‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 263 sur 367 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LE MARQUIS, ANTOINE, LÉON, entrant par la porte à gauche.

ANTOINE , bas à Léon.

Prenez garde... on nous suivait... (// regarde de coté. ) Il est passé... (// s'approche du pocle cl jette brusquement son bois. ) Pardon , excuse... Je te dérange peut-être?... LE MAKQUis , sans tourner la tcte.

Non , mon ami.

LÉON , à /fnloinc.

C'est lui î

( Il veut s'élancer xcra son père. )

ANTOINE , le retenant.

Attendez !...

( Ils s'approchent doucement, et écoutent.) LE MARQUIS, à lui-memc.

J'ai fait le sacrifice de ma vie... mais partir!... sans revoir ma famille î. . . sans avoir embrassé mon pauvre Léon ! LÉON y à voix has.se.

Il a prononce mon nom !

LE MARQUIS , dc même.

Il ne saura pas que mes dernières pensées étaient pour lui... il ne sera pas là... pour recevoir ma bénédiction !... LÉON , se jetant aux pieds du marquis , et lui baisant les mains.

Mon père ! il est près de vous.

LE MARQUIS , se lemnt.

Que vois-je?... Léon I ( Il l'embrasse à plusieurs reprises. ) Cher enfant! je ne suis donc plus seul!... séparé de tous les miens... J'ai revu mon fils î

ANTOINE , derrière lui et à mi-voix.

Plus bas, M. le marquis ! . . .

LE MARQUIS, très-étonnc.

Antoine aussi !. . . est-ce un rêve ?. . .

ANTOINE , auec âme et lui baisant les mains. Non, non... mon cher maître... C'est votre vieil Antoine!.... Depuis huit mois, je cherche vainement les moyens d'arriver jusqu'à vous.

LE MARQUIS , les serrant tous deux dans ses bras. Ah ! voilà qui console de tout !. . . {A Léon.) Cher enfant ! j'espérais te revoir... Ce billet que j'ai reçu... Mais il faut que je te gronde... Comment as-tu fait pour m'envoyer tant d'argent?.,, un soldat!

LÉON , étonné.

Que voulez-vous dire?

ANTOINE , à part.

Ah ! mon Dieu I . . . de quoi va-t-il parler ! . . .

LE MARQUIS

Tout-à-l'lieure encore... je viens de recevoir...

LÉON

Ce n'est pas moi. . . je vous le jure. . . Depuis un an , nous ne sommes pas payés... et sans vos secours généreux...

LE MARQUIS

Mes secours !. . . Je ne pouvais disposer de rien. . .

TOUS DEUX

O ciel!... qui donc?

( Ils regardent Antoine en même tems.)

ANTOINE , voulant retourne?' à son bois. Oh ! là , là ! {Haut, ) J'vas toujours ranger mon bois !.. LÉON , Varrùant.

Un moment !

ANTOINE

Prenez donc garde !.. . vous allez déchirer ma carmagnole.. *

LE MARQUIS

Il se trouble î

LÉON

C'est lui , mon père !

LE MARQUIS, lui prenant la main.

Antoine î

ANTOINE , ému , et les regardant timidement. Eh bien !... vous aurais-je offensé? si mes petites éco nomies. . .

TOUS DEUX , l'embrassant.

Mon ami!..

Antoine.

Ne m'slvez-vous donc pas nourri pendant trente ans?., ne dois-je pas tout à vos bontés ?... {Essuyant une larme. Laissons cela ; nous ne sommes pas ici pour nous atten drir. . . mais pour vous sauver.

LE MARQUIS

Me sauver !

ANTOINE , vii^ement et à mi-voix.

Oui ; j'ai tout prévu... mes mesures sont prisés... et de main soir...

LE MARQUIS, lui prenant la main.

Demain !... il ne sera plus tems !...

TOUS DEUX

Comment ?

LE MARQUIS , ai^cc calme.

Je parais aujourd'Jmi devant mes juges!...

(ils frémissent!)

LÉON , au ère.

\iijour(l liin...

Cahiie-toi , chtM eidaul !

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