‹ Le vieux Lachine [microforme]Chapitre 10 sur 61 · UN COMBAT AU BOUT DE L'ILE · texte numérisé non relu

UN COMBAT AU BOUT DE L'ILE

L'année 1661 fut plus malheureuse que les précédentes. Il se passa à peine une journée que les Irojuois ne fissent quelques victimes. M. de Maisonneuve s’'alarma tellement, qu'il forma une compagnie de volontaires sous le nom de “Soldats de la Sainte-Famille de Jésus, Marie et Joseph.” Il serait trop long de signaler tout ce que nos ancêtres ont eu à souffrir de ces barbares. Qu'il nous soit permis d'arriver de suite à l'époque qui nous occupe. En 1687, l’on voit par les registres de Sainte-Anne, sortis de la poussière avec ceux de toute la Nouvelle-France par l'infatigable Mgr Tanguay, que nous sommes tous heureux de voir ici ce soir encore

() Le contrat de mariage de Jean-Baptiste Cuillerier passé devant Michel Le Pailleur, le 2 février 1718, dit qu’il est fils de feu ‘l'honorable homme, René Cuillerier.”

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vigoureux, malgré ses 71 ans, qu’un combat eut lieu à la baie d'Urté, Cette baie était située un mille plus bas que le site de l’église actuelle de Sainte-Anne, près de la terre occupée à présent par Antoine Caron, no. 313 du cadastre de Sainte-Anne, où, pour citer les expressions du terrier de l’île de Montréal était “ la première chapelle de Sainte-Anne, habitée et desservie par “M. l'abbé D'Urfé,qui y a donné son nom.”(1) Cette mention est faite à deux pages différentes, sous les numéros 111 et 112 du terrier. Ainsi que le constate le registre du 30 septembre 1687 de la paroisse de Saint-Louis, signé D’Urfé, “curé de la paroisse de Saint-Louis,” premier nom de Sainte-Anne du bout de l’île, (1) dix français y furent massacrés. Leurs noms ont été publiés pour la première fois par Mgr Tanguay dans les annales de la Société Royale du Canada, vol. 3, page 139 : ils sont :—

Pierre Camus dit La Feuillade, soldat, âgé de 21 ans.

Claude de LaMothe dit le Marquis des Jourdis, âgé de 40 ans.

J. Bte LeSueur dit La Haye, soldat, âgé de 21 ans.

Louis Jets, meunier de M. Jean Le Ber, âgé de 24 ans.

Jean Vincent, laboureur, âgé de 45 ans.

Jean DeLaLonde dit Lespérance, habitant du eotrau Saint- Pierre, marguillier en 1685, âgé de 47 ans.

Pierre Bonneau dit Lajeuness:, caporal, âxé de 38 ans.

Pierre Perthuis, serviteur, âgé de 24 ans.

Henri Fromageau, habitant, âgé de 25 ans.

Pierre Petiteau, âgé de 20 ans.

Ils furent tous enterrés “proche le lieu destiné pour Île cimetière, auprès de l’église paroissiale.” M. DeLaLonde fut le seul inhumé “dans l'enceinte de l'église paroissiale de Saint- Louis du Bout de l'Ile de Montréal,” et le registre dit que Jean Vincent fut enterré à la pointe Saint-Louis, aujourd'hui pointe à Caron, lieu ordinaire des sépultures du temps. En 1866, or trouva par accident les ossements de ces victimes, avec

@) D'Urfé appartenait à une des meilleures familles de France. Il était fils du marquis D'Urfé.

() Ce registre se trouve, on ne sait trop pourquoi et comment, parmi les registres de Lachine. Sainte Anne cessa d'être desservie comme mission de Lachine en 1685, — Registre de Lachine, p. 7.

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