‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 240 sur 367 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les MEMES, LE MARQUIS, un valet, qui sort après ai^oir pris le chapeau et l'épée de M. de S aint-V^allier .

ANTOINE a^ec respect.

C'est monsieur.

le marquis , apercevant Leblanc.

C'est vous, mon cher Leblanc?

LEBLANC

Oui, monsieur le marquis.

LE MABQUIS.

Qu'avez-vous donc? vous semblez tout ému.

LEBLANC

Nous disputions un peu. . .

LE MARQUIS

Ah î VOUS parliez politique î

LEBLANC

On ne parle guère d'autre chose aujourd'hui.

ANTOINE , encore ému.

Je ne devrais jamais toucher cette corde-ià , avec M. Leblanc; je me fais monter le sang à la tête.... je me fais du mal... en pure perte.

LE BLANC

Que voulez-vous? je crois être dans la bonne route.

ANTOINE

Il y a donc deux bonnes routes, car je ne me crois certainement pas dans la mauvaise!...

LE MARQUIS , lui imposant silence.

Allons, allons, Antoine!... plût au ciel que tous ceux qui ne sont pas de notre avis , eussent des intentions aussi pures que ce brave homme!... {A Leblanc.) Mais je suppose, mon cher Leblanc, que ce n'est pas pour soutenir une thèse politique que vous êtes venu?

LEBLANC, avec un peu d'embarras.

Le désir de vous voir, monsieur le marquis et je ne

sais quelle inquiétude.,.,

ANTOINE

Gomment ?

LE MARQUIS

Expliquez-vous ?

LEBLANC , a<>>ec abandon.

Tenez, M. le marquis,... je vous suis dévoué... Votre fils, M. Léon , est le parrain de mon petit François. . . . quand nous sommes grêlés , au lieu de nous demander de l'argent, vous en avez toujours à mon service... Eh bien! je suis effrayé de tout ce que j'entends!... Croyezmoi , ne restez pas à Paris.

LE MARQUIS

Que dites-vous?

LEBLANC

Venez habiter votre terre de Saint-V allier.

Ain : Amis, voicila riante setnaine.

T(Micz, ici , j'ontcuds gronder l'oraj^i^, (^)ui va hinntôl Irappcr sur tous les rangs. V<MU'z clioz nous, venez dans no(' village , Vous n'y irouv're/. (|u' «les eieuivs reeouuaissau».

Si les bienfaits qu'vous avez su répandre, Comme nos blés produisent à foison 5 Soyez tranquiir, vous devez vous attendre A fair' chez nous une belle moisson, {his)

LE MARQUIS, ému.

Mon cher Leblanc, je suis touché... Je ne crois pas les dangers assez grands... Mais quels qu'ils soient... et quoi qu'il arrive... ma place est près du trône, je ne la quitterai pas I

LEBLANC , le regardant af^ec douleur.

C'est votre dernier mot , monsieur le marquis ?. . .

LE MABQUIS.

Absolument I

LEBLANC , soupirant.

Vous pouvez avoir raison... Mais, en tout cas , je retourne au pays.... si vous aviez besoin de moi dites un

mot. . . . faites un signe I . . . et j 'accours aussitôt !

LE MARQUIS , lui serrant la main.

Je connais votre cœur! je vous remercie Leblanc.

LEBLANC

Voilà tout ce que je voulais... Mon voyage est fini... je pars plus tranquille... Je vais passer chez votre intendant pour lui compter l'année échue... Adieu, monsieur le marquis.

LE MARQUIS

Adieu , Leblanc.

LEBLANC , en sortant.

Sans rancune monsieur Antoine.

ANTOINE , à lui-même et grognant.

Oh ! oh ! je n'ai pas de rancune î. . .

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