SCENE V
Les Précédens , LIONEL , tenant une lettre à la main'^, LIONEL , à pari.
Ce pauvre Arthur doit être d'une impatience... ( Voyant Arthur qui cause avec Bathilde.) Eh ! mais il me semble qu'il a trouvé moyen de s'occuper. {lUui frappe légèrement sur l'épaule.)
ARTHUR , se retournant et l'apercevant.
Ah ! vous voilà, mon ami... une aventure délicieuse... une femme charmante.
LIONEL, bas, lui remettant une lettre.
La barque est prête à partir à l'instant.
ARTHUR
Vous restez, vous êtes bien heureux. . . je vous laisse ici pour me remplacer.
* Zambaro, Bathilde, Arthur, Lionel.
BATHILDE
Monsieur s'étoigne ?
ARTHUR
Oui, madame.
BA.THILDE, bas à Zatnbaro.
Et avec une lettre.
ZAMBARO.
C'est vrai. . . je ne l'avais pas vue.
LIONEL , regardant Batbiide , et passant auprès d'elle Eh ! mais , si je ne me trompe . . . ces traits si distingués ne me sont pas inconnus. . . et j'ai déjà eu, je crois, le plaisir de voir madame.
ARTHUR
Gomment !
LIONEL
Oui. . . oui.
ZAMBARO , à part.
Ah , mon Dieu ! . . . mauvaise rencontre !
BATHILDE
Je ne le pense pas, monsieur ; du moins j'ignore en quelle occasion.
LIONEL
Une occasion fort indifférente pour vous... Je marchais, il y a quelques jours , dans une rue de Boston ... et, fort préoccupé, je n'apercevais pas un char rapide qui s'avançait vers moi . . . lorsqu'un cri de femme m'avertit du danger qui me menaçait... Je levai les yeux, pour remercier cette voix protectrice . . .
ARTHUR
Quoi ! c'était cette belle inconnue , dont vous nous avez parlé toute une soirée ! Moi , qui me croyais le premier en date. . . moi, qui avais déjà des idées. . . sérieuses.
BATHILDE, souriant.
Vous êtes bien bon.
LIONEL
Quelle folie. . . y pensez-vous?
ARTHUR
Ah ! mon ami, c'est bien différent. . . c'est un^Françaisc; et, dans ce moment, nous avons des raisons pour aimer tout ce qui vient de la France.
* Zamharo , ]iathiidc, Lionel , Arthur.
DRAME HISTORIQUE. 33 LIONEL, bas.
Imprudent ! . . .
ARTHUR , de même.
Eh .'mais, sans doute... nos modes, nos parures... tout ce qui est bien nous vient de Paris. . . On nous croit colonie anglaise. . . erreur ! . • . colonie parisienne , et pas autre chose ... du moins s'il ne tenait qu'à nous.
LIONEL
Encore . . . morbleu !
ARTHUR, à voix basse.
C'est vrai. . . c'est plus difficile que je ne croyais
Pardon, mon colonel je pars; vous serez content de
moi. ( ^ ^û(77^<^«ro. ) Je m'absente pour quelques heures, monsieur; et je vais vous faire remettre les clefs de cet appartement qui maintenant est à vous.
ZAMBARO.
Volontiers. . . je vais tout disposer. . . (^Bas àBathîîde.) ïu sais ce que je t'ai dit?. . ..
BATHILDE
Comptez sur moi.
ZAMBARO , se tournant vers Arthur.
Allons , mon officier.
Allons , mon capitaine. . . à la grâce de Dieu ... et sous votre conduite. {^Arthur fi Zamharo sortent par le fond, Lionel les suit quelque tems des yeux aoec inquiétude, ) BATHILDE , à part.
Nous aurons de la peine . . . n'importe ; essayons
{l^lle prend une chaise et s'assied.)