GUSTAVE, NOÉMI, ALBERT
GCSTivE , élançant vers JSoémi.
Chère Noémi !
NOÉMI , elle se contient à cause d* Albert, Monsieur Gustave. ...
ALBERT
Ne vous contraignez pas. Mademoiselle, II m'a tout •confié.
GUSTAVE
Comme à mon ami le plus cher.
NOÉMI , tombant dans les bras de Gustave. Gustave!
GUSTAVE
Je te revois , enfin ! ( Noémi veut parler , elle ne le peut ^ et se jette de nouveau dans les bras de Gustave ).
NOÉMI*
Est-ce un songe ?
•Son , ma bien aimée. Je suis près de toi, et pour ne te plus quitter.
NOÉMI
Est-il possible ? je n'ose croire encore à tant de bonheur.
GUSTAVE
Mes blessures , m'ayant mis horSHie service, j'ai demandé et obtenu pour retraite, le commandement de Mont-Louis. Ainsi tu ne seras point séparée de ta famille. Avant tout, conduis-moi près de ton père ; il me tarde de me jetter à ses pieds , et de recevoir mon pardon.
NOÉMI
Garde-toi de paraître en ce moment devant lui. Dans le désespoir où m'avait mis ta lettre, j'avais formé le dessein d^aller te joindre. Surprise par mon père , j'ai dû lui confier notre secrète union , mais sa colère est au comble.
GUSTAVE
Je l'appaiserai par l'aveu sincère de mes torts , et par l'expression de mon désir , non moins sincère , de les réparer. Pourquoi refu«erait-il son consentement ànos nœuds? Je viens l'offrir un sort honorable, un époux que tu aimes; son ressentiment ne saurait tenir contre tant de biens à la fois.
ALBERT (l).
N'importe, cette première entrevue serait pénible pour tous deux. Laissez-moi me charger de négocier la paix. Je vous dois cette réparation, Mademoiselle, pour les chagrins que je vous ai causés involontairement. Mais aussi, pourquoi ne vous être pas fiée à mon honneur, à mon amitié pour Gustave?. .. J'étais digne, croycz-le , de recevoir cette confidence que ni Pun ni l'autre vous n'avez jugé à propos de me faii^. Mais dès ce moment, Mademoiselle, je ne vous aimerai que comme une sœur.
(i) Gustave , Albert , Noémi.
NOÉMl.
Oh I oui, donnez-moi toujours ce nom.
ALBERT
Il me rappellera rengagement sacré que je contracte aujourd'hui. Bien loin que le spectacle de votre bonheur soit un tourment pour moi, je veux le hâter. Je cours en presser l'instant, et si je puis trouver quelque adoucissement à mes regrets , je le puiserai dans la certitude d'avoir satisfait tout à la fois à Phonneur et à l'amitié.
( U sort. )