LE FORT DE LA PRÉSENTATION
M. Morin, dans son “ Vieux Montréal” localise ce fort à la pointe inférieure de la Grand-Anse. Un officier du fort Rolland, dans la Collection de Manuscrits, page 569, affirme qu'il y avait en 1689 un fort “au-dedans” de l'ile de la Présentation, aujourd'hui l’île Dorval. Les registres de Lachine contiennent plusieurs baptêmes et sépultures de militaires en garnison au fort de la Présentation. Il est certain que ce fort était dans le fief de la Présentation, atin d'y offrir, là comme ailleurs, un refuge au missionnaire et aux colons, avantage qu'un fort sur l’île Dorval aurait été loin de donner (2). Il fut construit aux environs de la montée de Dorval pour protéger la mission que le Séminaire venait d'y établir. M. Faillon, tome 3, p. 281, dit : “ Pendant qu'on cherchait les moyens de le former (un hôpital pour les sauvages), les prêtres «de Saint-Sulpice, donnèrent naissance à une autre œuvre relative à l'éducation des enfants sauvazes. Jusqu'alors, ils les avaient gardés à Villemarie, dans le Séminaire même. Ils
jugèrent qu'ils réussiraient peut-être mieux à les former à la
ville civile, s'ils les plaçaient à la campagne, en les éloignant de la dissipation que la ville pouvait leur offrir. Dans ce dessein, ils formèrent un établissement au-dessus de la Chine, qu'ils appelaient Gentilly,sur le bord du fleuve Saint-Laurent, où ils tirent défricher des terres et construire des bâtiments; etcomme
@) Margry, t. 1 p. p. 310 et 313.
(2) Sieur Jean-Bte Bouchard dit Dorval, propriétaire du fief de la Présentation en 1691, en face des îles Courcelles, donna son nom à ces îles et aussi à la petite rivière Bouchard. Le fief et le fort sont appelés La Présentation dans tous les documents que j'ai vus. Le nom de Gentilly dura une couple d'années à peine,
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la chapelle en futdédiée au mystère de la Présentation de Marie au temple, cette maison fut aussi appelée La Présentation. M. de Fénelon, accoutumé déjà aux mœurs des sauvages, fut chargé de cette œuvre; et pour la rendre plus utile au but qu'on se proposait, il demanda et obtint la propriété de quelques îles voisines de Gentilly (1). Ces îles, au nombre de trois, situées entre la Chine et le cap Saint-Gilles, avaient été concédées en 1668, par M. de Courcelles à M. Picoté de Bellestre, qui leur donna apparemment le nom de ce gouverneur: car elles furent depuis appelées les Zles Courcelles. Mais après les avoir reçues, M. de Bellestre n’y avait fait aucun défrichement, et comme elles pouvaient être d'un grand avantage pour faciliter l’éducation des enfants sauvages, à cause de leur voisinage de Gentilly, le Séminaire lui proposa de lui donner dans l'île de Montréal des terres en échange de ces îles : ce qu'il accepta.” M. Faillon ajoute que M. de Fénelon fit faire certains travaux, mais le 24 février 1674, continue M. Faillon, “11 déclare en même temps que tous les
travaux faits dans l’une de ces trois îles, (2) aussi bien que
ceux qui avaient été exécutés à Gentilly, venaient des deniers du Séminaire: que quant à lui, il n'avait contribué à cette œuvre qu'en attirant dans ces lieux des sauvages et en en faisant habiter par eux et par des Français cette même côte de l'île de Montréal.” Le fort de la Présentation a dû être construit par le Séminaire.
Il ne reste aucune trace de toutes ces fortifications. Comme la plupart de celles qui furent érigées ailleurs et après, elles étaient de bois. Le fort de la Montagne, 1677, dont on a conservé deux tours qui se trouvent en face du collége de Montréai, le fort Frontenac à Cataracoui, 1677, construit par La Salle, (3) celui de Senneville, 1692, dont on voit encore les
(1) Archives de lamarine, Canada, t.1, de 1656 à 1669, 9 janvier 1573 M. de Fénelon est donc le premier missionnaire de notre paroisse ; il fut succédé par M M. D'Urfé, Barthélémy, Le Fèvre, Le Bailly, Trouvé et Frémont, tous prêtres du Séminaire. Semaine Religieuse, t. 14, p. #4. Faillon, t, 3, p. 355,
(2) Probablement à la pointe inférieure de l'ile Dorval où se trouve un désert assez étendu, sur lequel les plus anciens habitants disent avoir vu la fondation d'une habitation disparue depuis si longtemps que personne n'en a mémoire. Le reste de l'ile était boisé de beaux ormes que l'on voit encore. La dernière ile, Dixie, a été dépouillée de ses arbres au commencement de ce siècle.
(3) Le premier fort de Frontenac était de bois. Margry, t, 1, p. 2992, 334, 437.
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(1) CE Il nemis, 4 3, p. 84.
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