SCENE XIII
BABIOLE, OURSÏGOFF.
OUB.SICOFF.
Eh bien, Madame , avez-vous fait vos réflexions? vous n'avez qu'un mstant pour décider du sort de votre époux , je vous le répète , soyez ma femme sur-le-champ , ou vous n'êtes plus que sa veuve.
BABIOLE
Qu'osez-vous exiger de moi, vous épouser aujourd'hui!... Le Cousin de Faust, 4
OURSICOFI.
A l'instant même.
BABIOLE
Sans me laisser le temps de me reconnaître.
OURSICOFF.
C'est ce qu'il faut.
BABIOLE
Accordez-moi quelques jours.
OURSICOFF.
Pas une minute.
BABIOLE
Mais , Seigneur, on n'a jamais pressé une femme avec si peu de me'nagemens^ donnez-moi le temps du moins de m'accoutumer à vous , d'oublier les pre'ventions... (D^une voix émue. ) Car ce n'est peut-être que de la prévention.
OURSICOFF.
Qu'entends-je?
BABIOLE, minaudant.
Je ne suis pas sans rendre justice à vos qualités... à la noblesse de vos traits... je ne dis pas même qu'un jour... un autre sentiment ! . . .
OURSICOFF , étonné. i Quel changement!... Il serait possible... je pourrais espér-er de vous fléchir.
BABIOLE
Pourquoi pas? si vous vouliez vous en donner la peine. Mais regardez-vous. . . là, franchement, comment voulez'vous plaire à une femme ? . . .
OURSICOFF,
Qu'est-ce qu'il me manque donc pour cela?
BABIOLE , hésitant.
Mais d'abord une voix plus douce.
OURSICOFF , s" approchant.
Je la prendrai.
BABIOLE
Des mani< rcs plus aimables.
OURSICOFF , se mettant à ses genoux.
J'en aurai.
BABIOLE
Des habits plus soignés.
OURSICOFF.
J'en ferai faire.
iv)
BABIOLE ^feignant de l'émotion.
Ah ! dame... alors je ne répoadrais pas.., car enfia le premier devoir d'une femme est de sauver les jours de sou mari. . . Et puisque vous m'assurez. . que le seul moyen...
OURSICOFF.
Elle s'adoucit! ô bonheur !
BABIOLE, à part.
Ah ! Nigoding ! à quoi me re'duis-tu.
OVRSICQ-E-E , tendrement.
Oui I pour vous je ferai l'impossible. (A pari. ) Elle se trouble. Lui prenant la main.) Achevez, de grâce... dites que mes soins toucheront votre coeur ! . . .
BABIOLE , plus émue.
Ah ! seigneur , vous abusez de ma faiblesse. ,
OURSICOFF.
Elle est e'mue ...
BABIOLE, à ^ar^.
Nigoding ! c'est pour toi.
OURSICOFF.
Son regard est plus tendre ! . . .
BABIOLE 5 à part.
Cher Nigoding , c'est encore pour toi î
OURSICOFF.
Sa main presse la mienne. Ah ! souffrez qu^un baiser . . .
( // baise sa main à plusieurs reprises. )
BABIOLE
Ah î Nigoding , c'est toujours pour toi!
OURSICOFF.
Dieu ! qu'elle ivresse !
BABIOLE, retirant s a main,
Aye, vous me piquez. Là , qu'est-ce que je vous disais , est-il possible de faire la cour à une femme :et de se ne'gliger ainsi.