PATER.NICK
Vous le demandez !... si j'étais sûr qu'ils sont perdus , je n'hésiterais pas à les faire prisonniers !
GOTTE
C'est cela!
BISCHOFF
Et si c'était une ruse de guerre... et au moment où nous les arrêterons, s'il leur arrivait d'autres troupes!... nous serions fusillés.
PÀTERNICK.
Hein?... qu'est-ce que vous dites... Je n'avais pas envisagé la question sous ce point de vue politique I...
GOTTE
Bah !... ça ne doit pas nous empêcher.
PATERNICK.
Si fait!... Diable! allons doucement, il s'agit de montrer de r esprit national et de ne pas recevoir une taloche.
Air: yidieu , je vous fuis , bois charmans. k mon pays je dois mes soins, Je veux qu'il redevienne libre j Mais quand j'aurais un bras de moins, En gard'rait-il plus d'équilibre !
Et j'aime mieux , vu les grands froids. Et puis pour rester plus ingambe , Me faire du feu de mon bois , Plutôt que d' m'en faire une jambe.
GOTTE
Est-ce que ça doit vous arrêter?... Je vais stimuler les habitans... dans un quart-d'heure... nous pouvons avoir le plus joli petit soulèvement!
PATEÎINICK.
Comme elle y va, votre vieille Gotte! Doucement, fille des Kalmoucks !... ce détachement est considérable...
GOTTE
Soixante-trois hommes !
PATERWICK.
Soixante-trois hommes et demi... à cause du petit tambour... Je les ai comptés.
BiscHorr.
Et nous ne sommes que six cents habitans...
PATERNICK.
Ils peuvent abuser de leur nombre !.. il faut d'abord leur faire bonne mine et faire semblant d'être pour eux. . jusqu'à ce qu'on puisse être contre...
GOTTE, indignée.
Leur faire bonne mine ! Mort de ma vie... je les déteste trop pour cela! Ce peuple là est si changé!.. Autrefois , dans les premières guerres , le Français était aimable , prévenant... ils me disaient tous : Venez donc ici, ma helle^ venez donc causer! A présent, c'est {d'un ton brusqué) : Ma bonne ^ donnez-moi ci ^ ma bonne, allez-ifous-en ^ il y en a même qui me disent la ^vieille.
PATERNICK.
C'est l'effet des révolutions !
GOTTE
Et des changemens de gouvernemens !
PATEllJVICK.
Il faut cependant convenir d'un plan de conduite..,. Où donc est ma future , votre charmante fille d'auberge ?
GOTTE
Louise?... oh! celle-là, on n'a pas besoin de lui monter la tête ; c'est un démon !
BISCHOFF
Elle ne peut pas oublier ses malheurs.
GOTTE
Pauvre enfant!... tandis qu'elle était en apprentissage à Mohilow... loin de sa famille... n'a-t-elle pas appris un beau matin qu'elle avait tout perdu!..,, leur ferme ruinée , incendiée...
Et sa mère — morte de chagrin... ou d'accident... on ne sait pas au juste...
PATERNICÏ^.
On prétendait que c'était nous qui avions brûlé la . ferme.
GOTTE
Du tout... le bulletin dit que c'est eux.
PÂTERNICR.
Oui , tout ce qui se brûle , c'est eux... c'est convenu.
BISCHOFF
Aussi , elle ne peut pas voir les Français sans se mettre dans des fureurs... Eh I tenez, l'entendez vous?