SCÈNE VI
Les Précédens, JAK,
JAK, à Lionel. . . à demi-voix.
Pardon, mon colonel, une lettre.
LIONEL
De quelle part ?. . . i^Jak regarde de tous côtés avec précaution , et met le doigt sur la bouche . . . Lionel le regardant. ) Pourquoi cet air mystérieux? lu peux parler sans crainte devant madame.
C'est de la part d'une jeune et jolie lady.
BATHILDE , avec émotion.
Une femme !
JAK
Que je ne connais point , mais qui vient d'arriver avec ce gentleman qui a un air si suffisant.
LIONEL
Le secrétaire du gouverneur.
JAK
Moi, qui suis de l'hôtel, j'entrais dans son appartement, pour demander ses ordres. . . « A votre accent, me diti) elle, je vois que vous êtes un compatriote, un Améri- » cain. — Je m'en vante. — On peut se fier à vous. Le co- » lonel Lincoln est- il dans celte auberge? — Depuis ce j) matin.— Je vous prie, en grâce, de lui remettre ce bil- « let , à lui seul. »
LIONEL
Qu'est-ce que cela signifie ?
JAK
En cet instant est entrée une dame d'une figure noble , mais pâle et souffrante , à qui elle a dit vivement : « Ma » mère, je me sens mieux, on peut repartir. . . on peut » demander les chevaux. i>
LIONEL
Il suffit... (Lui offrant de l' argent) liieiis , mon garçon... JAK.
A moi , mon colonel ... à un patriote !
LIONEL
Tu as raison. . . (^Lui serrant la main,') Je te remercie... mais laisse-nous. {Jak sort; Lionel remonte le théâtre et ouvre la lettre, )