le reste à Jean Millot. Or Jean Millot n'a jamais eu de propriété plus bas que l'ancienne église.
Enfin la collection de " Mémoires et Documents," récemment publiée en France par Pierre Margry, précise encore mieux si c'est possible, l'établissement de La Salle à Lachine. Dans un mémoire de sa famille au Roi, 1677, il est dit : " Le sieur de la Salle, ayant toujours eu beaucoup d'inclination pour faire des découvertes et establir des colonies qui pussent estre avanta-
geuses à la religion et utiles à la ETrance,passa en Canada en 1666, et commença la même année le village de la Chine, situé dans l'île de Montréal au delà «le toutes les habitations Françaises. ( I » L'année 1667 et les suivantes, il fit divers voyages avec beaucoup de dépenses, dans lesquels il découvrit Le premier beaucoup de pays au sud des grands lacs, entr'autres la grande rivière Ohio." (2)
L'année L666 est donc l'année de la fondation de la paroisse de Lachine et La Salle en est le fondateur.
La même collection Margry nous dit comment et quand La Salle disposa de ><is domaines.
A la page 104. on lit un acte de vente, à la date du 9 janvier L669, par lequel " le sieur René de La Salle," cède et transporte aux seigneurs " la seigneurie appelée de Saint- Sulpiee. située en ladite isle, au dessus du sault Saint-Louis..., à la réserve qu'il se fait de sept arpents de terre de large sur soixante de profondeur (3) pour son domaine, au lieu où il a déjà fait faire quelques défrichements de terre et bastiment commençant sur le bord de la Grande Rivière, fleuve Saint- Laurent." Prix : 1080 livres.
A la page 105, on trouve un contrat de vente de La Salle à Jean Millot de " cpiatre cent vingt arpens de terre sis et situez en la dit isle, au sault Saint-Louis. ... Et huit ou neuf arpens, partie débitez et abattus, et ensemble les commensemens de bastimens et-autres, généralement les dépendances de la dite terre présentement vendue... Lé tout en fief noble." Le
(1) Ce village était à l'ancienne église, où il fut pendant plus de cent ans le modeste village de notre paroisse. Vers la tin du dernier siècle, la compagnie de la baie d'Hudson jeta le fondement d'un deuxième village qui, vers 1825, devint / 9illag( du canal. Le commerce qu'y faisait depuis longtemps la compagnie de la d'Hudson, le service des bateaux a vapeur entre Lachine et le portage des ides, la construction du chemin de fer de Lachine, un des plus anciens sur le continent et enfin le transport de l'église paroissiale au lieu où elle est. les manuiuscs et d'autres ont produit la ville de Lachine de no- jouis.
tome 1er. page 329. L'affirmation que La Salle a découvert la "grand rivière 0 nient contestée. Plusieurs historiens prétendent que Jolliel
P. Marquette en furent les véritables découvreurs. On ne saurait nier que La .^allc le premier en » suivi toul le cours jusqu'à Bon embouchure, et en li' une pris ,[,. possession au nom du Roi <!<• France'.
prix de vente fut 2,800 livres, dont 155 comptant. La date du contrat est du 3 février 1669. (1)
Puis suit le reçu de La Salle pour " 2645 livres, qu'il (Millot) me devoit pour le reste de la vente de mon habitation."
A la page 107, on trotfve la vente de la terre en censive de La Salle à Jacques Le Ber et Charles Le Moyne, à la date du 6 juillet 1669, décrite comme suit ; " Une pièce de terre sise et située en la dite isle, au dessus du sault Saint-Louis .... Et ensemble tous et chacun des bastimens construits sur icelle pièce de terre, leurs appartenances et dépendances et friche pendant par les racines." Prix 660 livres.
Dans une relation officielle des entreprises de La Salle, Margry, t. 1, p. 436, on lit : '" Il acheta une habitation dans l'isle de Montréal, à l'endroit appelé la Chine."
l'origine du nom lachine.
Comme on le voit, ce ne fut pas La Salle qui appela sa seigneurie la Chine, parce que, comme l'affirment des historiens* il croyait voir devant lui un passage au pays de la Chine ; il lui donna le nom de Saint-Sulpice. Le registre de la sépulture de Clémence Rapin, à Montréal, le 29 novembre 1676, fille d'André Rapin, ;' habitant de la côte Saint-Sulpiee," constate qu'à cette époque même le premier nom de notre paroisse n'était pas encore perdu.
Nous avons parcouru les registres de Montréal de 1667 à 1680 ; nous y avons trouvé plusieurs mariages, baptêmes et sépultures des premiers habitants de Lachine, dont on trou-
Ci) Nous avons eu la curiosité de consulter l'inventaire des biens de Jean Millot fait le 21 août 1700, devant Michel Le Pailleur qui contient une liste de ses titres. 11 y est dit que le titre au fief de La Salle a été fait devant Basset le 3 février 166D- En référant à l'original au greffe de Montréal, nous avons constaté une description plus détaillée que dans l'acte cité par Margry: "La consistance de quatre cent vingt arpens de terre sise en la dite isle, au-dessus du sault Saint-Louis, commençant sept arpens de large sur le bord de la grande rivière ou fleuve Saint-Laureut, sur soixante arpens de profondeur, tirant au nord, tenant d'un côté à la concession de Nicolas Moisan dit le Parisien et d'autre costé a Pierre Perusseau (les deux voisins de la terre de l'ancienne église), sur lesquels lieux il y a environ dix ou douze arpens en culture défrichée, trois environ de bois débité ou amassé, ethuict ou neuf arpens parti débitté ou abattu, et ensemble les commencemens de bastiments et
autre généralement les dépendances de la dite terre présentement vendue
le tout en fief noble, etc., etc.
Page 15, note (1) lisez : 1668 au lieu de 1688. " 23, ligne 11, " Margry, t. 1er.
1669 au lieu de 1689.
note
et
ligne
ce
lot 995 au lieu de 495.
recensement de 1681 au lieu de
Marie Perrin âgée de 25 ans 316 au lieu de 301.
vera le relevé dans l'appendice. Tous sont indiqués "habitants ou •• habitants de ce lieu," ou " habitants «le cette îsle." Pierre TabauU est décrit en loT-2 "habitant du sauH Saint Louis.' Le nom de la Chine apparaît pour la première fois, le 2 janvier 1673, au mariage de François LeNoirdit Rolland, "habitant de la Chine." l'uis vient la sépulture, le 6 juin 1(>7.">; d'un enfant d'André Rapin, " habitant de la Chine." En L676, l'usage du nouveau nom devient général. Le registre <lu mariage «le Vincent Alix. I- octobre 1677, dit qu'il est 'habitant de la Chine, isle de Montréal, paroisse des SS. Anges."
A la page L06 de la collection Margry, t. 3, on voit que le 1er juillet L669, La Salle engagea Charles Thoulonnier connue compagnon " dans le voyage auquel le dit sieur de la Salle se prépare pour aller aux nations sauvages. " Le 6 juillet 1689, le jour même où il signa le contrat de vente à Jacques Le Ber et I Jharles Le Moyne, il laissait sa maison de Saint-Suipice en canot d'écorce pour les pays de l'ouest, à la recherche d'un passage au Japon et à la Chine. Il était accompagné de M- Dollier de Casson et de M. de Galinée, prêtres de Saint- Sulpice, comme chapelains : mais ces derniers avaient surtout en vue d'évangéliser les nations sauvages du Mississipi. L'expédition se composait de quatre canots et quatorze hommes équipés par La Salle, trois canots et sept hommes engagés par le Séminaire, et aussi de deux canots conduits par les Iroquois • pii avaient hiverné chez La Salle et qui servaient de guides. Les hardis voyageurs arrivèrent au village indien Tenaoutoua, près de Niagara, le 24 septembre 1689. Jolliet y était de la veille. C'est ici que La Salle sous prétexte de maladie, abandonna ses compagnons de voyage et rebroussa chemin, il» Craignant probablement la risée publique, il
(1) Cotte conduite étrange de La Salle est un des points faibles de sa vie. El
attestée par M. Dollier et M. de Galinée, tous deux témoins oculaires qui ne peuvent
de sentiment hostile à La Salle, le Séminaire lui ayant été toujours
mpathique. Margry, t. 1er pp. XXlII.llI. Paillon, t. 3, p. 297. M. Margry
affirme que M. de Galinée Be trompe. " Comme on le verra ailleurs, dit-il, le désir
<a Salle était de gagner rOhiô." L'histoire racontée par La Salle a Paris en
corde guère avec la relation officielle de 1682, p. 136 dn
même auteur : " Le sieur La Salle, pour prendre des mesures plus justes, fit divers
•• voyagi François, tantôt avec des Sauvages, et même avec MM.
" Dollier el G alinée, prêt ree dn Séminaire de Saint-Sulpice, L'année n>(i!> ; mais une
violente fL w< l'obligea à les quitter à Ventrée." Voir aussi Margry, pp. 115, 117. viw
envoya de l'avant ses hommes qui arrivèrent à la côte Saint-Sulpice à l'automne de 1689. La Salle ne revint que Tannée suivante. Il n'en fallait pas plus pour imposer à sa seigneurie le nom de la Chine dès l'automne de 1669. A toutes ces preuves nous ajouterons le témoignage de M. Suite dans un article publié dans Les Soirées Canadiennes, t. 6, p. 481 :
" Il me semble impossible de contester que le nom de Lachine ait été imposé par ironie, à la suite de l'expédition manquée. La Salle, qui n'a jamais employé ce nom dans les actes aujourd'hui connus, ne doit pas en avoir été l'auteur. C'est plutôt M. Dollier qui le créa ou qui s'en fît le propagateur, après son retour de la baie Quinte au printemps de 1670.
" Dans son Histoire du Montréal, publiée par la Société Historique de Montréal, M. Dollier dit, en plaisantant, que le nom de Lachine fut donné à la localité d'où était partie (1669) l'expédition du sieur de La Salle. Il fait entendre que le retour des " Chinois " causa quelques risées dans le public. M. Dollier aimait à rire ; je pense qu'il est l'auteur du terme satirique Lachine. Il parle de la " trasmigration " des voyageurs de La Salle, voulant par là signifier que ces braves gens, partis pour se rendre à la Chine et revenant penauds, méritaient le surnom de Chinois.
" Quoiqu'il en soit, dans un acte du greffe de Montréal, en date du 11 juin 1670, figurent ces mots : " le lieu de la Chine ainsi appelé," et encore : " l'habitation qu'on appelle la petite Chine," expressions qui, d'après la remarque de M. Faillon (III 298) montrent que ce nom devait avoir été adopté récemment. Le 8 octobre, même année (même source), l'intendant Talon répète le mot."
Cavelier de la Salle a donc été le fondateur de notre ville et de notre paroisse, — de notre ville par son établissement sur la terre de l'écluse, — de notre paroisse par celui qu'il fît à l'ancien village. Si nous devons un monument aux braves habitants, qui, presque miraculeusement ont échappé à l'attaque inattendue des Iroquois le 5 août 1689, ou y sont" tombés, n'en devons-nous
pas un autre à La Salle, qui, vingt-trois ans avant, sans Port, ni garnison, est venu le premier planter sa tente sur notre côte. Nous ne pouvons songer à mettre son portrait dans notre église, bien qu'il fût fervent chrétien. Mais nous pouvons avec orgueuil le placer au-dessus du fauteuil de notre hôtel-de-ville, en attendant que le patriotisme lui élève une pierre au lieu où, comme il le dit lui-même, il fit sa maison de Saint-Sulpice et un commencement de village.
Enfin, une dernière pièce que nous venons de découvrir au greffe de Montréal confirme toutes ces preuves. On nous pardonnera si mais la reproduisons presqu'en entier; quand il s'agit de détruire pour ainsi-dire une tradition, on ne peut apporter trop de témoignages. Il s'agit d'un procès- verbal d'arpentage des terres de Jean Millot à Lachine, déposé au greffe d'Antoine Adhémar, notaire, le 23 février 1699. Ce document, dégage de détails sans intérêt, se lit comme suit:
■ L'an mil six cent quatre-vingt-neuf, le deuxième jour de mars, par mandement de Mons. François Dolier de Casson, prestre supérieur du Séminaire de Montréal. . . ., je soussigné Gédéon ( lathalongne, enseigne de la compagnie de monsieur de Subercase, me suis exprès transporté au lieu de la Chine, en la dite isle, pour remplacer au dit Milot les terres qu'il a acquises tant du sieur de La Salle et de Nicholas Moisan dit le Parisien, «pie celles (pie feu monsieur l'abbé Queylus lui avait promises pour les quatre arpents que le dit Milot avait relasché en faveur de la chapelle et mjulindudit la Chine, et pour ce faire, j'ai commencé à une certaine borne qui fait la séparation de la terre du dit Milot et de celle du nommé Louis Fortier, aussy habitant du dit la Chine, où. . . . j'ai trouvé la quantité de sept arpents et neuf perches de front, moins quelques pieds pour le «lit Milot, qui joint la terre de Pérus- ... et comme il est porté en son contrat d'achat du dit sieur de La Salle, qu'il doit prendre sept arpents de front sur soixante de profondeur, et par le contrat du dit Moisan, il doit prendre deux arpents de front sur trente de profondeur, qui ban la quantité de neuf arpents de front. . . . néanmoins, iccomodement entre les messieurs les seigneurs et le dit Milot, ils sont convenus que le dit Milot ne prendrait (pie
huict arpents de front sur soixante de profondeur, à commencer au fleuve St- Laurent, à la ligne d'esquerre, à cause de la pointe qui fait la figure irrégulière. ... qui est trois arpents et trois perches moins de ce qui lui faut, mais la devanture lui en fournit trois arpents pour cest effet depuis une borne que nous avons plantée qui fait le commencement de l'alignement qui joignent le presbytère et le jardin ; ensuite nous avons continué la ligne sus-nommée en tirant au nord est, presqu'au commencement du triangle."
Ce procès-verbal a été fait " en présence du dit Milot et de Jean Forge dit St-Morice, soldat de la compagnie de monsieur de Lorimier, et Jean et Robert Fournier, qui ont déclaré ne scavoir escrire." Puis suit le plan des lieux que l'on trouvera dans l'appendice. (1)
Il ne nous reste aucun vestige de l'établissement de La Salle, les bâtisses étant probablement de bois comme presque toutes celles de ce temps. Après 1669, on retrouve La Salle en France, en 1674 et 1675, négociant pour l'acquisition de la seigneurie de Frontenac, à Cataracoui. A partir de cette époque, on le voit surtout à cette dernière place et plus loin dans l'ouest et au sud, à la découverte du Mississipi.
Il périt le 18 mars, 1687, au golfe du Mexique, assassiné par un de ses compagnons de voyage, dans une expédition malheureuse, organisée en France, dans le but de fonder une colonie sur le Mississipi, qu'il avait descendu et remonté quelques années avant au milieu des plus grands dangers.
Mais retournons à Lachine.
En 1689, presque toutes les terres de la côte de Lachine étaient prises jusqu'en haut du fort Rolland. Du fort Rolland
H) Ce plan comprend le no. 466 du terrier, plus les 100 arpents donnés en fief à Millot et les 420 arpents du nef de La Salle. Il n'indique pas le fort Rémy, parceque le moulin devait servir de redoute. Le chemin public n'est pas non plus indiqué, à cause de l'enceinte de pieux, qui entourait le fort. Il résulte de ce bornage jque le fief de La Salle, concédé le 11 janvier 1669, n'avait pas tout à fait cinq arpents de front. Ce plan de M. de Catalogne établit encore que le plan de la côte de Lachine publié dans l'appendice n'a été fait qu'après 1689.
Tout le domaine borné par M. de Catalogne appartenant au même propriétaire dès 1689, on comprend pourquoi les entrées du terrier, aux numéros 466 et 467 sont presque toujours les mêmes.
Jusqu'à Dorval, il n'y avait que sep* terres de concédées. Le reste .'tait en bois, ei c'est à ce bois que Eait allusion un contemporain, à la page 569 du ter volume de La Collection ,1, Manuscrits. Lachine comprenail les terres à partir du numéro 505 du terrier à la tête des rapides, la propriété de Roy dit repensée, jusqu'à la Présentation ou Dorval. La Présentation formait un fief de L9 arpents sur 20, sous le numéro 189 du terrier, à commencer «le la terre de Jacques Morin, (aujourd'hui celle que j'occupe, no. 868 du cadastre), jusqu'à celle de Clovis de Bellefeuille, exclusivement, c'est-à-dire les numéros 12 à 867 du cadastre. Ces terres de la Présentation ou Dorval ( 1 ) sont encore en fief et ne paient pas de rente, à l'exception de rime, appartenant aujourd'hui à la succession Roy et a Dosithée Legault, dont la tenure a été convertie en censive lorsque fut faite la concession de la continuation.
( l'est de ee lieu < le la Présentation que,del673à L675,Lachine fut desservi par le Séminaire, par manière de mission, et à certains jours seulement, une chambre de la maison servant de chapelle. De 1676 à 1680, une légende localise la mission a la terre «le Claude Gârigue, aujourd'hui des messieurs Dawes. n<>. 906 du cadastre, à quelques arpents du tort Rolland. ( 5es messieurs racontent que, pour faire les fondations de leur plus ancienne voûte à bière, ils ont démoli une vieille masure de 1 2 à L 5 pieds à peu près, ayant toute l'apparence d'une chapelle et y trouvèrent tout autour un bon nombre d'ossements humains, ce qui leur fit supposer et ressuscita une vieille tradition, qu'il y avait eu à cet endroit une mission et un cimetière. Cette trouvaille indiquerait qu'après 1675 la mission du fort de la Présentation serait descendue près du fort Rolland, jusqu'à ce que la chapelle du fort Rém y fût construite. Les registres ne sont pas précis à cet égard, mais on y voit que le 5 avril, 1680, cette chapelle était déjà construite et que ce jour-là le Séminaire fit don à la Fabrique de deux arpents sur les quatre qu'il s'était réservés de Jean Milloi poui l'église, le presbytère et le moulin a vent, à la condition de ne pas nuire au ser\ Lee du moulin.
(1) Tontes les terres du haut de Lachine, à partir de la montée de Liesse, furenl pendant longtemps appelées "terresdela Présentation." ("est ce que déclare un ancien titre de J.-Bte Meloche que j';ii lu.
La tradition me parait sans fondement. Voici en effet ce que l'on lit dans Faillon, appuyé sur des pièces authentiques, t. 3 p. 356 : " Au mois de mai 1675, ce dernier après avoir célébré la sainte messe, revenait dans un canot conduit par George Allète, (1) menuisier, lorsque ce canot tourna ; et ce qui est assez étonnant, le conducteur se noya, tandis que M. Bailly se sauva à la nage. Il parait qu'il gagnait alors non Villemarie, mais le domaine de la Présentation, que les prêtres du Séminaire avaient établi au-dessus de la Chine, et où quelques-uns d'eux résidaient ordinairement, du moins jusqu'à l'année 1676, qu'ils construisit une chapelle à la Chine même."
Faillon ajoute : " Dans ces premiers temps il n'y avait encore ni église, ni chapelle, et à la Chine, les habitants s'assemblaient pour la Sainte Messe, dans la maison d'un nommé Fournier, (2) Un pieux colon de ce lieu, Jean Chevalier (3), qui désirait vivement y voir construire une chapelle, donna, en 1671 (4), la quatrième partie des biens qui lui étaient échus à Dieppe par le décès de ses père et mère et de son frère, pour être employée à cette construction et prier pour lui.
" M.Guyotte, prêtre du Séminaire, envoyé à la Chine en 1675' fit bâtir la chapelle l'hiver suivant, de concert avec René Cuiilerier, premier marguillier du lieu, agissant au nom de la Fabrique. Enfin cette chapelle construite en bois par Pierre Gaudin dit Châtelet (5), se trouvant achevée au commencement de l'année suivante, elle fut bénie par M. Guyotte, le Jeudi Saint 1675, (6) et à la demande des paroissiens, dédiée à Dieu sous le vocable des Saints Anges, ce que l'évèque avait permis verbalement en attendant qu'il donnât des lettres-patentes de cette érection."
C'est cette chapelle en bois qui servit d'église paroissiale de
1) Alain, Ailet, Alaix, propriétaire du bas de la côte.
(2) Jean Fournier dit Chevalier, propriétaire d'une terre au bas de la côte de la Lacbine, près du fort Rémy.
(3) Le même que Fournier.
(4) Le 18 octobre 1671 .
( .3) Alias Pierre Gaudin dit Chatillon, propriétaire du bas de la côte. (6) Il doit y avoir ici une erreur de date. C'est 1676 et non 1675.
L676 à 1701. époque où l'on bâtit la "grande église en pierre, dit le registre, que nous avons vue et qui n'a été démolie qu'en L869. La nouvelle église que nous voyons sur la terre «les Boyer fut consacrée le 2 décembre 1865. Les Pères Oblàts occupent lesite de l'ancienne église, l'ayanl acheté «le la fabrique en 1866. Nous devons à l'obligeance de notre digne curé L) la photographie qui en a alors été prise.
En juin 1876, Monseigneur dé Laval, faisant la visite, érigea la paroisse de Lachine, sans nommer «le curé, y laissant Messire Guyotte, pour la desservir. En L678, Messirë Jean Frémont lui succéda II fut remplacé le 10 novembre 1680, par Messire Pierre Rémy, à titre de curé. Le premier registre date de L676.