GOTTE ET BISCHOFF
Et moi aussi I . . .
PATEBNICK.
Allons. . . les voilà partis ! ces Russes , ont-ils des têtes chaudes !. . . il faut d'abord s'informer..".
laOVïSE , brusquement.
Air : Dans un castel, dame de haut lignage. Réfléchit-on , quand on a du courage ? Yite on agit, et l'on fait son devoir.
I L'ennemi vient - en faut- il davantage? jj Et tout le reste, à quoi bon le savoir?
On va soudain, et d'une àme aguerrie, A coups de sabre ou d' fusils 1' saluer... On le repousse j on sauve sa patrie ! Et l'on est libre , ou l'on se fait tuer . PATEBNICK.
C'est ça... et quand on s'est fait tuer. . . c'est bien agréable d'être libre î . . .
LOUISE
Dieux I si j'étais homme
PATERNICR.
Oh I non... un moment, vous ne pourriez pas être ma femme!...
LOUISE
Si du moins les hommes me ressemblaient !...
PATERNICK.
Ah ! ça, . . pour ma part , je ne demanderais pas mieux. . .
{Il montre sa figure.) GOTTE , secouant la tête.
Oui... si tous les hommes nous ressemblaient!...
PATERNICK.
A vousi... ça ferait du beau. ( Frappé d'une idée.) Ahl mes enfans , un complot qui me vient.
LOUISE , ^wement.
Un complot contre eux. . . parlez vite ! . . .
PATERNICK.
Nous voici quatre héros!... qui tenons le sort de la Russie dans nos mains... il s'agit de savoir si l'ennemi attend des renforts ou... s'il est abandonne' à lui-même...
BISCHOFF
Bien dit !
LOUISE
Mais comment faire?..
PATERWICK.
En e'piantleurs discours, leurs physionomies. Louise.) C'est sur vous, ma petite , que je compte principalement. . . Vous êtes adroite... fine!., les deux généraux vont loger
BISCHOFF
Mais non.,, puisque je vais réclamer.
• PATERPf ICK.
Vous ne pouvez pas, mon cher... Vous êtes goronidchi, le premier de l'endroit. . . et puis vous avez le plus beau local!.
GOTTE
Je crois bien ! la maison-de-ville du village.
LOUISE
Et la meilleure auberge !..
PATERNICK, à Louise.
Il faut les surveiller,
Les guetter. . .
PATERNicic, froidement.
J'avais dit surveiller, (y/ Louise.) On ne se défie pas «le
deux beaux yeux; en allant et venant, vous remarquerez tout... Un mot, un signe!., quelquefois, oh! oh ! ou ah! ah ! ça dit beaucoup en politique I vous leur ferez des petits airs agréables... des petites mines en dessous... comme ça... Oh! monsieur le Français... aimable vainqueur. . et votre armée... comment se porte-t-elle? Enfin il faut faire de la diplomatie , il faut les espionner.
LOUISE
Les espionner ? c'est drôle, ça ne me plaît pas beaucoup. . . Ce n'est pas loyal d'espionner.
PATERNICK.
C'est une guerre d'observation.
LOUISE
Mais tous les moyens sont bons pour nous venger!... Je penserai à ma mère et rien ne me coûtera !
PÂTERNICK.
C'est cela.
Air : Il me faudra quitter l'empire.
Dès qu'ils s'ront partis... j'vous épouse, Pour prix d'un si beau dèvoûment...
LOUISE
D'un tel honneur je ne suis pas jalouse. Une fiir d'auberge!... y pensez-vous vraiment... Avec un homm' de votre rang I ...
Et pourquoi pas.^... Un' simple vivandière De Pierr'-le-Grand obtint le trône et 1' cœur ! De Catherin' vous avez la fraîcheur 5
Et d'après c' que disait mon père ,
J'ai tout le nez de l'empereur.
GOTTE, au fond.
Les voici !
PATERNÏCK.
Prenons un air riant. ^z>cAo^.) Et préparez votre meilleur vin du Rhin.
BISCHOFF, bas.
Du tout, le plus mauvais î
PATERNÏCK, bas.
Je leur donnerai le meilleur , pour mieux les tromper.