SCENE XXII
BAPTISTE, MICHEL, THÉRÈSE, URSULE et plusieurs VALETS , qui la suwent.
( Tous y suivant Thérèse qui sanglotte. )
BAPTISTE et le CHOEUR.
Air : Au lever d' la mariée ( du Maçon ) /Eh î mais qu'as-tu donc , ma chère ? D'où vient l' trouble où je te voi ?
Pour que l'on se désespère Faut au moins savoir pourquoi.
Eh! mais qu'as-tu donc , ma chère?
Ne pleur' plus... et réponds-moi MICHEL, a Thérèse.
Eh ! mais qu'avez-vous , ma chère , D'où vient V trouble où je vous voi !.. . Pour que l'on se désespère Faut au moins savoir pourquoi!
Eh ! mais qu'avez-vous, ma chère ?
N' pleurez plus... répondez-moi.
THÉRÈSE, sanglottant:
Ah ! mon Dieu ! qu'allons-nous faire ? Mes pleurs m'étoufï'nt malgré moi.
Ah î ah ! si je m' désespère , Allez , j' sais bien pourquoi. Ah ! mon Dieu! qu'allons-nous faire?
Mes pleurs m'étouflf'nt malgré moi.
Si ce n'est pas une horreur ; cet intendant qui vient de jttre mon oncle le concierge à la porte I
MICHEL
A la porte î
THÉRÈ;SE.
Après vingt- cinq ans de cordon! et sans pension
encore....
MICHEL
Après vingt-cinq ans ! {A Baptiste. ) Hein î dites donc, IVJilloclieau , comptez donc sur des pensions!
THÉRÈSE
Et le plus terrible, c'est que depuis qu'il n'est plus
mettr
rien... il a repris des idées d'indépendance I... 11 dit que les places , c'est trop casuel , qu'on ne sait jamais ce qu'on tient,
MICHEL
Tu l'as vu toi-même.
THÉRÈSE
Et il ne veut plus que je vous épouse... ^
A cause de mon emploi ?
THÉRÈSE
Sans doute î
MICHEL
Dieux! c'est le ciel qui m'a inspire!.... Touche-là î ... . Je ne suis plus rien.
THÉRÈSE
Est-il possible !...
MICHEL
Mais ce n'est pas comme ton oncle ; on ne m'a pas destitué, moi; j'ai donné ma déminution...
THÉRÈSE, sautant.
Oh î quel bonheur î. . . . mon cher Michel !
BAPTISTE , haussant les épaules
Les voilà qui se réjouissent d'être dans la misère... MICHEL , g aiment.
La misère laissez donc, il n'y en a que pour les
paresseux ; viens , ma petite Thérèse , commençons par
aller dîner c'est le plus pressé!... Ton Oncle vivra
avec nous; au lieu de travailler pour deux, eh bien, je travaillerai pour trois, peut-être pour quatre. {A Thérèse,
qui baisse les yeux. ) Il ne faut pas rougir , Thérèse
c'est possible !.... Je serai chez moi je mangerai à ma
table. . . .
Ce sera du propre.
MICHEL
Avec une petite nappe.
THÉRÈSE
Bien blanche.
MICIIEL.
Et quand mes anciens camarades (// leur tend la main)? les habits galonnés.,, viendront me voir , et que je leur offrirai un verre de vin nous serons siirs de ne pas
être d(frangés par le coup de sonnette. ( On entend la sonnette. ) Et tenez quand on parle du loup. . . allez , messieurs , ça ne me regarde plus.
Air : On m'appelle pour faire unepoule (de Jean).
MICHEL
/ C'est la sonnette qui vous réveille A ce bruit soudain , messieurs, il vous faut obéir j
Moi, je puis faire la sourde oreille Dieu merci , maint'nant je n'ai plus personne à servir.
THÉRÈSE
C'est la sonnette qui vous réveille , ENSEMBLE / A Ce bruit soudain, mssieurs,, il vous faut obéir 5 \ Nous pouvons faire la sourde oreille Nous n'avons plus qu'nous, grâce au ciel, maint'nant.