‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 338 sur 367 · GOTTE ET BISCHOFF · texte numérisé non relu

GOTTE ET BISCHOFF

Et moi aussi I . . .

PATEBNICK.

Allons. . . les voilà partis ! ces Russes , ont-ils des têtes chaudes !. . . il faut d'abord s'informer..".

laOVïSE , brusquement.

Air : Dans un castel, dame de haut lignage. Réfléchit-on , quand on a du courage ? Yite on agit, et l'on fait son devoir.

I L'ennemi vient - en faut- il davantage? jj Et tout le reste, à quoi bon le savoir?

On va soudain, et d'une àme aguerrie, A coups de sabre ou d' fusils 1' saluer... On le repousse j on sauve sa patrie ! Et l'on est libre , ou l'on se fait tuer . PATEBNICK.

C'est ça... et quand on s'est fait tuer. . . c'est bien agréable d'être libre î . . .

LOUISE

Dieux I si j'étais homme

PATERNICR.

Oh I non... un moment, vous ne pourriez pas être ma femme!...

LOUISE

Si du moins les hommes me ressemblaient !...

PATERNICK.

Ah ! ça, . . pour ma part , je ne demanderais pas mieux. . .

{Il montre sa figure.) GOTTE , secouant la tête.

Oui... si tous les hommes nous ressemblaient!...

PATERNICK.

A vousi... ça ferait du beau. ( Frappé d'une idée.) Ahl mes enfans , un complot qui me vient.

LOUISE , ^wement.

Un complot contre eux. . . parlez vite ! . . .

PATERNICK.

Nous voici quatre héros!... qui tenons le sort de la Russie dans nos mains... il s'agit de savoir si l'ennemi attend des renforts ou... s'il est abandonne' à lui-même...

BISCHOFF

Bien dit !

LOUISE

Mais comment faire?..

PATERWICK.

En e'piantleurs discours, leurs physionomies. Louise.) C'est sur vous, ma petite , que je compte principalement. . . Vous êtes adroite... fine!., les deux généraux vont loger

BISCHOFF

Mais non.,, puisque je vais réclamer.

• PATERPf ICK.

Vous ne pouvez pas, mon cher... Vous êtes goronidchi, le premier de l'endroit. . . et puis vous avez le plus beau local!.

GOTTE

Je crois bien ! la maison-de-ville du village.

LOUISE

Et la meilleure auberge !..

PATERNICK, à Louise.

Il faut les surveiller,

Les guetter. . .

PATERNicic, froidement.

J'avais dit surveiller, (y/ Louise.) On ne se défie pas «le

deux beaux yeux; en allant et venant, vous remarquerez tout... Un mot, un signe!., quelquefois, oh! oh ! ou ah! ah ! ça dit beaucoup en politique I vous leur ferez des petits airs agréables... des petites mines en dessous... comme ça... Oh! monsieur le Français... aimable vainqueur. . et votre armée... comment se porte-t-elle? Enfin il faut faire de la diplomatie , il faut les espionner.

LOUISE

Les espionner ? c'est drôle, ça ne me plaît pas beaucoup. . . Ce n'est pas loyal d'espionner.

PATERNICK.

C'est une guerre d'observation.

LOUISE

Mais tous les moyens sont bons pour nous venger!... Je penserai à ma mère et rien ne me coûtera !

PÂTERNICK.

C'est cela.

Air : Il me faudra quitter l'empire.

Dès qu'ils s'ront partis... j'vous épouse, Pour prix d'un si beau dèvoûment...

LOUISE

D'un tel honneur je ne suis pas jalouse. Une fiir d'auberge!... y pensez-vous vraiment... Avec un homm' de votre rang I ...

Et pourquoi pas.^... Un' simple vivandière De Pierr'-le-Grand obtint le trône et 1' cœur ! De Catherin' vous avez la fraîcheur 5

Et d'après c' que disait mon père ,

J'ai tout le nez de l'empereur.

GOTTE, au fond.

Les voici !

PATERNÏCK.

Prenons un air riant. ^z>cAo^.) Et préparez votre meilleur vin du Rhin.

BISCHOFF, bas.

Du tout, le plus mauvais î

PATERNÏCK, bas.

Je leur donnerai le meilleur , pour mieux les tromper.

Page 1