CHAPITRE V
La fondation des Petits Collèges au douzième siècle. — Collèges réguliers et collèges séculiers. — Le Conseil de communauté. — Portionnistes, caméristes, martinets et galoches.
Ce ne fut qu'au douzième siècle que la haule bourgeoisie pensa h régulariser et à donner le vivre et le couvert à ces bandes indisciplinées en qui elle devinait la grande force de l'avenir. Elle prit exemple sur les étrangers, qui fondèrent de petites maisons de charité et de travail où les étudiants de leur nation trouvaient le gîte, la nourriture et l'enseignement jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu leurs grades.
Le premier établissement de ce genre fut fondé par les Danois, vers 1147, d'abord rue de la Montagne-Sainle-Geneviève et ensuite rue Galande. Ce fut le collège de Dace. Les Suédois fondèrent peu après les collèges de Scora, rue du Clos-Bruneau, de Linkoëping , rue des Carmes, et le collège d'Upsal, rue Serpente.
Bientôt, suivant cet exemple, de hauts personnages, des conseillers du roi, érigèrent pour les pauvres écoliers de leur diocèse ou de leur province des établissements analogues, les collèges du Val des. Ecoliers, de Conslaîitinople et des Bons-Enfants, qui n'eurent qu'une existence éphémère.
Un abbé de Clairvaux fonda le collège ecclésiastique des Bernardins; Jean de Coucy, celui des Prémontrés ; G. de Saône, le collège du Trésorier, et Yves de Vergy, celui de Cluny. Saint Louis, qui portait un attachement exclusif aux ordres mendiants, négligea l'Université. Mais, après sa mort, ce grand mouvement scolaire s'accentua, pour avoir toute sa puissance et son éclat après la mort de Philippe le Bel, qui le favorisa énergiquement en exemptant l'Université du droit de péage, « à cause des veilles, des périls que subissent les étudiants pour acquérir la perle précieuse de la Science ».
Les collèges A'Harcoiirt, de Navarre, de Bayeux, du Cardinal- Lemoine, de Presles, de Montauju, de Narbonne, du Trécjuier, du