‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 271 sur 367 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

HENRIETTE, venant du jardin, MADELEINE, sortant du paç'illon.

HENRIETTE

IVladeleine ! Madeleine I

MADELEINE

C'est VOUS, mamzelle Henriette... comment déjà levée!,,. Est-ce que vous allez aussi aux élections?... vot' papa , M. Leblanc , vient de partir.

HENRIETTE

Olil ce n'est pas cela qui m'occupe... mais ce que tu m'as conté hier.:, j'ai rêvé toute la nuit de prison, de tribunal... de cette pauvre faîiiille de Saint- Vallier... Ah! que nous sommes heureux de n'avoir pas vu tout cela!... E t comment se porte ton oncle , ce bon Antoine ?

MADELEINE

Pas trop mal, mamzelle... dam', à son âge , à quatrevingt-dix ans... c'est encore étonnant qu'il soit aussi bien conservé.

HENRIETTE

Et sa tcte?

MADELEINE

Bien doucement... imaginez-vous que, même à présent, il n'y a pas d'jour qu'il n'veuille partir pour aller ^'joindre ses maîtres.

HENRIETTE

Pauvre homme !... il avait donc perdu tout - à - lait la raison ?

MADELEINE

Oh! tout-à-fait... La mort du marquis... celle de son pauvre petit Léon... c'a été le dernier coup pour lui... d'puis c'moinent-là... plus de mémoire... plus d'idées !

HENRIETTE

Il a dû être bien heureux cependant, quand mon père l'a nommé concierge de sa manufacture... de se retrouver chez le fils de ce bon Pierre Leblanc... l'ancien fermier de ses maîtres?... de revoir ce château qui leur appartenait. . .

MADELEINE

Oh! oui... il le regarde souvent avec un plaisir... puis tout-à-coup ^ c'est drôle, il a l'air de chercher quelque chose...

HENRIETTE

Ah ! sans doute.. . ceux qu'il aimait. . . (Soupirant.) Quand on aime quelqu'un... et qu'on en est séparé...

MADELEINE

Dieu!... quel soupir, mamzell'! gageons qu'vous pensez encore àc' jeun' homme d' Paris... cet élève d' l'Ecole polytechnique , que vous rencontriez les dimanches aux Tuileries... qui vous regardait toujours et qui n' vous parlait jamais...

HENRIETTE

C'est vrai, ma pauvre Madeleine!... à présent que mon père a fait une brillante fortuné, il veut me mariera un riche fabricant, qu'il attend ces jours-ci...

MADELEINE

Eh! bien, que n' parlez-vous d' votr' jeune homme à vot' parrain , le vieux vicomte de Chailly ?. . .

Mon parrain?... il est ici?

MADELEINE

Pardin!... il est v'nu pour voter... il a du crédit sur vot' père, quoiqu'ils s' chamaillent toujours!... t'nez, t'nez... les entendez-vous crier! ils reviennent des élections... tâchez d' mettre votr' parrain clans vos intérêts.., j' vas voir si mon oncle est réveillé.

(Elle entre dans le pavillon.)

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