SCENE VliL
GEORGES, d'un coté, RORMANN , BLOUM et CA- THERINE , de i* autre. Us sortent de ta ferme; Kokmanndonne ta main à Catherine, qui est en costume de mariée de vitiage; Bioum est aussi en hahit de fête avec ie houquet à ia "boutonnière.
KOKMANN , à Catherine.
Allons, chère petite, pas d'enfantillage.
BLOTJM , de même.
.T'ai donné ma parole , ainsi il n'y a plus à s' dédire.
CATHERINE
Oui , vous croyez que c'est facile de changer d'amour comme ça à volonté. . . encore si on vous donnait le temps.
KOKMANN.
Épousez toujours... vous l'aimerez si vous pouvez; on ne l'exige pas, d'ailleurs ! on n'est pas ridicule...
CATHERINE
Et ce pauvre M. Ferdinand , que va-t-il dire ? je suis sûre que ça lui donnera un coup...
BLOUM
Bah! il n'en mourra pas...
CATHERINE
Mais enfin , ce mari... il faut le voir... J'ai bien voulu mettre ces habits et la fleur d'orange , parce que ça n'en-
gagea rien... mais le mari... ça engagea queltjue chose... et s'il ne me plaisait pas...
EOEJVIAlSfN.
C'est juste; un petit bout d'entrevue avant la noce est de rigueur. ( regardant de côté. ) Vous allez voir... [ie cherchant des yeux.) Où est-il donc? [allant à lui.) Ne
vous éloignez pas cher enfant... il me fait des peurs
[lui montrant Catherine,) Y oici la personne en question... allons, parle-lui... fais l'aimable. .. que diable! un garçon doit être plus hardi que ça...
GEORGES, emharrassé.
C'est que je vous avoue que c'est la première fois que je me trouve dans une pareille position... et...
KOKMANN, itas.
Laisse-moi donc tranquille... un gaillard bâti comme loi... tu vas me faire croire... [Il ie pousse. )
GEORGES, s' approchant de Bloum et de Catherine.
Monsieur... Mademoiselle...
BLOUM , lui donnant une poignée de main.
Bonjour, mon gendre, enchanté de faire votre connaissance, {à safilie.) Ah! ça regarde-le donc; [iiiafait passer devant lui.) tu as un air gauche...
CATHERINE , has, ics yeux baissés.
Dame , quand il faut se marier comme ça à la première vue...
GEORGES , avec embarras.
Vous devez être bien surprise , mademoiselle , et moimême j'éprouve un embarras...
CATHERINE , icvaifit ics ycux peu à peu. Pauvre garçon! on dirait qu'il tremble! {le regardant.) Tiens! mais il n'est pas mal mon mari...
BLOUM, 6as.
Un très joli garçon.
KOKMANN , i?as.
Je crois bien , quand je m'en mêle !
CATHERINE , attendrie.
Ne trouvez- vous j)as qu'il ressemble un peu à Pierre... ce pauvre Pierre, le caporal...
BLOUM
Oh 1 il est bien mieux !
GEOHCEs , à Catherine.
Vous êtes ômuc. .. <;l inoi-niêmt^... mais rassurez-vous, roganlez-moi conmic un ami, comme un frère... cl(|iu" le c!ia{^rin n'altère pas ceUe jolie figure...
CATHERINE
Il parle très bien, (^awï.) Monsieur, vous êtesbien honnête , et si je vous connaissais davantage... mais quand on a un attachement... car je neveux rien vous cacher.. . GEORGES , vivement.
Je le sais, Mademoiselle... mais cet attachement ne peut vous rendre heureuse, et s'il faut vous le dire... il me désespère, il me tue...
AIR : Hier encore j'aimais.
Plus que la mort je crains les suites D'un amour qui fait mon tourment.
CATHERINE
Eh ! quoi! j' fais des passions si subites ! Je n' l'aurais jamais cru, vraiment!
GEORGES 5 avec beaucoup d'ame.
Four mon repos, pour votre bonheur même, A vos genoux faut-il le réclamer ?
Si vous voulez qu'à jamais je vous aime 1 Ah! jurez-moi , de ne plus l'aimer. Ah! jurez-moi , oui, jurez-moi de ne plus l'aimer.
K.OKMANN , à part* Allons, allons, il y va en conscience.
CATHERINE, éfllUe.
Il m'attendrit vraiment...
GEORGES , BLOTJM ET KOKMANN.
Eh bien?
CAJinEiimE^ en soupirant.
Eh bien ! dame , que voulez-vous que je vous dise , puisque madame la baronne l'exige , que mon père le veut, que M. Ferdinand ne peut être à moi... j'y renonce. GEORGES, avec joie.
Est-il bien vrai !
CATHERINE , baissant (es yeux.
Et je consens à vous épouser...
GEORGES, embarrassé.
A m'épouserl moi...
BLOUM ET KOKMANN.
Victoire !
CATHERINE , à part.
Au fait, c'est un établissement... c'est un mari... ( à Kokmann. ) et j'ai idée qu'il me rendra très heureuse...
KOKMANN.
Il a tout ce qu'il faut pour ça. Mais ne perdons pas de temps, j'ai donné mes ordres... Tenez... voilà tout le village qui vient vous chercher pour la cérémonie.
KOKMANN.
Ëtmadauiela baronne elle-même qui vous fait Thoii neur d'y assister en personne. ..
BLouM, étant son chapeau et aitantau devant d'elle. Madame la baronne...