‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 244 sur 367 · LE CAPITAINE · texte numérisé non relu

LE CAPITAINE

J'ai cru que nous ne pourrions pas arriver. . . Une foule. . . il paraît qu'il y a du bruit au Palais-Royal.

LE MARQUIS

Encore !

LE LAQUAIS , annonçant.

M. le vicomte de Chailly.

TOUS

Ah ! enfin...

LE VICOMTE

Yous m'attendiez , belles dames ? Je suis outré. . , Pour la première fois... j'ai mis près d'une heure à venir de Yersailles. (// baise la main de la marquise. ) {Au marquis.) Bonsoir , philosophe I... {Au président. ) La main , magistrat... comment gouvernons-nous notre parlement?

LE PRÉSIDENT

Mais...

LE VICOMTE , tournant sur le talon et regardant Léon. Eh bien! espiègle... nous ne sommes pas encore retournés au collège , à minuit ?

LÉON , bas.

Ne parlez donc pas de ça... Je vous dirai...

LE VICOMTE , à Clémentine.

Et notre charmante cousine? {S 'interrompant.) A

propos , mesdames , vous savez la nouvelle ?

TOUTES

Quoi donc?

LE MARQUIS

Une nouvelle politique ?

TOUTES

Une mode ?

LE VICOMTE

Du tout... C'est très-sérieux... on ne parle que de cela à Versailles... comment, ils ont fait fermer l'Opéra, hier!

LE PRÉSIDENT

Oui, vraiment...

LA MARQUISE

Jugez , si j'étais furieuse. . . c'était mon jour 1

LE V]COMTE

Ça commence à devenir inquiétant. . . Si cela continue. , . il li'y aura plus moyen d'avoir de loges à l'année.

LE MARQUIS , ai'ec humeur.

Eh ! mon cher, il est bien question de spectacles î

LE VICOMTE

Comment donc, marquis... l'Opéra, c'est la cheville, ouvrière. J

Air : P^aude^'ille de Partie et Revanche. I

C'est à l'Opéra que l'on traite

Et de la guerre et de la paix. . .

Car la politique secrète

Se glisse aussi dans nos ballets !

Des Grâces la troupe folâtre t)es souverains nous gagne tous les cœurs j Et l'on dirait que c'est pour ce théâtre,

Qu'ils nomment des ambassadeurs.

LA MARQUISE

Certainement, ça mérite attention... (v/ la comtesse.) Où prenez-vous donc vos falbalas, mon cœur?

LE VICOMTE, aiix hommes.

Voyez-vous... l'('quilibre politique.

(Les femmes causent ontr'elles ■ les liommes se f<>rnicn( en groupe et parlent n voix l>assc eu ayant l'air de consulter les journaux qui sont sur la cheminée. Léon s'npprorhe de (>lémenJine. )

s» ï7 LÉON , à haute i'oix.

Et vous... ma cousine... quel est votre avis?

CLÉMENTINE

Ohî je n'y comprends rien...

LÉON, has.

Je suis au désespoir...

CLÉMENTINE , dc mcmc.

Moi aussi...

LÉON , de même.

Je retourne au collège !

CLÉMENTINE

je ne vais plus au couvent.

LÉON

Est-il possible I

CLÉMENTINE

On me marie.

LÉON

O ciel ! et à qui donc?

CLÉMENTINE

Je l'ignore.

LÉON , furieux et élevant la i^oix.

Quelle tyrannie !... Je ne souffrirai pas...

(Il s'aperçoit que sa mère le regarde.) CLÉMENTINE.

Chut!

LA MATIQUISE , à Léoil.

Qu'est-ce donc ?

LE. VICOMTE, parlant aux hommes.

Il n'y a qu'un moyen... nous formons un camp de cinquante mille hommes...

LA MARQUISE , parlant aux dames.

Avec trois rangs de garnitures , n'est-ce pas ? LE VICOMTE , de son côté.

iNous cernons Pans:...

LA MARQUISE, toujours aux dames.

Et des bouquets de roses en bas... Il faudra que j'essaie...

UN LAQUAIS , la sert^iette sous le bras. Madame la marquise est servie !...

( Les dames se lèvent. )

LA MARQUISE , aux hommes.

Allons, messieurs... assez de politique...

LE VICOMTE

C'est juste!...

LA MARQUISE , has au vicomte.

Après souper, nous nous occuperons de notre grande affaire...

LE VICOMTE , bas.

Quoi donc?... ah! oui... mon mariage... Je savais bien que j'étais venu pour quelque chose.

LA MARQUISE , donnant la main au président. Est-ce que nous n'aurons pas la présidente?

LE PRÉSIDENT

Elle est à Senlis, pour sa santé.

y icomTB , malignement.

Oui , l'air y est excellent. . . {Bas à la marquise. ) Et puis son cousin l'officier y est en garnison. LA MARQUISE , souriant et lui donnant un coup d'éi'entail. Taisez-vous , iiadigne !

CHOEUR

Air : JValse de Robin des Bois.

Que la gaîté soit de la fête , Ne la laissons pas s'échapper. . .

Au dîner règne l'étiquette , Mais le plaisir vient au souper. (La ritournelle continue; tout le monde sort. Chaque homme donne la main à une dame , et le vicomte prend celle de Clémentine.)

LÉON , bas au vicomte.) en l'arrêtant.

Deux mots , vicomte , je vous en prie.

(Clémentine quitte la main du vicomte et sort. )

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