‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 316 sur 367 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ZAMBARO , ARTHUR. {Ils entrent par la droite , en continuant leur conversation.)

ZAMBARO.

Il n'est pas de retour ?

ARTHUR

Il aura voulu visiter lui-même tous les quartiers. . . A propos, Baron... avez-vous envoyé à votre bord.'^

La chaloupe est partie devant moi... Corbleu !... vous verrez trois cents gaillards dont vos habits rouges me diront des nouvelles. {A part,) Si je sais où en prendre un seul . , .

ARTHUR

Ma foi, je vous avoue que sans eux la partie serait douteuse... Nos Américains sont pleins d'ardeur, d'enthousiasme, mais si peu exercés au feu. . .

ZAMBARO , à part.

C'est bien , ça ne sera pas long • . • ( Haut.) Et votre Zambaro. . . ces papiers allemands. . . avez-vous tiré cela au clair?

ARTHUR

Je joue de malheur. . . personne de ma compagnie ne sait cette maudite langue.

ZAMBARO , à part.

Grâce au ciel !

ARTHUR, les tirant de sa poche.

Et j'ai beau les retourner en tout sens, il est bien avéré que je n'y entends rien. . .

Z \MBARO , avec joie.

N'est-ce que cela ?. . . donnez -les moi. . .

ARTHUR

A vous , Baron?..,

ZAMBARO.

Je n'y pensais pas d'abord. . . mais ma nièce nous traduira cela parfaitement. . .

Comment! elle sait l'allemand... une si jolie femme?...

DRAME HISTORIQUE. 67 ZAMBARO.

Son mari ... le comte de Barnheilm , mort au service «l'Autriche , était de ce pays là . . .

ARTHUR , lui donnant les papiers.

A merveille ! . . .

ZAMBARO , à part.

Je les tiens ! . . .

AUTHUR.

En parlant de votre nièce, mon cher Baron, savez-vous qu'elle est charmante ...

ZAMBARO, indifféremment.

Elle n'est pas mal. . .

ARTHUR, avec feu.

Pas mal ! . . . la physionomie la plus distinguée . . . une grâce. . . un esprit. . .

ZAMBARO.

Tudieu, mon jeune ami; quel feu ! . . . on dirait que... ARTHUR.

Eh pourquoi pas pour être capitaine de cavalerie , on n'est pas insensible. . . mais avant tout , Tamitié et la subordination militaire . . . notre colonel est pris . . .

ZAMBARO.

Vous croyez ? . . •

Il ne faut pas que cela vous fâche . . .

ZAMBARO.

Moi , nullement . . .

ARTHUR

C'est un singulier caractère ... lui qui a tant de calme et de sang froid. • . qui raisonne si bien dans le conseil. . . eh bien , sur le champ de bataille. . . c'est un diable ... la tête n'y est plus. . . et près d'une jolie femme...

ZAMBARO, riant.

C'est la même chose . . .

ARTHUR

Comme vous dites , il perd la raison en un instant , et en un instant aussi elle lui revient ; car il n'est pas comme moi , il n'a pas de suite dans les idées . , . mais aujourd'hui, c'est sérieux. . . c'est la première fois que je le vois réellement amoureux. . . au point qu'il veut être votre neveu...

) ZAMBARO.

Il serait possible î . . .

ARTHUR

Il me l'a dit.

ZAMBARO.

Il ne sait pas sans doute que notre position . . . notre peu de fortune . . .

ARTHUR

eussiez-vous rien. . . peu importe.. .. Lionel est le plus riche propriétaire de la colonie. . . « Oui , mon ami, j> me disait-il, tout à l'heure , si demain nous triomphons...

» si j'existe encore , je l'épouse. »> Eh, mais {^Allant à

la porte entrée.)

ZAMBARO , à part, sur le devant à gauche. Dieu ! qu ai-je fait ! . . . voilà qui valait Lien mieux que toutes les récompenses du gouverneur... (^Haut.) Ce pauvre colonel . .. (A part.) Et moi qui vient de les livrer . . . comment faire à présent ? . . .

ARTHUR

Le voici. ^

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