NOÉMI , GUSTAVE
GITSTAVE.
L'excellent cœur!
NOEMI.
Que ne lui devrai-je pas, s'il parvient à faire notre paix!... Mais, Gifttave, explique-moi donc le prodige qui te rend à ma tendresse. {Ils vont s'asseoir sur un banc placé vis-à-vis de l'habitation de Michel.) Hier seulement j'ai reçu cette lettre fatale qui m^enlevait toute espérance.
GUSTAVE
Hierl... je le conçois, le pauvre soldat qui te l'a remise n'a pas eu comme moi le moyen d^abréger les distances. Au surplus ce retard m'a servi au-delà de mes souhaits. Je redoutais l'impression de cette lettre , écrite dans un moment où je voyais la mort prête à frapper ton malheureux ami. Piftt au ciel que mon message ne te fût point arrivé ! je t'aurais épargné une journée d'angoisses.
0 NOÉMI
Hélas! sans mon père qui a découvert mon dessein et m'a menacé de sa colère, tu ne m'aurais plus trouvée.
J'allais m*embarquer cette nuit à Port-Vendre, sur un vaisseau chargé pour la Russie.
GUSTAVE, la serrant sur son cœur avec effroi,
Que me dis-tu ?...
TîOÉMI.
Ah ! Gustave !. . . mon ami î si j'étais partie!. . je frémis d'y penser.
GUSTAVE
Éloignons ces idées affligeantes, ma Noémi. Nous pourrons donc enfin les réaliser, c|s rêves enchanteurs dont nous avons tant de fois embelli notre avenir ! Nous voilà fixés à jamais au milieu de nos parens, de nos arnis. Quelle jouissance nous goûterons à répandre autour de nous les bienfaits d'une fortune acquise au prix de mon sang! toi surtout, dont l'âme est si compatissante, si bonne î Désormais on ne trouvera plus un seul indigent dans le pays habité par l'ange consolateur auquel j^ viens lier mon sort.
NOÉMI
Ah! Gustave! que! tableau délicieux!
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