LE BARON , LA BARONNE, BAPTISTE
LA BARONNE, à son mari.
Je vous en prie , mon ami , calmez-vous.
LE BARON
Non, madame! Un petit chef de bureau qui me refuse sa porte ! C'est déplorable!... [Brusquement à Baptiste.) Comment Baptiste , vous me laissez soiiner pendant deux heures ?
BAPTISTE , froidement.
Je n'ai pas entendu, monsieur ; je rangeais, les fenêtres ouvertes.
LE BARON
Mes lettres, mes journaux...
bA.pt ISTE , les lui donnant.
Voilà , monsieur. . .
LE BARON , oui^rant un journal.
Le Moniteur \,.. Je tremble toujours de me voir dans la |)artie officielle.
Air de Tuvenne.
Bien différent des Petites Affiches, Qui vont offrant des places à choisir , Le Moniteur, faisant la guerre aux riches , Un beau matin vient vous ravir L'emploi que vous croyez tenir.
Ces deux journaux , malgré leur différence , Dans tous les rangs comptent plus d'un lecteur : L'un est le journal de la Peur , L'autre celui de l'Espérance.
( ^ Baptiste qui lui présente une petite boîte. ) Qu'est-ce que c'est ?
BAPTISTE
Ce que monsieur a commandé au bijoutier.
LE BARON
Ah! je sais. {A la baronne.) Une croix à la Jeannette, pour le prix de vertu que j'avais fonde' là-bas.. . car , Dieu merci, j'encourageais les mœurs... moi!
LA BARONNE
Eli bien ! mon ami, il faut envoyer cettç, croix... puiscpi'elle est méritée.
LE BARON
Ma foi, non!... Si je suis remplacé, couronnera la vertu qui voudra... {A Baptis te. )^h.h'\Gn \ qu'attendez-vous?... LaisS(.'Z-nous. ( H pose la boîte sur la cheminée.)
BAPTISTE , saluant.
Oui , monsieur. (Il sort.)