SCÈNE IX
LE VICOMTE, LÉON
LE VICOMTE
Que voulez-vous , petit lutin ?
LÉON , hésitant, Yous consulter sur une grande affaire... \ous ne ieiwj pas au souper , n'est-ce pas? ni moi non plus !
LE VICOMTE
Diable!... c'est sérieux, à ce qu'il paraît...
LEON
Très-sérieux I... Dites-moi , vicomte , si l'on contrariait
VOS penchaiis , que vous eussiez dix-sept ans el une mauvaise tcte... qu'est-ce que vous feriez?
LE yicOMTE, grattement .
Je n*ai plus dix-sept ans... mais j'ai toujours une mauvaise tete... Je résisterais.
LÉON
C'est mon intention... {A mi-vow.) Yous savez qu'on veut que je sois chevalier de Maithe.
LE VICOMTE
C'est tout simple î
Air : Da?is un castel, dame de haut lignage. Oui , votre frère a besoin de richesse... Dans son état songez qu'il doit briller... Il a d'ailleurs des frais de toute espèce , Et des soldats qu'il lui faut habiller. Sans calculer les dépenses secrètes, Il faut qu'il ait, puisqu'il porte un grand nom , Chevaux , laquais, et maîtresses, et dettes, Pour soutenir l'honneur de sa maison.
Il faut qu'il ait des maîtresses, des dettes. Pour soutenir l'honneur de sa maison.
LÉON
A la bonne heure I. . . mais moi , je ne veux pas être chevalier de Malte.
LE VICOMTE
Pourquoi ?
LÉON , en confidence .
Parce que je suis amoureux.
LE VICOMTE
Eh bien !... qu'est-ce que ça fait?... est-il enfant!... Si c'était pour vous marier... je ne dis pas... ce serait fort mal... parce que la morale avant tout... Mais il n'est pas défendu de s'amuser. . . ça n'empêche pas l'avancement. . . et puisque c'est un début... je veux vous pousser, moi.
LÉON
Ah I que vous êtes bon I