LES HABITANTS QUI SE SONT SAUVÉS
A l’aide du livre terrier de la Seigneurie de Montréal, nous avons pu faire le tableau des propriétaires de Lachine à cette époque : plusieurs y comptent de nombreux descendants dans les familles Paré, Meloche, Quesnel, Picard et Massie.
Le livre terrier est le registre de la propriété foncière. Il a disparu avec l'abolition de la tenure seigneuriale. Il à été remplacé par le cadastre et les livres des bureaux d’enregistrement. Pour l’histoire des familles, il sera toujours une pièce importante à consulter.
Nos gouvernements ont beaucoup fait pour la conservation de nos archives ; mais il reste encore plus à faire. 11 nous faut le relevé des archives des cours royales de Québec, Trois-Rivières et Montréal et des vieilles seigneuries de la province. Il n’y a pas de temps à perdre; un incendie peut en détruire une bonne partie et le temps fera disparaître le reste. Le mode le plus expéditif et le moins coûteux serait de prier les curés de faire l'historique de leurs paroïsses et la liste des premiers habitants et de les déposer à l'évêché du diocèse, Cette histoire des paroisses trouverait bientôt un imprimeur.
Le livre-terrier nous à fourni le tableau des premiers habitants de Lachine ; et l’on sait que les lois du temps exigeaient une résidence dans l'année de la concession, à peine de déchéance. Puis à la lumière du Dictionnaire Généalogique
) Le P. Millet ne fut-il pas curé de Longueuil de 1698 à 1706? L'Histoire de Lon gueuil, pages 170, 193,
de Mgr Tanguay, (1) nous avons pu facilement constater les noms de ceux qui ont survécu au massacre. Au contraire, il existe une forte présomption, sinon la certitude, que ceux qui disparaissent avec l’année 1689, ont été enlevés et massacrés dans le pays des sauvages. Il est vrai que cette liste ne comprend pas les domestiques et les habitants qui n'étaient pas propriétaires, ou encore ceux qui n'avaient pas fait ensaisiner leurs titres ; mais ces derniers ne peuvent être très nombreux, car le missionnaire (qui était Sulpicien) et le receveur des Seigneurs suivaient de près les mutations de la propriété pour prélever des lots où des rentes. Au reste, le recensement de 1681, que nous publions plus loin, suppléera aux lacunes possibles du terrier : il constate que les domestiques n'étaient pas nombreux. Tous ces tableaux et d’autres se trouvent dans l'appendice.
Il ne paraît pas que la population établie au fort de la Présentation et en haut de ce dernier ait été visitée par les Iroquois. La tempête ne leur permit pas de traverser en haut de l'ile Dorval où le lac Saint-Louis à plusieurs milles de largeur. Ajoutons que les femmes furent plus épargnées que les hommes, et les registres établissent qu'elles ne tardèrent pas à avoir de nouveaux maris.
De toutes ces données, on peut raisonnablement estimer le nombre des sauvés à 235, au moins.
Parmi les sauvés, trois tombèrent dans les mains des Troquois, le 26 juin, 1691, après le soleil levé en allant cercler leur blé”, avec quatre soldats qui les escortaient. Leurs noms sont inscrits au registre de Lachine du 27 juin, 1691 :
Jean Gourdon dit La Chasse, marguillier en charge.
René Huguet, son beau-frère,
Jean Guignard dit Lespérance.
Jean Martin dit Latreille, soldat du fort Rolland.
Pierre Blondeau dit Lajeunesse
Jean Laviolette
Jean Joseph La Girofiée
) Le Dictionnaire Généalogique de Mgr. Tanguay est le livre de noblesse, le peerage book des Canadiens-Français, et nous avons raison d'en être plus fiers que les nobles de la Grande-Bretagne le sont du leur, parce que le Dictionnaire Généalogique enregistre les noms du plus humble comme du plus puissant de la Nouvelle
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