‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 260 sur 367 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ANTOllNE, IjEOIS , en uniforme de hri^adirr de liussnrds ^

HKUTUAJND , SUT !(' fjos dc lu pvrfc.

Eli! rlis iloiK , raniajadc. . rtlojii sabre?...

s» 35 ^ LÉON , sans voir Antoine.

Le voici... (// le lui donne. Bertrand sort. ) C'est bon !... c'est bon!... fermez vos portes... Je ne serai pas toujours sous clef!

ANTOINE , regardant de coté.

Un soldat!

LÉON , frappant du pied.

Mille bombes ! enfermer les défenseurs de la patrie ! . . •

ANTOINE , écoutant.

Eh! mais... je ne me trompe pas... cette voix...

LÉON

Patience !... çane peut pas durer long-temps !... Si Tarmée se fâche une bonne fois...

ANTOINE , s'approchant.

C'est bien lui... Monsieur Léon !...

LÉON

Que vois-je?... Antoine!... c'est toi, mon vieil ami...

(Il lui saute au cou.)

ANTOINE

Pas de bruit...

Et que fais-tu en prison?... sous ce costume? qu'est-ce que cela signifie ?

ANTOINE

Je n'y suis pas pour mon compte. . . Je vous expliquerai cela... Mais vous... je vous croyais encore en Bcigique?

LÉON

Bah!... est-ce que nous restons en place !... Depuis que mon escapade a mis contre moi presque toute ma famille, et que je me suis engagé , j'ai vu du pays... et j'en ai fait voir aux autres.

ANTOINE

Vous arrivez de l'armée ?. . .

LÉON

Des Pyrénées-Orientales.

ANTOINE

Vous avez été si loi n que ça ?

LÉON

Oh ! nous irons bien plus loin encore î

ANTOINE , ai^ec admiration.

Et vous vous êtes battu?...

LÉON

Comme un diable !

ANTOINE, émeiveillé.

Yous-même ?. . . un enfant que j 'ai vu naître I . . . LÉON , a^fec enthousiasme.

Ah! maintenant... il n'y a plus d'enfans!... Si tu voyais nos soldats de quinze ans !. . . il n'y a pas de vieilles moustaches qui tiennent devant eux... Aussi quels succès!... que de victoires immortelles î... Ah ! ça... tu ne me parles pas de mon père , de ma mère î. . . Comment se portentils?

ANTOINE , à part.

Ah ! mon Dieu î comment lui cacher. . .

LÉON

Sont-ils toujours à Saint- Yallier ?

ANTOINE , embarrassé.

Madame la marquise fait un petit voyage, et... {Voulant détourner la conversation.') A propos... pourquoi vous trouvez-vous donc en prison ?

LÉON , haussant les épaules.

Est-ce qu'ils le savent eux-mêmes!... Je suis venu avec le brave Desaix , apporter la nouvelle d'une victoire du général Marceau... En déjeûnant dans un café... je me suis permis quelques plaisanteries sur le représentant du peuple qu'on nous a envoyé là-bas... Dix minutes après , j'étais en route pour la Conciergerie... Mais , tu ne m'as " pas dit ?. . .

ANTOINE , l'interrompant.

Et mademoiselle Clémentine?

LÉON

Elle est chez une bonne parente... Tu sais que nous sommes mariés... Pauvre petite femme !... J'irai la rejoindre à la paix.

ANTOINE

Diable I elle a le temps d'attendre î

Je la prcisenlerai à mon père!...

ANTOINE

U fie voudra pas vous iec(!voir... Vous savez. .

Du tout... Il m'a pardonné... ( Tirant une lettre de sa ceinture. ) Vois plutôt cette lettre qu'il m'a écrite... il y a neuf mois.

ANTOINE , prenant la lettre et s' apprêtant à lire. Neuf mois !

(Il soupire.)

LÉON, l'obsen^ant.

Mais qu'est-ce que tu as donc? Cet air de mystère , d'embarras... Réponds- moi... Antoine... où est mon père?

BERTRAND , en dehors.

Jacques. {Musique. )

ANTOINE, serrant uitc la lettre et retournant à ses crochets . Le concierge î. . . éloignez-vous. . . j'irai vous rejoindre. . .

LÉON, près de lui.

Non ! je ne te quitte pas que tu ne m'aies dit où est mon père... Ton silence me fait trembler... et...

ANTOINE , le faisant passer de côté.

Eh bien !... ayez l'air de m'aider.

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