SCÈNE III
Les MEMES, MEUNIER, DOMINIQUE.
TOUS
Air: Ce doux serment , t' aimer toujours . (Antoine.)
Mes bons amis, ne craig | | rien , ° ( nons ' '
Point de frayeur en 1 | présence.
Mes bons amis ne craig [ I rien , " I nons ' '
Le soldat se comporte bien!
Et surtout entendons-nous bien.
LOUISE , affectant un air riant,
D' VOUS revoir,
Nous perdions l'espoir. . .
Et chacun regrettait votre absence !
PATERNicK , de même.
Dans nos yeux ,
Vous voyez d'avance ,
Gomm' vol' retour nous rend heureux.
TOUS
Mes bons amis, ne craignez rien , etc. PATERNICK.
Enchantés, Français... {Il les regarde.) Tiens, on nous avait parlé de dieux généraux
MEUNIER, posant son fusil.
C'est nous, pour le quart-d'heure !..
PATERNICK, étonné.
Ah!., vous êtes .généra!, mon sergent.
MEUNIER
Oui... {Jli^ec un soupir étouffé.) L'avancement a été rapide...
[Paternich fait un signe à Bischojf,) CrOTTE, à Dominique.
Et vous aussi, monsieur l'hussard?..
DOMiiNiQUE, posant son sabre et son sehako. Certainemeiit, ma bonne !..
G'OT TE , à part.
Ma bonne I il n'y a pas manqué...
DOMINIQUE, gaimcnt.
Du reste, que; ça n' vous gêne pas ; quoiqu'ofïiciers su-
përieurs, nous ne sommes pas difficiles : la soupe... un quartier de lard...
MEUNIER
Et le petit verre. . . Qu'est-ce qu'est l'espèce de maire, ici ?
pAteuwick , passant près de Bischoff.
Le goronidchi, vous voulez dire... mon géne'ral?.. Le voilà. Saluez donc , BiscliofF. . .
MEUNIER
Tâchez que nos hommes ne manquent de rien...
BISCHOFF
Soyez tranquille... Vous prendrez bien aussi quelque chose en attendant le souper.
LOUISE
Je vais chercher ce qu'il faut.
DOMINIQUE , l'arrêtant par la main.
Vous , ma belle... je ne souilîirai pas !... (Il la regarde.) Milzieux! la jolie fille !
LOUISE , f aisant une petite référence. Ca vous plaît à dire , monsieur 1' soldat.
Non, le diable m'emporte... {A Meunier) Regarde donc , Meunier...
MEUNIER , brusquement.
C'est bon... j'ai pas le temps de penser aux bagatelles.
LOUISE
Ces messieurs veulent-ils entrer?
MEUNIER
Non... non. Nous avons quelques ordres à donner à
notre division Nous boirons un coup , là , sur cette
table...
[Louise rentre dans la maison.) PATERNICK.
Et dites -moi, Français... aurons -nous le plaisir de vous conserver long-temps?...
DOMINIQUE , regardant Louise s'éloigner.
Ah!,., pas autant que nous le voudrions!...
MEUNIER , le poussant.
Tais-toi I {Haut. ) Nous prenons nos quartiers d'hiver Ici. Le corps d'armée va nous rejoindre.
GOTTE , à part.
Un corps d'armée !
BISCHOFF
Un corps considérable?
paternick.
Ce que nous appelons... un gros corps?
MEUNIER, acec aplomb.
Vingt mille hommes!...
pAternick , bas aux autres, Yingt mille hommes? allons doucement... {Haut.) Eh bien! tant mieux, nous rirons, nous souperons ensemble... nous fumerons... Fumez-vous, Français?
DOMINIQUE, étonné.
Quelquefois! Qu'est-ce qu'il a clone , ce paour?... pAternick.
Allons, BischofF, vite, à vos fourneaux... Gotte , préparez les chambres... Salut, Français. {A part.) Je vais remarquer où sont loge's les autres !
[Ils sortent en se faisant des signes d'intelligence.)