SCENE II
LES MÊMES, KORMANN.
BLOUM
Ahî v'ia monsieur l'intendant. [li s'avance en tenant unetiouteitie et unverre.) Il va trinquer avec nous.
KOKMAKN.
Laissez-moi dotic tranquille; est-ce que j'ai le temps d'avoir soif ? Diles-moi, mes enfans , personne de vous n'a vu monsieur Ferdinand? II n'a pas reparu au château depuis deux heures... ça inquiète madame la baronne.
CATHERINE
C'est vrai, il nous a quittés tout de suite.
GEORGES, à part., et tristement.
Il m'a reconnu , et s'est éloigné pour ne pas me revoir.
cATHEuiNK, (ï part ., et soupirant.
l'auvre jeune iiomme ! j'étais KÛre que ça lui ieraitcct «n'el-là!
^()KMAN^ , à lui-même.
il aura élé lairt* sa cour à quehpie bcHe dans lo voisinage.
CATHERINE, à part.
Air du Vaudeville de la lîobe et tes Bottes. ^^hMMh»*; KO
D'amour pour moi j'ai bien peur qu'il n'se tue. GEORGES.
Peut-être au loin la chasse l'a conduit...
BLOUM
Comment chasser, quand la nuit est venue?
KOKMANN, cl* un aiv matin.
Cela dépend de l'objet qu'on poursuit.
Matin ou soir, et quelque temps qu'il fasse, Il est certain gibier, mon cher...
Du moment qu'on est sur la trace On n'a plus besoin d'y voir clair.
Mais cela ne nous regarde pas... Ah! ça,mesbonsamis... tout s'est fort bien passé... il s'agit maintenant d'être heureux, de bien vivre ensemble, j'y tiendrai la main. {regardant autour de lui. ) Vous devez être contens de iapelite maison que madame la baronne vous a donnée...
CATHERINE
Elle est charmante...
KOKMANN.
Et très commodément distribuée, {montrant ta porte à gauche. ) Il n'y a qu'une seule chambre à coucher... que voici ; {donnant une petite tape sur ta joue de Catherine.^ et puis, c'est tout près de la ferme du papa.
BLOUM
Je n'aurai qu'un pas à faire pour venir jouer avec mes petils-enfans , et j'espère bien qu'ils ne se feront pas attendre long-temps.
CATHERINE, emharrasséc.
Dame ! mon père !
GEORGES , de même. Certainement... monsieur Bloum.
BLOUM
Monsieur Bloum! monsieur Bloum! est-il drôle avec ses politesses.
Air : Vaudeville de Fanchon.
Qu'ell's phras' vient-il me faire ?
On répond : Oui , beau-père , Morbleu, comptez sur moi...
{Il lui prend la main. )
Ta parole est donnée , Il faut que j'aie, arrange-toi ,
tu
les
Un p'tit-fils dans Tannée...
Ou tu m diras pourquoi!
( Catherine et Georges {naissent les yeux.) . — — ' KOKMANN , montrant Georges. *^ Laisse donc, c'est que ce luron-là est impatient!... ne vois pas que nous les gênons...!
BLOrM.
Au fait, je n'y pensais pas. ( à mi-voix. ) Si nous laissions, hein?.. .
GEORGES, à 'part.
Ah ! mon Dieu ! qu'est-ce qu'il dit donc ?
KOKMANN.
Sans doute... emmène tout ce monde-là à la ferme.
GEORGES , vouiant sortir.
Je vais les conduire, monsieur Bloum.
BLouM, l'arrêtant.
Veux-tu bien rester ! c'maladroit !... on lui ménage un tête-à-tête... et il s'en va. [aux paysans.) Ah ! ça, vous autres, il est temps de souhaiter Une bonne nuit aux mariés.
CATHERINE, îes yeux hoissés et d'un air effrayé. Comment, mon père, vous nous quittez déjà?
K.OKMANN, d'un air goguenard.
Ne faites pas attention, nous avons des affaires... son bail à signer, {^la prenant à part.) Vous savez ce que je vous ai dit, ma petite; soyez bonne, soumise, et vous obtiendrez tout de votre mari.
BLoiTM , i?as à Georges.
De la douceur, et tu en feras tout ce que tu voudras. ( Il emhrasse Catherine sur le front. )
CATHERINE
Mais mon père. ..
BLOUM
Ah ! ça, pas de larmes, je t'en prie, qu'est-ce que c'est donc que ça ?
CHŒUR, en s' éloignant, à mi-voix.
Aia : Allons, mettons-nous en voyage (lîalelièi'c de Brienz.)
Partons, amis , déj.'» la nuit commence ; De ce séjour éloignons-nous sans bruit.
Oui, le bonheur veut l'ombre et 1(; silence. Heureux époux!... adieu donc... bonne niiil.
[Us sortent tous; (es fenêtres et (es portes se ferment. Deux lampes allumées que l'on, peut prendre à ki main, ont été apportées par une servante et posées sur la iatic à gauche. )