SCÈNE XIIIo
LES PRÉCÉDONS , MICHEL, en toilette et le bouquet à la main; il sort de V appartement à droite,
MICHEL , d'un air composé *.
Permettez, monsieur, que je joigne mes félicitations..
M' DE BRUCHSAL.
Te voilà. . . c'est bien heureux L . .
MICHEL, cherchant à retenir ses larmes.
Oui, monsieur. . . oui. . . je suis peut-être en retard . ça n'est pas de ma faute. . . {Sanglotant,) Ah ! monsieur. . . ah, notre maître ! qui m'aurait dit cela de vous !
M' DE BRUCHSAL.
Hein I . . . qu'est-ce que c'est
MICHEL
Pardon. . . j'ai tort de vous en parler.. . car, enfin, la sottise est faite. . . et puisque c'est fini. . . je souhaite que votre femme vous rende aussi heureux que vous le méritez.
M' DE BRUCHSAL.
Ma femme î ...
LE CHEF d'office.
Vous l'entendez ?.. .
M' DE BRUCHSAL.
Et toi aussi ! tu oses me soutenir que je suis marié
MICHEL
Hélas, monsieur, j'étais comme vous. . . je ne voulais pas le croire ! ... il a fallu que je le visse de mes propres
* Michel, M. de Bruchsal, le Chef d'oface.
3o LE VIEUX MARI,
yeux.», oui, notre maître, je vous ai vu tout-à-l'heure monter dans la voilure de la mariée. . .
DE BIAUCHSAL, hors de lûJ.
Tout-à-rheure ! . . .
MICHEL
Oui, monsieur.
M' DE BKUCHSAL.
Ecoute, Michel : si c'était un autre que toi , je t'aurais déjà fait sauter par la fenêtre... mais je ne puis croire qu'un vieux et fidèle serviteur ose se jouer à ce point. . . je ne me suis pas marié, cependant, sans m'en apercevoir... que diable, je suis bien éveillé. . . je suis dans mon bon sens. . . j'ai bien ma tête à moi. . .
MICHEL
Vous le croyez, monsieur j c'est ce qui vous trompe... je vous ai toujours dit que depuis votre dernière maladie...
M. DE BRU CHS AL, le repoussant.
Va-t'en au diable. . .