‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 163 sur 367 · NOÉMI, ALBERT · texte numérisé non relu

NOÉMI, ALBERT

NOÉMi , revenant du jardin.

Cette promenade m'a fait du bien.

ALBERT à part.

La voilà !

NOÉMI

Vous ici, monsieur Albert?. . . Mon père est encore absent. ( A part. ) J'attends Michel et sa femme. . . S'ils venaient pendant qu'il est là. . .

su al» -i ALBERT.

Pardon , l^ad'emoiselle, si mon impatience a devancé l'heure de son arrivée. Vous savez qu'en partant, il s'est proposé de prendre à Bayonne des informations sur ma famille, elles ne peuvent être que favorables à mesyues; et dans ce cas, il a promis qu'à son retour il prononcerait mon arrêt. C'est aujourd'hui que nous l'attendons, et je voudrais. . . .

NOÉMI

C'est donc bien sérieusement que vous songez au mariage ?

. ; h ;f:; Albert.

Me feriez-vous l'injure de croire que je ne suis pas digne d'en connaître les douceurs ?

NOÉMI

Non , je vous rends plus de justice. J'estime votre franchise, votre loyauté; je vous crois sensible , généreux. Quelques réflexions piquantes , qui vous sont échappées.,

ont dû me faire croire qu'un lien aussi solennel était peutêtre de nature à vous causer de l'effroi.

ALBERT

C'est sans doute à celte fausse opinion que je dois la froideur avec laquelle vous me traitez. Il est vrai, l'exemple d'un monde frivole m'a long-temps éloigné d'un attachement sérieux; mais si les femmes, qui se sont offertes d'abord à mes regards, vous avaient ressemblé; si elles m'eussent présenté ce mélange heureux de grâce et de 'naïveté , cette vertu sans orgueil , cette beauté sans coquetterie, cette inépuisable bonté, qui subjugue, qui entraîne tous les cœurs. ...

NÔÉMi.

Monsieur Albert, je ne mérite pas ces éloges; mais enfin puîqué vous me voyez avec indulgence, puisque vous persistez dans votre projet d'uttion , je vous dois un aveu qui me me coûtera beaucoup. Le retour de mon père , l'impatience que vous me témoignez , l'estime que voug méritez, tout me fait un devoir de ne pas différer davantage.

ALBERT , à part.

Elle hésite. . . Elle rougit.

NOÉMi , d part.

Comment détruire ses espérances ?

ALBERT

Parlez, chère Noémi ; si vous daignez enfin prononcer ce mot que j'attends , je suis le plus heureux des hommes.

Ce que je vais vous dire est pour vous seul , entendez* vous ? pour vous seul ! Mon père doit l'ignorer.

ALBERT ) d part.

Que vais*je donc apprendre? ( Haut. ) J« tous promets. . . Parlez.

KOËMI.

Je vous crois trop généreux pour abuser d'un secret confié à votre honneur... .

ALBERT , â part.

Me serais-je trompé ?

ESTELLE , en dehors,

Noémi ! . . .

NOÉMI

On vient, c'est Estelle.

ALBERT

Quel contretemps !

NOÉMI

Silence! Monsiem* Albert, je vous parlerai.... vous saurez tout.

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